REFLEXION

Les messages de Bouteflika aux Algériens

Les mesures annoncées hier par le président de la république sont effectivement très importantes, voire exceptionnelles sur les volets économique et social.



Les messages de Bouteflika aux Algériens
Les mesures annoncées lors du Conseil des ministres, a en réalité adressé deux messages clairs aux Algériens, particulièrement à ceux qui réclament un changement. Que dit le président à son peuple ? Le premier message a été délivré par Jean-Pierre Raffarin, l’envoyé spécial de Sarkozy : Abdelaziz Bouteflika est en « forme ». Comprendre : il n’est pas malade et il peut terminer son mandat en 2014. Le second message a été délivré dans le communiqué du Conseil des ministres annonçant les nouvelles mesures en économiques et sociales. On peut le résumer ainsi : je distribue une partie de la rente pétrolière, j’essaye d’améliorer votre quotidien sur le plan administratif, mais ne parlez surtout pas de politique, de démocratie et de changement ! Le Conseil des ministres a en effet pris des mesures pour l’emploi, le logement et l’économie ainsi que des décisions pour améliorer le service public. Ces problèmes sont au cœur des nombreuses émeutes qui secouent quotidiennement le pays depuis quelques jours. Il a également cédé face aux étudiants dont la mobilisation commence à devenir un vrai problème pour le pouvoir. Mais le président Bouteflika n’a fait aucune concession sur le plan politique. Hormis l’annonce de la levée de l’état d’urgence –accompagnée cependant d’une mesure renforçant le rôle de l’armée en cas de troubles sociaux.
Fin de l’état d’urgence
Le président algérien Bouteflika lève l'état d'urgence en vigueur depuis 1992 .La levée de l’état d’urgence était l’une des exigences de l’opposition qui a organisé ces dernières semaines, des manifestations dans le pays.La mesure entrera en vigueur dès la publication de la décision au journal officiel, à peu près dans une semaine.L'état d'urgence avait été imposé en 1992, pour contenir les mouvements islamistes que combattaient les forces de sécurité.La violence avait fait environ 250.000 mille morts. Inspirés par des révoltes populaires qui secouent une partie du monde arabe depuis la révolution tunisienne, les groupes d'opposition avaient multiplié ces dernières semaines les rassemblements malgré l'état d’urgence.Une fois levé, les militaires ne disposeront de pouvoirs limités que pour les questions de sécurité nationale. Le président Abdelaziz Bouteflika a déjà prévenu que les manifestations hebdomadaires prévues les samedis par l'opposition, seront tout de même interdites.
100 milliards de dinars octroyés aux banques

Outre la levée de l'état d'urgence, le Conseil des ministres a annoncé un train de mesures en faveur de l'économie, de l'emploi et du logement, près de deux mois après les émeutes contre la vie chère début janvier. L'Etat a ainsi décidé d'octroyer une ligne de crédits à long terme de 100 milliards de dinars (1 milliard d'euros) aux banques publiques afin de leur permettre de financer des projets à "maturité longue".Il a également décidé de lancer, dès mars 2011, des sociétés publiques de leasing destinées à alléger le coût de la location-vente des équipements pour les nouvelles Petites et moyennes entreprises (PME), qui souhaitent recourir à ce dispositif.Les charges patronales seront aussi réduites pour les sociétés qui vont recruter les jeunes demandeurs d'emploi. Le taux de chômage des jeunes Algériens, qui auront des facilités pour l'accès au logement, est de 21%, selon le FMI.Ces mesures interviennent à un moment où le pays est confronté à des grèves en série qui ont touché des secteurs habituellement peu revendicatifs comme la Justice.
Bouteflika répond aux étudiants

Le président Bouteflika a décidé d’abroger le décret présidentiel du 13 décembre 2010 qui a provoqué la grève des étudiants et la paralysie des universités. Ce décret avait introduit une discrimination entre les diplômes de l’ancien système et du système LMD, actuellement en vigueur. Le Conseil a confirmé la validité du diplôme d’ingénieur d’État délivré par les établissements d’enseignement supérieur et le maintien des formations de magister pour les diplômés de l’ancien système de formation universitaire jusqu’à son extinction. Le Conseil des ministres a répondu favorablement aux revendications des étudiants des universités et de l’école normale supérieure (ENS).Le Conseil des ministres a également annoncé « comme priorité l’élaboration des textes devant régir les correspondances entre l’ancien système et le système ‘‘LMD’’, tel que prévu par la loi d’orientation de Février 2008 ». Il a également avalisé les recommandations de la Conférence nationale des chefs d’établissements universitaires, qui, en sa qualité d’autorité pédagogique universitaire. Le président Bouteflika a insisté « sur le dialogue et la communication permanents qui doivent accompagner la mise en place graduelle d’une réforme aussi importante et vitale que celle concernant le système national de formation et d’enseignement universitaire ».
20 milliards de dinars pour les agriculteurs
Le nouveau fonds de garantie des crédits pour l’agriculture et les activités ruralessera doté de 10 à 20 milliards de dinars. « Les agriculteurs se sont toujours plaints des difficultés d’accès aux crédits bancaires. Il était nécessaire de lancer un fonds de garanties des crédits, de la même manière de ce qui a été fait pour la PME. Ce fonds sera crée prochainement à partir des ressources qui sont déjà disponibles », a annoncé Rachid Benaissa, ministre de l’Agriculture et du renouveau rural, invité ce mercredi 23 février de la chaîne III de la radio nationale. Le Conseil des ministres a retenu le principe de mettre en place un dispositif de garantie des crédits bancaires destinés aux agriculteurs. Selon le ministre, il était normal d’agir pour agrandir la base productive par la création d’exploitations agricoles après l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur le foncier agricole. « Nous nous adressons non seulement aux terres du domaine privé de l’Etat mais également aux terres privées. Un dispositif est mis en place pour que tous les agriculteurs détenteurs de terres puissent créer des exploitations et il sera accompagné de crédits bonifiés de 1 million de dinars par hectare mis en valeur », a-t-il indiqué. Il a évoqué les facilités accordées pour l’accès à la concession. « La concession est hypothécable. C’est une nouvelle disposition. A partir de là, l’agriculteur a accès à un crédit bonifié de 1 million de dinars par hectare. Le bénéficiaire hypothèquera l’acte de concession Si le bénéficiaire est propriétaire, ses titres constitueront l’hypothèque », a-t-il expliqué. L’appel est, selon lui, lancé pour les agriculteurs des hauts plateaux, du sud et des zones montagneuses pour bénéficier de ce dispositif. « Dès le début de la semaine prochaine, ce dispositif sera connu dans le détail. Tout le monde est concerné mais une priorité sera accordée aux diplômés dans le domaine agricole d’une manière directe ou indirecte. Les enfants d’agriculteurs et d’éleveurs sont également prioritaires », a-t-il dit.

Ismain
Mercredi 23 Février 2011 - 23:01
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