REFLEXION

M. Bentounes, directeur de l’Etablissement Psychiatrique de Mostaganem à Réflexion

Dans une interview, le directeur du nouvel établissement psychiatrique de Mostaganem, M. Bentounes Mohamed Chérif a bien voulu nous donner quelques explications sur le fonctionnement et la prise en charge des patients, tout en nous faisant visiter les différents services. Après la visite, M.Bentounes a bien voulu répondre aux questions de Réflexion



M. Bentounes, directeur de l’Etablissement Psychiatrique de Mostaganem à Réflexion
Réflexion, pouvez vous nous donner un aperçu général, sur ce nouvel établissement et sur son fonctionnement ?
M. Bentounes : Ce nouvel établissement depuis son inauguration a apporté un plus à la ville de Mostaganem, du fait que dans le passé tous les malades étaient dirigés vers Oran, car la wilaya n’avait pas ce genre d’établissement, aujourd’hui nous prenons en charge les malades, ce qui a permis d’alléger la pression sur les autres établissements psychiatriques. Vous savez aussi que l’évolution des services psychiatriques a suivi des voies très divergentes, et comme vous voyez  les services se sont centralisés fortement autour d’un programme moderne de construction d’hôpitaux psychiatriques et c’est le cas pour la ville de Mostaganem. Aujourd’hui, nous faisons en sorte que l'importance que nous accordons dans l'abstrait à la sollicitude pour les plus faibles et justement nous cherchons à concilier ce besoin de protection avec celui de liberté et de vie communautaire chaleureuse ? Il s’agit d’un établissement hospitalier public spécialisé en psychiatrie de 80 lits,  réparti scomme suit, service de psychiatrie adulte 64 lits, service de pédopsychiatrie 10 lits, urgence psychiatrie 6 lits. Outre ces services, nous disposons d’un plateau technique comprenant un laboratoire, une pharmacie, une unité de radiologie, un cabinet dentaire, une unité d’EPG d’électro encéphalogramme.  Pour ce qui est du personnel médical, nous avons 10 psychiatres, un neurophysiologiste, 7 médecins généralistes, 52 paramédicaux toutes spécialités confondues, 5 psychologues, un orthophoniste et un ergothérapeute. Nous pouvons dire que nous sommes dans les normes, mais   toujours    est-il que nous avons des contraintes quant à la gestion de l’établissement, car il draine à lui seul 3 wilayas  « Relizane, Mascara et Mostaganem.  on peut dire qu’il est à vocation semi régionale de par l’affluence des patients, qui ne cessent d’augmenter du fait que nous recevons une moyenne de 100 personnes par jour et parmi elles, certaines sont appelées à suivre leurs traitements dans la durée. D’autres par contre sont suivis depuis plus de 5 ans. C’est un établissement récent qui a ouvert le 23 juin 2007. Pour le moins qu’on puisse dire, et selon certains, l’établissement semble jouir d’une bonne réputation, de par l’intérêt suscité, et de par la qualité de l’accueil, des soins et de la prise en charge des patients de la région qui se présentent. Ici, nous ne refoulons aucun malade et comme vous pouvez le constater nous avons actuellement plus de 100 malades pour 80 lits, d’où les difficultés rencontrées pour les placer. Cependant malgré cela nous faisons le nécessaire avec les moyens que nous avons à notre disposition.  

Ref : Qu’en est-il du budget ?
M. Bentounes : Nous disposons d’un budget assez conséquent pour prendre en charge les malades et les personnes. Donc, de ce côté nous pouvons dire que nous sommes satisfaits, et que nous n’avons aucune difficulté, car nous collaborons aussi bien avec la tutelle qu’avec les autorités locales et ce à tous les niveaux.  Il ne faut pas oublier que des études de suivi effectuées sur les cohortes de malades de long séjour sortis des hôpitaux psychiatriques, ont montré qu’une bonne organisation et un financement suffisant des services permettaient d’éviter des résultats négatifs et d’améliorer la qualité de la vie des patients y compris les plus graves. Mais cela ne peut suffire, même si de notre côté, nous faisons l’impossible, avec ces patients, car le plus important c’est le côté affectif qui ne peut provenir que des proches et des familles et de ce côté, il reste beaucoup à faire. Vous savez, nous avons constaté, que certaines familles rejettent ces enfants, à cause de leur maladie, alors que c’est en ces moments là qu’ils ont le plus besoin d’attention et d’être entourés par les leurs, à savoir,  pris en charge, car malgré qu’ils soient mentalement atteints pour certains, ils peuvent ressentir cette absence de l’autre qui peut influer sur leur comportement et sur leurs sentiments au risque de s’enfermer sur eux-mêmes. Ces malades ont besoin de cette présence qui peut dans certains cas aider à leur rétablissement. Nous pouvons citer beaucoup d’exemples concernant ces malades, dont certains parmi eux,  sont si j’ose dire presque abandonnés du fait qu’ils sont délaissés complètement et qu’on n’ose même pas venir les voir,  même pendant  les fêtes. Il est vrai que cette maladie est un mal redoutable et qu’il faut de la patience, nous le savons car nous sommes confrontés chaque fois à des cas spécifiques tels que les troubles liés à la toxicomanie et autres facteurs qui sont à l’origine de ce fléau qui touche de nombreux jeunes , d’où  la création d’un centre intermédiaire qui est situé à Tijditt pour prévenir.  Un établissement moderne comme celui que nous avons ici à Mostaganem aujourd’hui, porte tous les espoirs des patients que nous essayons d’aider et de soigner  et chacun d’eux  mérite le respect inconditionnel d’autrui. Quatre conditions sont essentielles à la mise en application adéquate de la définition: Dignité est aussi le mot qui désigne la seule réalité en chaque être humain qui puisse encore retenir l’agresseur au seuil de la violence extrême! Quelle est cette réalité ? Comment se manifeste-t-elle et à quelles conditions peut-on lui être sensible ? L’indifférence, cette non-assistance morale à la personne en danger de détresse, est aussi une atteinte à la dignité, celle sans doute dont on souffre le plus, surtout parmi les personnes vivant avec un handicap grave. Comment la prévenir, comment cultiver ce regard vers l’autre qui témoigne d’un respect inconditionnel à son endroit ?  C’est notre devoir d’assumer une telle mission et qui nous enclin à faire le nécessaire, pour aider, ces personnes qui viennent chercher la compassion plus que les soins.  La notion d'incapacité est complexe et peut être envisagée suivant plusieurs aspects. C’est ce qu’a tenu à nous dire le directeur  de l’hôpital psychiatrique de Mostaganem, M. Bentounes Mohamed Cherif.

Ref : Que disent les médecins spécialistes ?
Concernant le traitement des patients, nous avons interrogé deux spécialistes en psychiatrie, qui nous ont donné leur avis :
Le Psychiatre Mebarki a déclaré que : « Le retard mental se caractérise par un fonctionnement intellectuel inférieur à la moyenne, associé à des limitations dans au moins deux domaines du fonctionnement adaptatif : communication, soins personnels, compétences domestiques, habilités sociales, utilisation des ressources communautaires, autonomie, santé et sécurité, aptitudes scolaires fonctionnelles, loisirs et travail  et l'évaluation doit tenir compte de la diversité culturelle et linguistique des sujets ainsi que des différences dans leurs modes de communication et leur comportement;  le déficit du fonctionnement adaptatif d'un individu se manifeste dans le cadre de l'environnement communautaire typique des sujets de son groupe d'âge et dépend de l'importance de ses besoins personnels de soutien;  certaines faiblesses spécifiques d'adaptation coexistent souvent avec des forces dans d'autres domaines d'adaptation ou avec d'autres capacités personnelles ».
Un autre médecin spécialiste en  l’occurrence M .Temar nous expliquera que : « le fonctionnement général d'une personne présentant un retard mental s'améliore généralement si elle reçoit un soutien adéquat et prolongé.  Dans cette optique, la seule constatation d'un quotient intellectuel de 70 et moins serait une évaluation trop étroite des capacités de la personne. Il n’est pas rare, nous dira-t-il que la famille se montre peu ouverte aux souhaits personnels du majeur, lorsqu’ils se traduisent par des dépenses importantes ou qu’ils contrarient des projets familiaux. L’entourage familial peut donc être un obstacle à une véritable protection de la personne atteinte  de troubles psychiques. Un élément important à retenir est la distinction à faire avec la santé mentale. La maladie mentale affecte le comportement et l'affectif sans lien avec le fonctionnement intellectuel de la personne.

Benyahia Aek
Mercredi 23 Novembre 2011 - 10:56
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MOSTAGANEM
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