REFLEXION

MASCARA : Autopsie de la station thermale de Bouhanifia

L’occasion m’a été donnée de passer récemment un court séjour à la station thermale de Bouhanifia située dans la wilaya de Mascara, le temps de me décompresser. Dans le passé, en 1981 je dirigeais un organisme public à Mascara, j’avais donc connu Bouhanifia comme une station thermale dont son développement était géré selon le système du centralisme de l’époque de la transition socialiste.



Bouhanifia est  aujourd’hui scindée en deux centres urbains, le 1er se trouve à l’entrée de la ville,  habitat, hôtels et commerces s’y sont implantés graduellement.  Le 2ème  c’est le centre traditionnel historique,  connu par l’implantation des bains thermaux et entre autre, de deux hôtels relevant du secteur de l’État datant de l’époque coloniale réalisés en 1939 par la compagnie « Vichy », dans lesquels sont hébergés  la plupart, les curistes pris en charge par la sécurité sociale, venant des différents coins du pays. L’expansion  par le « transfert du centre de ville « à l’entrée ne connaît pas un engouement d’afflux  alors que le centre traditionnel est resté statique dans son développement malgré son flux exponentiel humain ».

Le tourisme peine à décoller  à Bouhanifia !
Une ville comme Bouhanifia qui possède un attrait touristique de par sa niche du thermalisme n’arrive pas à faire sa mue, les autorités locales ne semblent pas manifester la volonté de favoriser l’émergence d’une culture de l’anticipation, de la gestion prévisionnelle et de la planification maîtrisée comme l’exige la rigueur du management de la ville.
 Nous sommes depuis septembre écoulé, entré  de pleins pieds, dans la haute saison thermale, aucune attractivité touristique n’est mise en évidence  dans la commune, malgré qu’indéniablement l’attrait touristique existe bel et bien  par rapport à sa niche thermale.
Il semble que le temps fait son bout de chemin doucement, les années se suivent et se répètent d’une manière nonchalante ; les autorités locales ne semblent pas être emballées ni pressées pour préparer l’évènement de cette haute saison qui recevra un flux important de vacanciers, de curistes, et de touristes. Bouhanifia donne cette impression qu’elle sombre dans le sous-développement touristique.La plupart des citoyens de cette commune que j’ai côtoyés me disaient que tout le monde  pensait que les élus allaient assurer le décollage touristique tant souhaité, mais il fallait vite déchanter. Devant ce marasme  qui sévit depuis fort longtemps, ils sont unanimes pour pointer du doigt les élus et l’administration locale, pour leur flegmatisme  et leur ineptie dans la gestion de leur ville.L’aménagement urbain et son mobilier sont  totalement obsolètes il y a nécessité à mon avis de revoir son plan pour le revitaliser (la ville est très mal éclairée, un plan de circulation  reste à actualiser, l’état des rues  et des trottoirs à revoir).L’auto-construction qui borde en hauteur le centre-ville, dont la majorité doit connaître des  travaux d’enduits pour obliger in-fine les auto-constructeurs à faire badigeonner leurs façades par une couleur unique, parce que le bâtiment et le tourisme vont de pair dans l’esthétique de la ville et son attractivité. De mon balcon du grand hôtel, j’aperçois sur les hauteurs et en contre bas, des détritus d’ordures ménagères qui donnent une vision de laisser-aller.Le jardin public,  un lieu de détente beaucoup fréquenté par les curistes en particulier ceux du 3ème âge des deux sexes est complètement à l’abandon, la végétation est plantée d’une façon sporadique, aucune espèce  florale, sans maintenance, sans gardiennage, squatté par les vendeurs informels de  produits de pacotilles « made in china ». Un espace vert bien entretenu de surcroit dans un jardin dit ‘’public’’ devient en principe le symbole de bienvenue aux touristes.Ce jardin jouxte la Mosquée qui ne semble pas attirer l’attention des élus. Pour un lieu de culte implanté dans la centralité de la commune il mérite toute l’attention pour son ‘’relooking’’ car c’est le miroir de la commune, l’esthétique à l’intérieur est nul, on remarque que son agencement très sobre, laisse à désirer,  ses portes d’entrées, réalisées en fer marquant  des façades hideuses.
Le mausolée du saint patron de la ville ; dénommé ‘’Sidi Bouhanifia’’ est dans un état de déliquescence qui rend abasourdi le commun des mortels, situé en plein jardin public ce haut lieu de spiritualité et de soufisme, aurait dû être aménagé  dans les règles de l’art. L’on se contente de fermer le mausolée par une porte en fer complètement inapte dans un lieu pareil. Sauf trois trous badigeonnés autour de henné pour mettre des sous.  La classe où l’on enseigne le Saint Coran se trouve être en piteux état sans aucune commodité didactique, vraiment c’est une honte!
Comparé à notre saint patron de  Sidi Saïd à Mostaganem, j’invite les élus à faire un tour pour constater de visu la considération donnée à ce saint homme. Son mausolée est situé en plein centre-ville à proximité du siège de l’APC comme à Bouhanifia, son aménagement fût pris en charge par l’APC .Il existe même une association agrée à cet effet.
Les arbres « fucus » qui bordent les avenues principales de la commune, ne semblent pas avoir connues  depuis fort longtemps, de tailles saisonnières pour embellir davantage les avenues.
Les « gargotes » servent une prestation de restauration dans des conditions d’hygiène douteuse. Des grillades de poulets dans des centenaires  de cuissons qui n’ont jamais connu un nettoyage de fonds. Les fumées dégagées ne sont pas canalisées par des équipements adéquats au point d’incommoder les riverains par l’oxyde de carbone (CO2).De véritables bombes chimiques qui menacent la santé des  personnes.

Propreté et environnement: l’APC  doit s’impliquer
Le service d’hygiène communal demeure défaillant. J’ai remarqué un phénomène qui ne glorifie pas la commune, il s’agit des prostituées qui « agressent »  en plein jour les vacanciers. Dès la nuit tombée, elles flânent dans les dédales du jardin public. Le marché couvert connaît lui aussi une dégradation, une insalubrité  évidente, la structure du plafond est en tôle qui n’a jamais connue un nettoyage où l’on remarque de visu des masses de détritus collées à la structure. L’APC ne semble pas pressée à réhabiliter ce marché.
Une autre attractivité à mettre en valeur, il s’agit de l’oued juste sous le pont, les berges pourraient faire l’objet d’un aménagement floral et arboriculture, de détente, de convivialité même ludique pour les touristes et les résidents qui s’intègreront dans un environnement écologique  ajoutant un grain de beauté au site.
Il existe aussi une pollution sonore due au klaxon en plein milieu de la nuit. Des cortèges des mariages qui font le pèlerinage devant le mausolée du saint homme mais qui altèrent le sommeil des curistes.

Une ville culturelle sans culture !
Sur le plan culturel c’est le désert, le comité des fêtes de la commune  ne joue pas le rôle de catalyseur  et d’animateur dans l’attractivité culturelle. Non plus les hôteliers qui se contentent d’être que de simples loueurs de chambres.   Cette absence de professionnalisme dans ce secteur fait perdre des valeurs ajoutées  à la commune et à la ville de Mascara sur le plan économique. Pourtant la willaya de Mascara est connue pour ses vestiges historiques et archéologiques.Les agences de voyages sont inexistantes, dans un haut lieu de tourisme thermal. Un partenariat – commune- tours opérateurs- hôteliers serait susceptible de booster le tourisme dans la wilaya.La commune de Bouhanifia connaît pourtant une embellie financière appréciable grâce à la fiscalité touristique « c’est le Koweït nous dit-on par sa richesse », malheureusement  elle ne semble pas l’utiliser à bon escient pour créer la dynamique économique et touristique à la hauteur des exigences de l’heure.  J’espère que les plus hautes autorités de la wilaya prendront connaissance de ce message, pour soutenir les élus et l’administration locale afin de les amener à être plus « agressifs » dans le bon sens et attentifs pour  s’investir vraiment  dans le développement du tourisme  durable à Bouhanifia.

 

Par Khalifa Mohamed, cadre en retraite
Mardi 2 Décembre 2014 - 16:00
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