REFLEXION

Les sept gardiens de Mostaganem :Sidi Lakhdar Benkhlouf

Ouali sidi Maazouz, sidi Medjdoub, sidi Abdelkader Djillali, sidi Kharchouch, sidi Belkacem, sidi Bendhiba el Medjahri et sidi Lakhdar ben Khlouf ; ou les sept gardiens de Mostaganem, comme ils furent appelés dans le temps par le medah. Ces sept saints de la ville, qui de par leurs cœurs animés par l'amour d'ALLAH et leur conduite islamique et leur nationalisme ont pu habiter le cœur de chacun des habitants de Mostaganem, et qui à ce jour leurs dôme ici présente dans les quatre coins de la ville récite la glorieuse histoire de la vie spirituelle de chacun d’eux.



Les sept gardiens de Mostaganem  :Sidi Lakhdar Benkhlouf
Au nom d’Allah, clément et miséricordieux. Louange à Allah qui a distingué l’homme des autres créatures par la raison, qui lui a ouvert les portes de la connaissance, permis de différencier le bien du mal, d’avoir des sentiments et des pensées que seuls les mots peuvent traduire et rendre effectifs. Que la paix soit avec le plus éloquent de tous les temps, Mohamed (QSSL) le messager d’Allah qui nous a transmis le Coran avec sa rhétorique et ses jugements; séparant l’interdit du permis. Que La bénédiction soit sur ses compagnons généreux et les proches de sa famille et tous ceux qui l’ont suivi glorifiant sa mémoire et préservant l’islam. 
 
Sidi Lakhdar Benkhlouf, 
le gardien du Dahra
Sidi Lakhdar, le gardien du Dahra, de son vrai nom Abou Mohamed Lakhal Ben Abdellah Benkhlouf El Maghraoui est le plus grand et le plus connu des aoulia. Descendant de la noble tribu des Zaafria, il a vécu 125 ans et 6 mois dont une bonne partie à Mazagran comme il le dit dans son poème testament : « J’ai vécu 125 ans bien comptés Et j’ai ajouté après cet âge, six mois » Considéré comme l'un des sept gardiens de la ville de Mostaganem, il est connu et apprécié dans tout le Maghreb grâce à sa poésie. Il a écrit des milliers de vers où il raconte parfois sa vie et ses aventures, mais systématiquement la gloire du Prophète (q.s.s.s.l) , on le surnomma Meddah Errassoul, le laudateur du Prophète. Il fut appelé Lakhdar au lieu de son vrai prénom Lakhal. Ceci est dû à une saine pratique recommandée par notre Prophète(q.s.s.s.l), il s'agit du bon « fell » la bonne augure qui pousse nos femmes à dire « rebh » (gain) pour évoquer « melh » (sel), à parler de « afia » (bonne santé) pour exprimer « nar » (feu) et donc le vert « Lakhdar » couleur de l'islam et de la paix fut préféré à « Lakhal », le noir des mauvaises pensées. Ben Khelouf a vulgarisé la poésie populaire, le chiir el melhoun ; il a fait connaître les grands maîtres du genre comme El Maghraoui, El Mejdoub, Ennedjar, Sidi Maamar et beaucoup d'autres. Il est l’un des sept gardiens de la ville des Medjahers. Sa famille : On connaît tout de sa famille, de son quotidien, sa mère Kella, sa femme Guenou, sa fille Hafsa et ses quatre fils Mohamed, Ahmed, Habib et Belkacem sont mentionnés dans sa qacida testament, « La mort est mon destin ainsi que la froide terre ». A 50 ans, il alla au pèlerinage à Tlemcen chez le Cheikh Abou Mohamed Abdelhak Ben Abderrahmane Ben Abdallah El Azdari El Ichbili que vous connaissez tous sous le nom de Sidi Boumediene. Dans sa qacida testament, il nous informe : « Du huitième siècle j’ai passé quelques années Les temps changent et l’ordre des choses se renverse J’ai achevé avec l’aide du Qoreïchite (le Prophète) (q.s.s.s.l) le 9ème siècle » Mais si pour le calendrier chrétien, le 9ème siècle se situe de 800 à 900, pour le calendrier hégérien le 9ème siècle commence à partir de l’an 900. Sidi Lakhdar est donc né vers 899 H ( 1479) à la fin du 8ème siècle ; pour mourir à l’âge de 125 ans vers 1024 (1585). Selon le calendrier muslman, il a donc vécu tout le 9ème siècle comme il le précise lui-même. Il a donc été témoin de l'épopée de Mazagran, sans que son âge rende la chose invraisemblable. La bataille de Mazagran Dans son poème épique relatant la bataille de Mazagran qui s'est déroulée le douzième jour de Doul el qaada, 26 août 1558, il fait une description saisissante de vérité et de détails des participants et des événements. Cette bataille, où mourut le comte d'Alcaudette et qui s’acheva par la victoire sur les Espagnols, est une page glorieuse de nos ancêtres. Quant à la bataille de Mazagran, en réalité il y en eut trois : la plus célèbre des batailles se déroula en 1558 et nous en connaissons tous les détails grâce à celui qu’on surnommait Meddah errassoul. Sidi Lakhdar disait : « Si tu avais vu ce qui s’est passé Dans cette nuit de combat Ne manquait que le père des deux Hassan De la kouba de Bouasria, patron de la ville Jusqu’à la direction de la kibla, dispersés L’ennemi fuyait la teneur du combat Hurlant à qui voulait l’entendre Et les têtes s’envolaient comme des têtes de moutons » Le palmier Lakhal des Khelouf a planté un palmier qui a dépéri aussitôt. Les disciples ont donc demandé l’autorisation d’arracher la souche. Le maître a prédit et a dit alors : « le Maghreb connaîtra mon nom à travers mes louanges au Prophète (q.s.s.s.l), on connaîtra ma tombe grâce à ce palmier que vous dites mourant. Il nous survivra et aura la forme tourmentée des époques à venir ». 
 
Les poèmes qui témoignent de la vie de Sidi Lakhdar Ben Khelouf
Nous nous sommes basés pour l’accomplissement de ce travail sur la seule source authentique qui soit, les poèmes dont nous avons tiré des informations témoignant de la vie du saint Sidi Lakhdar Ben Khelouf. Je prie tous ceux qui parcoureront cette tentative de biographie, d’en pardonner les lacunes ; la perfection étant à Allah Dédicace : A tous ceux qui croient à la sincérité du verbe et du noble sentiment, A tous ceux que l’amour de Dieu et sa connaissance ont réuni, A tous ceux qui sont épris d’amour pour leurs prochains, A tous ceux qui ont emprunté le chemin suivi par les saints. : Le verbe, ce mot majestueux ! Qu’est-ce donc que le verbe ? Pauvre est celui qui en est démuni même s’il possède tous les trésors du monde, riche est celui qui en possède les bienfaits dusse-t-il être la plus pauvre créature sur terre. Le verbe est une lueur qui illumine l’univers. C’est le fil qui sépare le réel de l’irréel et l’existence du néant. Ses lettres se lisent dans les nuages, sous l’eau et dans les airs, pénétrant dans les profondeurs des âmes. Le verbe est un tapis volant voyageant à travers les temps et les époques…Gloire à son Créateur et à celui qui en détient le pouvoir. Que la paix soit avec l’homme le plus éloquent de tous les arabes, Mohamed Ibn Abdallah (QSSSL), messager de Dieu, qui a dit justement : « De tous les arabes, je suis le plus éloquent bien que mon père soit de quoraïch ». Cela est pure vérité puisque Dieu l’assure aussi dans le verset suivant : «Votre compagnon ne s’égare point ni n’est séduit par l’erreur. Ses propos ne procèdent pas de sa propre inspiration. C’est uniquement révélation inspirée. » Le miracle était son verbe grâce auquel il défia l’éloquence arabe et celle des plus grands de ce monde. Dieu le tout puissant a choisi le plus grand et le plus glorieux de ses prophètes, Mohamed que la paix soit avec lui. Il l’a doté de l’un des plus importants miracles…celui de l’éloquence et de la parole divine citée et conservée dans le Livre Sacré : le Coran qui demeurera le guide de l’humanité par excellence et pour l’éternité. Ces révélations ont donné un souffle nouveau, une vision nouvelle de l’écriture et ont préparé le terrain à des générations de poètes qui se sont succédés à travers les temps, à l’exemple de: Cheikh Sidi Lakhdar Ben Khelouf, le poète soufi et homme de guerre connu. Ainsi Sidi Lakhdar s’est consacré à écrire des poèmes sur le prophète( q.s.s.s.l) et c’est pour cette raison qu’il a mérité le titre de : « Laudateur du prophète ». Au nom d’Allah clément, et miséricordieux « Il est, parmi les croyants, des hommes qui, ont été fidèles au pacte qu’ils avaient conclu avec Allah. Certains d’entre eux ont accompli déjà leur destin ; d’autres attendent leur tour sans avoir rien changé à leurs convictions. » Sidi Lakhdar Ben Khelouf est parmi ceux qui ont marqué de leurs noms l’histoire d’une encre bénite qui s’illumine davantage avec le temps et sur des feuilles qui deviennent de plus en plus éclatantes. C’est un homme pourvu de nobles qualités. Les vertus qui étaient les siennes sont à l’image de celles des anciens, érudits et des théologiens qui ont eu le souci de répandre la religion d’Allah. Sidi Lakhdar Ben Khelouf s’est vite distingué avec éclat pour son amour du prophète. Cela est évident dans  ses poésies. Nous avons pu en ressentir le souffle en lisant les poèmes écrits depuis son plus jeune âge. « Ton amour s’est emparé de moi et de mon cœur très jeune… Et le message divin, que tu as apporté, je l’ai appris et le connais par cœur… Ainsi est la volonté d’Allah et le secret d’Allah qui a semé cet amour dans mon cœur et mon âme… » Nombreux sont les poèmes qui décrivent sa passion et son amour sans limite pour le prophète Mohamed (QSSSL). Alors qu’il avait quarante ans, son vœu fût exaucé. Le prophète lui apparu dans des moments de grande méditation et d’extase. Ma sincérité et ma bonne foi me suffisent, comment voulez vous que Lakhal soit pêcheur. Quatre vingt dix neuf visions, et les dons du seigneur n’ont guère cessé. Il dit aussi : Il est vrai que je suis celui qui loue le pieux, dernier des prophètes, envoyé d’Allah Et les envieux ont dit des mensonges insultant Lakehal Ben Khelouf J’ai parcouru, sans en rien ignorer, et la terre et les cieux Celui qui m’injure, sait-il ce qu’il fait ? Sidi Lakhdar Ben Khelouf est considéré comme le prince des poètes. Son discours est sincère, son amour profond, authentique c’est ce qu’il exprime quand il dit : « Si j’ai faim, c’est de tes louanges que je me nourris, si j’ai soif, le miel est mon eau… » Le poème comprenant ce passage n’est connu que de ses proches.  A Suivre              Source : Belhadj /Ouledcheikhsidibelkacem
 


Riad
Mardi 30 Octobre 2012 - 05:00
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Arrêt Sur Mémoire
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