REFLEXION

MASCARA : La commune de Benian perpétue un rendez-vous ancestral

Benian, une commune distante de 38 km du chef-lieu Mascara, un village dont l’hospitalité n’est pas à décrire et qui a été de tout temps la vertu prédominante, accueille chaque année en ce moment d’automne les visiteurs avec une joie sans borne. Fidèles d'un rendez-vous ancestral perpétué de génération en génération, tous viennent offrir le meilleur de ce qu'il leur est possible de donner, durant cette grandiose fête qu’ils continuent à préserver au fil des ans, donnant la pleine mesure de leur générosité.



Malgré l'éloignement dans le temps, la Waada a gardé le même impact sur la mentalité des Ouled Benian. Chaque automne à la même date coïncidant avec le début d'une saison agricole, les liens de solidarité se soudent. Comme tenus par un serment de retrouvailles, au même endroit à la même période. Le mot Waada ne vient-il pas du mot waad (rendez-vous) qui veut dire serment, promesse. L'ancêtre fondateur de la tribu de Benian, prônant la cohésion familiale, donnait rendez-vous à ses fils afin de se retrouver, et s'unir dans l'effort et la vie rythmée par les travaux de la terre, fonctionnait par trois mots : labours, semailles, moissons. En cette occasion, les gens venus de Mascara, d'Oran, Saida, Tiaret, Sidi Bel Abbès et les communes limitrophes Oued Taria, Aouf, Sidi Boussaid, et Ghriss ont eu l'occasion durant cette fête saisonnière organisée  au début  des récoltes, pour échanger leurs idées et leurs semences. C'est pourquoi la commune de Benian demeure jusqu'à présent un lieu de rencontres et d'échanges culturels, et c’est à partir de là, que nos responsables peuvent épuiser des idées pour encourager le tourisme. En cette mémorable journée de la Waada, ces habitants mesurent l'étendue du lien qui les unit tous, ils ne sont plus qu'une grande famille. Ils aiment ce lieu parce qu'il a une âme, parce qu'il il y règne cet esprit d'humilité, d'hospitalité, de charité ardentes et d'amour du prochain. Cette fête ancestrale, célébrée durant deux jours le Vendredi et Samedi dernier, cette Waada se déroule à chaque début de l'automne dans une ambiance incroyable. Des tentes sont érigées sur un vaste terrain pour le traditionnel couscous avec du raisin, la viande, miel et le lait caillé, suivi de festivités diverses. La grande foule déjà rassemblée tôt le matin attend avec patience de la fantasia qui dans un fracas de hennissements et de baroud, les enthousiasme. Montés sur des chevaux richement harnachés, des cavaliers intrépides portant le costume traditionnel, se déploient en avant en une large rangée dressés sur leurs étriers, les burnous gonflés par le vent, emportés par l'impétuosité des chevaux, tirent à l'aide de leurs longs fusils, dont les canons brillent aux rayons du soleil, pour les lancer ensuite et les rattraper au vol. Les chevaux se cabrent, les bruits de galop et de poudre font vibrer l'air, soulevant des nuages de poussière dans un poudroiement diffus. Ouled El Benian ont toujours eu le culte du cheval depuis des temps reculés. Le pur-sang arabe a été leur bien le plus précieux, il a toujours été considéré comme la plus pure et la plus ancienne des races de chevaux. Les Arabes, qui sont des cavaliers expérimentés, connaissent le cheval dans ses moindres détails sachant le dresser. Il n'était pas seulement l'indispensable compagnon de route et du bivouac, mais aussi compagnon de jeu et de combat. Pour l'événement, les hommes immolent des moutons, les femmes préparent le couscous. Dans les tentes dressées à l'occasion, pour l'offrande du traditionnel couscous servi abondamment, chaque famille tient à participer selon ses moyens. La concurrence est acharnée, c'est à qui aurait le plus d'invités. Toutes les tribus Ouled Boudia, Bouaala, rivalisent entre elles dans la profusion et la générosité de leur hospitalité. On y offre également le raisin, le café, le thé. Les vendeurs de bonbons, viennent également écouler leur marchandise. Les visites rituelles des mausolées, en premier celui de Sid Bouzid puis en contrebas ceux de Moulay Abdelkader, une foule immense se recueillait, à l'intérieur où le chapelet de l'ancêtre est suspendu au plafond. Dehors, au son du Guellal et de la Ghaïta, se déroulaient les danses folkloriques de l’Allaoui. On faisait cercle autour des musiciens et poètes de chants du ‘’Medih’’ après une ouverture chantée à la gloire du Prophète (QSSSL) suivi par l'éloge des vertus de l'ancêtre, implorant sa bénédiction. La poésie populaire melhoun est à l'honneur chantant les exploits des Moudjahidine face à l'armée d'occupation. Les joutes du Matrag, dont les Ouled Benian sont passés maîtres, battent leur plein. La foule se presse tout autour d'eux en une énorme corolle. Le soir, c'est la lecture du Coran, récitée des heures durant par des Tolbas venus de Mascara, Oued Taria, Aouf, Ghriss, et Tighennif. Les invités prononcent la « Fatiha », appelant la bénédiction de Dieu et du saint fondateur Sidi Bouzid.

B. Boufaden
Dimanche 18 Septembre 2016 - 17:51
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