REFLEXION

MASCARA : Des enfants laissés errant dans les rues

Lorsqu’on voit toutes ces ribambelles d’enfants en bas âge errer dans les rues durant ces jours de vacances scolaires du printemps, la première question qui se pose dans nos esprits c’est de savoir si les parents mesurent réellement la gravité des dangers auxquels font face ces gamins non surveillés et à une heure tardive de la nuit, la réponse est plus qu’évidente.



Grande était notre surprise lorsque nous avons croisé, avant-hier, une triplette de frères dont l’ainé parmi eux est à peine âgé de huit ans, dehors tous seuls, à une heure et quand nous nous sommes approchés d’eux pour en savoir plus, on a su  que leurs parents,  des enseignants, de surcroît, rendent visite à leurs grands-parents et les laissent ainsi livrés à eux-mêmes jusqu’à ce qu’ils (leurs parents) regagnent le domicile.  Un acte de laisser aller flagrant et de démission scandaleux de la part des parents pour la prise en charge de leurs enfants en bas âge et mineurs pour la plupart. Certains pères de familles nous invoquent le manque de loisirs dans la cité de l’Emir où l'oisiveté règne en maitre, mais toutes ces raisons ne justifient en aucun cas de tels comportements inconscients et irréfléchis des parents. Ils sont partout ces enfants, dans la rue et dans les jardins publics se barbotant dans les eaux des jets d’eau ou saccageant ces lieux de détente  au su et au vu des adultes qui ne lèvent pas le petit doigt pour empêcher ces garnements de  tous casser sur leur passage, certains nous diront que leurs parents sont occupés à des parties de dominos ou de cartes dans les cafés. « Les enfants sont censés être entre les mains de leurs parents car il s’agit d’une responsabilité parentale engagée, il ne suffit pas de procréer, nous explique cet imam, mais la moralité c’est de bien éduquer ses  enfants en ce sens que cela constitue un acte de foi, aux yeux de la religion. » Les enfants sont innocents, ils s’adonnent à des jeux et à des activités qui n’ont rien à voir avec leur âge, loin de la surveillance et de l’absence des parents. « Pour être un bon père de famille, nous dit cet éducateur, il ne faut pas rester toujours derrière les enfants, il faut prendre les devants ». Un avis qui se passe de tout commentaire lorsque l’on sait que la prévention est le meilleur moyen de lutte contre la délinquance juvénile et les fléaux sociaux qui gangrènent notre corps social. La balle est donc dans le camp des parents  pour au moins se soucier du devenir de leurs petits enfants en proie à toutes les formes de maux sociaux de la société de consommation. L’on a vu des enfants mineurs veiller dans des cyber cafés surfant sur internet et consultant des sites qui leur sont interdits mais qui peut dissuader un gérant de cyber à ne pas autoriser de telles pratiques en faveur de cette frange de la société fragile et vulnérable. La question reste posée. Les enfants ont le droit d’être protégés et c’est le rôle primordial qui incombe aux parents  et à la société car un enfant ne peut pas être constamment exposé à toutes les défaillances du système dans lequel ils vivent nonobstant de tout ce qui peut être évoqué pour justifier l’injustifiable. Ces enfants arpentant les rues la nuit et s’agrippant aux voitures parce que pour eux ce n’est qu’un simple jeu de passe-temps, l’on se demande néanmoins qu’est ce qui empêche les parents occupés vraisemblablement  à ce qui est moins important que la bonne éducation de leurs enfants pour être bien encadrés et pris en charge au sens noble du terme, « ce ne sont pas des œufs de tortue », nous dit amèrement Si Ahmed dont toute la progéniture est constituée de cadres car, dit-il, « Je me suis privé de beaucoup de choses de la vie pour permettre à mes enfants de s’épanouir grâce à un modèle d’éducation basé essentiellement sur le respect de l’autre et du temps et des valeurs morales et le résultat de tout cela, ajoute-t-il, est visible en dépit de tous les sacrifices que j’ai consentis pour le bien être de mes enfants. » Ils sont des centaines d'enfants  à occuper  et jouer à la place de l'Emir Abdelkader  de Mascara nouvellement restaurée et embellie pour le plaisir des yeux et des citoyens pendant les moments de repos mais après leur passage, tout n'est que désolation car ils jouent au football au milieu de la place mettant dans l'embarras les nombreux visiteurs parmi les familles en les gênant considérablement dans ces instants de farniente et de détente. Il est regrettable que l'on puisse assister impuissants à de tels comportements qui font le décor quotidien de nos rues passantes et piétonnières qui se comptent sur le bout des doigts d'une seule main. Ceux qui ne sont pas, sont dans la gare routière en train de vendre des bonbons, cigarettes et de l’eau ce qui leur donne une idée sur ces lieux pour ensuite trouver leurs places en cas de déchéance scolaire pour ne citer que ces exemples, puisqu’il existe d’autres.

B. Boufaden
Mardi 29 Mars 2016 - 19:33
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