REFLEXION

Les projets de logements à moitié réalisés à Oran

TRAVAUX A LA TRAINE DEPUIS 2004

Paradoxale
est la situation dans les chantiers de la wilaya d'Oran. Alors que les jeunes se plaignent du chômage, les entrepreneurs, eux, ne cessent d'alerter les pouvoirs publics sur le manque flagrant de main-d’œuvre. Alors que les premiers moisissent dans les cafés et les rues, les propriétaires des entreprises du bâtiment imputent les retards dans la réalisation des projets à l'absence de main-d’œuvre.



Les projets de logements à moitié réalisés à Oran
En effet, d'une part, les chiffres avancés par les services concernés témoignent du manque à gagner en matière de réception des chantiers dans les délais prévus, d'autre part, la réalité sociale met clairement en évidence l'impact du chômage sur les jeunes. Les arguments des uns et des autres semblent tenir la route. Mais où se situe alors le problème?
Une tournée à travers les chantiers donne plusieurs détails à même de clarifier bien des situations. Les témoignages de certains entrepreneurs sont également édifiants. Hélas, les pouvoirs publics observent le silence et compliquent parfois le chemin vers l'information. Nos questions sont gentiment orientées vers la tutelle, elle aussi inaccessible, le ministère du Travail. «Ça fait une année que je travaille sans assurance. Je comprends maintenant les jeunes non mariés qui préfèrent rester au chômage. Je supporte ça pour mes enfants», se confie Ahmed, un maçon, la cinquantaine.
En fait, sur le chantier on constate rapidement que la moyenne d'âge avoisine la cinquantaine. Comme Ahmed, il y en a beaucoup. Certains ont même rejoint le chantier après une retraite dans une autre entreprise. «Oui, ce que je touche en retraite ne me suffit pas pour faire vivre mes enfants encore à l'école. Je prie Dieu de me donner encore un peu de santé», témoigne S.M un ouvrier dépassant visiblement la soixantaine. Autre constat amer: les conditions de sécurité sur le lieu de travail font cruellement défaut. «Je ne demande rien. Je ne vais pas passer ma vie dans ce chantier. Je travaille pour acheter un visa ou partir en harraga. Voulez-vous aussi que je paie une assurance pour ce voyage en mer?» répond Youcef, la vingtaine à peine dépassée. «Je ne suis pas un Papiche, d'ailleurs si je l'étais je ne serais pas ici», réplique un jeune manœuvre à une question sur l'obligation du port de la tenue de travail. S'inscrivant en porte-à-faux contre des témoignages des ouvriers, certains entrepreneurs assurent que leur personnel est totalement inscrit à la couverture sociale. «Trouvez-moi des maçons et je vous donnerai le double de leur salaire», nous défie un entrepreneur pour nous convaincre du manque de main-d’œuvre. A une question sur les conditions de travail déplorables dans les chantiers, un autre entrepreneur s'insurge en déplorant la mentalité des jeunes. «Je préfère faire travailler un vieux, les jeunes n'ont aucun objectif dans leur vie. Pour les faire travailler, il faut passer la journée à les surveiller», affirmait-il. «Il faut tout un travail pour trouver des ouvriers et quand on les trouve ils sont rarement qualifiés. Un vrai maçon, c'est rare de nos jours», affirme un autre entrepreneur. Du côté des pouvoirs publics, les sources approchées semblent réticentes. Les conditions de travail ne semblent pas inquiéter outre mesure. Or, au vu des arguments des uns et des autres, il apparaît évident que la clé du problème se situe dans l'organisation du secteur. Une tâche qui incombe aux pouvoirs publics avant les entrepreneurs et encore moins les ouvriers du bâtiment. Il y va de l'avancée des programmes de logements inscrits pour la wilaya d'Oran. Un programme de plus de 84.000 logements n'est qu'à moitié réalisé depuis 2004, et il a suffit l'arrivée de l'actuel wali d'Oran M. Abdelmalek Boudiaf pour redémarrer le train avec une mise à niveau exceptionnelle qui a été instaurée depuis son installation de cette importante wilaya de la métropole Méditerranéenne.

Medjadji H
Mardi 25 Octobre 2011 - 10:42
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Oran
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