REFLEXION

MAIRIE D’ACHAACHA : Situation humiliante au service de l’état civil

La mairie d’Achaâcha est considérée comme un parfait exemple d’une administration locale malade. Le service de l’état civil est devenu la hantise du citoyen. On en parle à la maison, au marché, dans la rue et même autour d’une tasse de café. Aujourd’hui, il est plus aisé de se plaindre au wali que de rencontrer un maire.



MAIRIE D’ACHAACHA : Situation humiliante au service de l’état civil
En dépit des projets de modernisation entamés par l’Etat pour asseoir une administration moderne et efficace ;  illustrée dans l’administration électronique, l’état civil algérien continue de fonctionner telle une machine à vapeur au moment où certains pays, notamment arabes, ont réussi, majestueusement, à lever le défi du numérique. De nos jours, il est plus facile de défricher un champ de terre  que de retirer un document d’état civil. Encore, il est facile de se plaindre au wali que de rencontrer un maire. Ce service névralgique de notre administration communale  est loin de répondre aux attentes d’une demande de plus en plus consistante et exigeante.  Etablir un extrait de naissance, un certificat de résidence ou autres,  constitue  un véritable casse-tête pour  ceux qui s’y rendent chaque matin. Chose qui n’est pas sans accentuer le malaise des citoyens déjà éprouvés par la cherté de la vie.  La  mairie d’Achaâcha est considérée comme un parfait exemple d’une administration locale malade. Le  service de l’état civil  est devenu  la hantise du citoyen. On en parle à la maison, au marché, dans la rue  et même autour d’une tasse de café. Pire, pour les plus avertis, il est considéré comme un vrai foyer de tension. Passage invivable pour tout le monde, notamment pour les femmes et les  personnes âgées, le rush commence  une heure  avant l’ouverture des portes. Tôt le matin, plusieurs dizaines de personnes font la queue devant le siège de la mairie suivant la règle du premier arrivé, premier servi.   Jeunes, moins jeunes, hommes et femmes, le décor est presque le même, quotidiennement,  ici ou ailleurs. S’acquitter d’un papier est le souci principal de chacun. Une fois les portes ouvertes, c’est la ruée vers les guichets. A peine le service entamé et les agents s’installés, les contestations jaillissent de partout.  En attente d’être servi, pas un sourire ni une mine reposée sur les visages. Tout le monde est angoissé. Ca se lit sur les visages contrariés. Au fur et à mesure que le temps passe, l’endroit offre une véritable arène à toute sorte d’altercations verbales, tantôt entre deux citoyens tantôt entre un agent et un citoyen. L’anarchie dans le service est indescriptible. Tout les agents sont là, chacun à sa place, mais   le travail peine à progresser. Dans un climat de brouhaha où tout le monde est responsable, pratiquement on ne trouve aucun responsable. C’est le laisser–aller et l’insouciance totale. «Deux heures se sont déjà écoulées depuis que j’attendais pour avoir mon extrait de naissance. Je suis très en colère contre tous ces responsables qui ne font rien pour améliorer la situation», dit Fouad, visiblement en perte de patience. Ali, un ouvrier dans une wilaya lointaine, perdu parmi la foule à l’intérieur d’une  salle   en effervescence, dira: «C’est rare que je viens à la mairie. Cette situation est humiliante.» Ami Ahmed, Un vieux retraité   qui n’a même pas pu se rapprocher des guichets, fera remarquer à ce propos : «Cela fait presque une heure et demi que j’essaie de me frayer un chemin vers le guichet, comme je suis hypertendu, j’ai peur d’être englouti par la foule. Je crois que je renoncerais à retirer mon document aujourd’hui.» Un agent communal, dépassé par sa tâche et pris à partie par des citoyens, expliquera: « Depuis la première heure de la matinée, nous n’avons pas un instant de répit, des personnes malhonnêtes viennent demander des documents d’état civil. Une fois les documents établis, ils ne les récupèrent  jamais. Du coup, il se trouve que plusieurs centaines de documents sont là sans que leurs demandeurs viennent les récupérer ». Selon certains citoyens, cet état des lieux profite énormément à certains agents et courtiers véreux.  « Le malheur des uns fait le bonheur des autres ». Des pratiques immorales sont dénoncées, à qui veut les entendre, sur la place publique. Le temps et l’effort qu’investissent les citoyens pour s’acquitter d’une pièce d’état civil relève du parcours du combattant. La situation est peu reluisante. En conséquence, elle nécessite une thérapie urgente pour sauvegarder l’image de marque d’une institution qui symbolise l’Etat à l’échelle locale.

A.Adda
Mardi 25 Janvier 2011 - 10:01
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