REFLEXION

Les riches feront ils le bonheur



Il est maintenant devenu banal de constater que les inégalités de revenu ont augmenté depuis au moins les années 1980, mais n’ont jamais été appliqués avec la même intensité partout. Certains ont connu une augmentation très substantielle des salaires alors que l’augmentation du niveau de vie à tendance, à mettre en déséquilibre les structures sociales et met en difficulté les plus démunis. Un indicateur fréquemment retenu pour apprécier les inégalités est la part du revenu total, notamment pour les plus pauvres, parmi eux les retraités. Quelqu’un a dit une fois, que les riches ont bien le droit de s’enrichir du moment, que cela ne nuit pas aux autres. Mieux, l’enrichissement des riches pourrait être favorable à la croissance, encourager et récompenser l’innovation et donc profiter au reste de la population, par un effet de diffusion progressive de la prospérité. Pour ce qui est de la prospérité, faudra repasser et tout le monde connaît la version de cet argument: les inégalités sont prétendument «justes» lorsqu’elles contribuent à améliorer le sort des plus aisés. Qu’en est-il dans la réalité ? Pour le savoir, il est nécessaire de s’intéresser au niveau de revenu des pauvres, qui a tendance, à essuyer les effets négatifs d’une mauvaise gestion qui le pénalise. A-t-il augmenté de concert avec les inégalités de revenu ou non ? C’est bien le niveau absolu qu’il faut considérer et non la part des revenus des pauvres, si au moins l’on peut considérer qu’ils ont une part. Celle-ci diminue en permanence, il suffit de faire la comparaison des évolutions moyennes entre 1979 et 2005, le lien entre les inégalités et l’amélioration du sort des plus pauvres est visible. L’enrichissement des riches ne serait ni favorable ni nuisible au sort des pauvres, selon les riches bien sur. Mais il y a plus intéressant si on regarde les évolutions pays par pays et surtout qu’on distingue les deux sources de revenus des plus pauvres : d’une part leur revenu primaire (par exemple leurs salaires bruts lorsqu’ils travaillent, Or les évolutions du niveau de revenu des pauvres s’expliquent principalement par les changements dans le niveau de vie qui stagne et qui va en s’amenuisant crescendo, vers l’infini descente aux enfers . Dans l’ensemble, c’est donc bien la redistribution inégale du revenu et la protection sociale qui ont permis aux pauvres de l’être encore plus. Dans les pays où la générosité des transferts est liée à l’évolution moyenne des revenus, une stagnation du revenu primaire des pauvres n’implique pas celle du revenu total. L’enrichissement moyen profite un tant soit peu alors aussi aux plus pauvres. Les transferts, et plus généralement la protection sociale, étant financés par les impôts et les taxes la réponse à la question posée dans le titre demeure telle quelle, pour s’attendre à une explication qui ne viendra sans doute jamais.

Benyahia Aek
Dimanche 18 Juillet 2010 - 11:25
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CHRONIQUE
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