REFLEXION

Lettre ouverte du père d’une petite cancéreuse au ministre de la Santé



Monsieur le ministre
    Comme le reste de la société mostaganémoise, qui porte ce terrible fardeau, des malades atteints de cancer en quête d’un centre de radiothérapie, comme la majorité d’ailleurs, des familles des cancéreux de notre chère Mostaganem, je me joints aux autres citoyens de ma ville, mobilisés pour la même cause. Je puis vous rappeler, monsieur le ministre, combien j’ai souffert le calvaire avec ma petite fille Mokhtaria, âgée aujourd’hui de neuf ans, ou plutôt de vous donner mille témoignages sur le martyr de ma fille, qui fait des navettes quotidiennes entre Mostaganem et Oran,  pour solliciter une séance de radiothérapie, dans le seul but de vous convaincre qu’un millier de la population de Mostaganem est condamné à mourir, s’il n’aura pas son centre de radiothérapie en urgence. Je vous citerai l’exemple, monsieur le ministre, du petit Abdenour, Chaima ,  Abdelhadi ,  Chahinez et Sid Ahmed que nous avons perdus, victimes du cancer et qui étaient tous en âge d’anges et qui partageaient la même chambre de l’hôpital de Messerghine à 0ran avec ma petite fille Mokhtaria , qui aujourd’hui est traumatisée par leurs décès.
Monsieur le ministre,
    Je vous écris pour vous dire que je ne peux supporter que nos enfants meurent faute de soins nécessaires contre le cancer !
Permettez-moi de vous appeler mon frère, pour que je puisse, en toute liberté et en toute confidence, vous faire sentir ma douleur et exprimer ma crainte en accompagnant, chaque fois, ma petite Mokhtaria,  atteinte d’un cancer du rein à Oran , pour des contrôles et traitements.
     Cher frère, je suis convaincu que vous êtes une personne très sensible aux douleurs des autres, alors permettez-moi d’user un peu de votre temps pour vous exposer le périple auquel je suis confronté, ainsi que les accompagnateurs des autres cancéreux et ce, depuis plusieurs années, afin d’assister ma fille dans ses multiples déplacements pour des prises en charge à travers les différents hôpitaux d’Oran.
Monsieur le ministre,
     Je sais qu’il m’est très difficile de trouver les mots exacts pour vous exprimer à travers le cas de ma fille, la souffrance et la douleur ainsi que l’incertitude de leur devenir.
     Ces considérations ont fini par m’engouffrer dans une situation de peur et d’angoisse, sachant que tous les 4-5 jours, quand la petite est sujette à des crises, c’est au paroxysme de mon désespoir et de mon affliction, que je quitte mon domicile à Mostaganem à 5 heures du matin pour me rendre à Oran, prendre le bus ou un clandestin en pleine nuit, portant ma fille dans mes bras  supportant ses cris de douleurs, ainsi que le poids de mon chagrin qui me poignarde le cœur, laissant ma petite famille toute seule pour prendre une destination malgré moi, parcourir quatre-vingt kilomètres les poches vides et les larmes aux yeux.
    Destination : les urgences de l’hôpital de Messerghine à Oran, le seul spécialisé dans le cancer des enfants au niveau régional, alors que Mostaganem avec tous ses atouts et ses 800 mille habitants, manque d’un centre de radiothérapie, et se transforme malheureusement en cimetière pour les cancéreux, malgré ce qu’elle a donné pour la révolution algérienne, et pour le soutien indéfectible à son excellence, le Président de la République monsieur Abdelaziz Bouteflika.
Monsieur le ministre,
    Les péripéties que je viens de vous conter, ont fait basculer ma vie car, du jour au lendemain, j’ai perdu mon travail en raison de mes absences répétées vu que l’hôpital est loin de mon lieu de résidence. La perte de mon emploi m’a affectée avec les conséquences désastreuses sur mon foyer.
Monsieur le ministre,
    Aujourd’hui et après ce que j’ai vécu avec ma petite fille , je ne pleure pas mon sort , mais je pleure le sort de toutes les autres filles atteintes de cancer et les petits garçons et toutes les femmes et hommes atteints de cancer pour qu’ils ne vivent pas le même calvaire que j’ai vécu : et ma seule demande est la demande de tous, celle de vous demander après ce que vous venez de lire de donner un avis favorable pour la réalisation d’un centre de radiothérapie sur son sol , sur le sol des chouhada qui sont tombés en martyrs pour que vivent Mostaganem , l’Algérie et vous avec.
                                                                                            M. Boualem Laâdjel

 

Réflexion
Mercredi 1 Juin 2016 - 21:13
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