REFLEXION

Les logements de la colère

QUAND LE LOGEMENT EN ALGERIE DEVIENT LE CAUCHEMAR DES RESPONSABLE ET L'ILLUSION DES CITOYENS

Le logement a toujours été un facteur de tension. Dès qu’il il y a distribution, il y a souvent des émeutes locales à tel point qu’on la baptisé le logement de la discorde, opposant la population aux autorités locales lors de la distribution des quotas de logements. Les listes considérées par les citoyens d’ illégitimes , manipulées par une Administration qui n’a jamais ou presque jamais communiqué avec les habitants pour déterminer leurs besoins engendre un sentiment d’ injustice consistant en la distribution de logements à des bénéficiaires illégitimes , étrangers à la ville pour certains, en lieu et place de plus légitimes attributaires, originaires de la ville ou qui y ont habité depuis longtemps. Résultat émeute et colère.



Les logements de la colère
Pourtant, la réglementation est on ne peut plus précise sur les critères d’attribution, cependant, les critères qui semblent être retenus  dans la majorité des cas, relève d’une autre logique, celle  du favoritisme et du Ben’amisme et de la corruption comme nous l’avions démontré précédemment dans nos dossier tel celui de l’AFMOS. Cette incapacité délibérée de gérer  les listes de logement fait que ces listes sont systématiquement suspectes. La crédibilité ne peut plus être de rigueur malgré les efforts de quelques responsables locaux. Quand on examine des cas concrets, qui ont été soumis à notre journal, Le mécontentement, l’amertume est justifiée. Ce qui nous fait dire que le logement, cette  bombe à retardement devrait être traitée avec rigueur avec à la tête des technocrates à haute qualification et non des politiciens. Pour méditer sur cette proposition, jugeons de ce qui se passe concrètement sur le terrain.

Des toits de fortune, figure horrible de la misère qui sévit dans nos communes
A ce propos, et par ces temps de grand froid où le thermomètre est à sa plus basse température, notre pensée va aux sans-abris et à toutes ces familles qui survivent temps bien que mal dans des habitations de fortune. Ils sont nombreux à s’inventer des foyers qui les abritent avec leurs progénitures des méfaits de la  dénudation. Ils investissent les cimetières ou autres taudis. Les plus chanceux occupent des garages ou élisent domicile dans des châteaux d’eau qu’ils transforment en lieu de vie. Non, ce n’est pas de la fiction.  C e sont des cas concrets que notre journal a eu à découvrir au fil des jours à son grand désarroi. Le dernier cas est celui de M. Kassous Abdellah, souffrant de plusieurs maladies dont la plus importante est une insuffisance cardiaque, père d’une enfant de cinq ans  et demi trainant  plusieurs handicaps ,   a aujourd’hui lui et sa petite famille le statut  de SDF après avoir été plus de 12 fois été obligé de déménager  à l’expiration du contrat de location. Sa pension d’invalide de 12 000 dinars ne lui permet pas d’assumer toutes les responsabilités lui incombant en plus des lourdes maladies qui le touchent ainsi que son enfant. L a famille se retrouve de ce fait dispersée. La mère et l’enfant sont hébergés chez la famille alors que le père se débrouille au jour le jour. A qui est donc destiné le logement social ?  Nous nous sommes posé la même et éternelle question quand il n’y a pas longtemps, en plein quartier st-jules  nous avons constaté la désolation  de Quatre familles  qui dormaient  dans deux baraques faites de bois et de plastique,  Les familles Guendouz, Khelfellah, Mihoubi et Heniene résident dans ce quartier depuis de longues  années, et malgré les multiples demandes, ils n’ont jamais pu avoir un toit digne de ce nom.  .  ces derniers  avec 7  enfants en bas âges cohabitaient dans  un semblant de chambre, fabriquée avec des planches en bois et du plastique, aucune fenêtre, juste un morceau de bâche en guise de porte. Le coin cuisine et la télévision, sont collectifs. Pour dormir,  les trois familles ont érigé des séparations, à l’aide de couvertures préservant ainsi  une certaine intimité, le soir venu. Pas loin de là, rue Benmimoun Miloud, une autre femme vit dans une barque en bois semblable, recouverte en plastique, veuve et mère de quatre enfants dont la plus âgée, est une fille de 15 ans et un jeune garçon de douze ans qui avait fugué, plusieurs fois  ne supportant  plus de vivre dans une telle misère.
Que dire de ceux qui ont eu le courage d’expulser ces familles en pleine période hivernale. Si la loi le permet, la morale devrait  l’interdire à plus forte raison dans une société musulmane où l’amour du prochain devrait être irréversiblement, un principe inné. Ceci est d’autant plus révoltant quand on sait  qu’un grand nombre de personnes possède des appartements juste pour venir à Mostaganem en période estivale. Les cas de ceux qui se débattent faute de logement décent sont nombreux comme celui de deux familles, Mostaganémois de souche qui  partagent un minuscule F2. Chacune d’elle occupe une chambre et pour faire la cuisine, l’une a pris la cuisine alors que l’autre a pris la salle de bain. Les toilettes sont partagées. Ou encore  le cas d’un ex- employé de l’Oravio en retraite  âgé de 60 ans, Bouasria vit dans une pièce avec son fils Fethi handicapé moteur 100%. Sourd et muet, âgé de 26 ans.  Plus récemment, Le quartier de « plateau marine », a été secoué par de graves émeutes, des jeunes qui  ont bloqué les accès, en barricadant toute les routes, qui mènent au quartier. Lançant des pierres en direction des forces « antiémeutes ». Le problème soulevé encore une fois, par les habitants du quartier, est celui du logement.  Nos  reportages sur la situation de la plupart de ces habitants de « plateau marine » vivant dans des conditions de dénuements totales nous ont fait découvrir de vieux Haouchs datant de l’époque coloniale, présentant de nombreuses défaillances (murs fissurés, plafonds effondrés partiellement, maisons vétustes, toilettes collectives dans un état déplorable, escaliers défectueux, etc.…). Il y a  quelques années, un drame s’y est produit, le décès d’une fillette de 6 ans provoqué, Justement par sa chute  des escaliers menant à la terrasse, faute de l’existante de rampe. Il aura fallu la perte d’une âme pour que les  responsables de l’époque réagissent  en octroyant un logement  à la famille  de la victime. Des cas pareils, il y en a à vous faire tourner la tête. Nous nous contenterons des exemples cités pour nous poser la question suivante :

 Si le parc de logements réalisés est très important, où se situe donc le problème de cette défaillance ?
  La distribution non équitable, le favoritisme, l’utilisation  du logement à des fins politiciennes à l’approche des échéances électorales et tant d’autres raisons favorisent l’émergence d’une mafia qui fait  main basse sur ce secteur. Des pères de familles qui n’ont aucun accès aux sphères de décision sont depuis des années dans l’expectative et beaucoup ont des dossiers en souffrance depuis la fin des années 99 et début des années 2000, rêvent de voir un jour leurs demandes traitées pourtant le logement est un droit garanti par la constitution pour préserver la dignité de l’être humain.  Cette dignité est souvent bafouée du fait que le citoyen à qui on fait miroiter des nombres considérables de logements à réceptionner ou en cours de réalisation mais qui ne voient pas encore le bout du tunnel et n’ont pas encore eu leur place au soleil à l’image des familles des quartiers déshérités, à l’image de Tijditt, El Arssa, Derb, et plateau dont l’état de dégradation très avancé de leurs habitations, risquent de s’écrouler à tout moment.  L’octroi de  120 logements  aux occupants du bidonville « Typhus » a quelque peu donné espoir car l’établissement  de la liste des bénéficières par les habitants du bidonville eux même  s’est fait dans la  transparence.
Un exemple à prendre en considération pour pallier les incohérences et le flou qui caractérise la gestion du logement.   A ce propos, même le premier responsable de la wilaya, à  l’occasion d’une visite  dans les communes d’Ain-Nouissy, Fornaka et Beni-Yahi avait pointer du doigt certain élus et responsables locaux de ne pas jouer le jeu et de travailler dans le flou, mettant le citoyen à l’écart alors qu’il est censé savoir tout sur la gestion de sa commune et les projets dont il a bénéficié car c’est ce même citoyen, qui a choisi ces élus, qui une fois au « pouvoir » lui ferme la porte et le néglige.  L’absence du dialogue qui s’installe entre le citoyen et l’élu,  et la négligence du citoyen, c’est le pousser à la rébellion. Dans l’une des communes de la wilaya , le P/APC a été sermonné par le wali, qu’il avait accusé  de duper ses citoyens sachant que l’état met à sa disposition les moyens nécessaires pour le développement de sa commune et notamment en matière de logement rural.
Les élus avaient été invités à cesser de  « mener  les citoyens en barque et  cesser d’œuvrer pour leur propres intérêts et l’intérêt de certains clans occultes, dont le seul but est de s’enrichir sur le dos du contribuable ». Le message en dit long sur les agissements de certains responsables locaux peu scrupuleux. Au passage, il faut avouer d’un autre coté, que certaines familles ont bénéficié d’appartements, qu’ils ont revendus ou qu’ils louent au prix fort pour revenir dans ces haouchs afin de postuler pour un autre appartement ! S’il existe des opportunistes, parmi les postulants aux logements, qui ont trouvé le bon filon pour s’enrichir ; avec la complicité ou non des responsables, c’est que la gestion  et la politique même de ce secteur est à revoir radicalement.

La cause principale de toute cette mascarade reste l’impunité dont jouissent certains  à tous les niveaux.
L’état aura beau construire des logements mais tant que les mentalités ne changeront pas, le logement demeurera un facteur de discorde et de violence. Nous vient à l’esprit, à propos de violence, le cas des  citoyens qui ont squatté des logements, après avoir pu défoncer les portes au niveau de la nouvelle cité de Sidi-El-Adjel, pour ne citer que ce cas.  Par leur action, les auteurs ont voulu dénoncer le favoritisme durant ces dernières années au cours desquelles furent construits des milliers de logements mais qui malheureusement ont été affectés à des gens aisés mais aussi à des gens qui habitent dans d’autres wilayas ayant  pu par miracle, se procurer le fameux certificat de résidence. Alors qu’eux, ils  vivent dans des situations précaires depuis des années. Par ce qui précède et qui se répète dans toutes les villes d’Algérie, nous ne pouvons que constater que le logement reste une  plaie parmi tant d’autres de la société algérienne, le secteur ne suit pas la croissance démographique, Les citoyens de revenus modestes s'entassent dans des habitations vétustes et mal construites, dorment parfois à tour de rôle ou se dispersent chez les voisins. Pourtant après plusieurs catastrophes naturelles (séismes et autres) ; le logement  avait été décrété comme une priorité nationale. La mauvaise gestion la corruption endémique demeure les principales causes de la  défaillance du secteur.

Allaa.A
Mercredi 15 Février 2012 - 21:43
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