REFLEXION

Les leçons oubliées des émeutes d'Octobre 88

LE PRINTEMPS ALGERIEN QUI A BALAYE TOUT SUR SON PASSAGE

La devise dans la voie du devoir nous rappelle constamment, qu’il reste encore un long chemin à parcourir, et qu’il faut être plus sensible, plus motivé, plus déterminé à poursuivre la route à faire, qu’au chemin parcouru, depuis le 5 octobre 1988.



Les leçons oubliées des émeutes d'Octobre 88
Le 5 Octobre 1988 aura été le déclencheur et le défi social qui a été le problème majeur d'un régime tiraillé par les luttes sournoises entre différentes factions et qui a fait descendre les jeunes dans la rue.

Le discours qui a déclenché les manifestations
Pour rappel tout avait commençait lorsque l'ex Président Chadli Bendjedid le 19 septembre 1988, prononce un discours virulent contre l'immobilisme du parti et du gouvernement. Pour les observateurs, ce discours, aurait été le déclencheur des manifestations du 5 octobre, qui se sont vite propagées dans les villes du pays, relayées par la propagande des adversaires du président à l'époque lui imputant la responsabilité et même l'organisation, voir l'instigation de cette explosion sociale. Les jeunes manifestants, étaient descendus dans la rue après une déficience des produits de première nécessité provoquée disait-on par les spéculateurs qui faisaient dans la rétention créant ainsi une pénurie alors que les stocks étaient pleins, une situation qui s’est vue répétée en ce début de 2011. Le lendemain de ce 5 octobre 1988, le président proclame l'état de siège et en confie la responsabilité au général Khaled Nezzar qui durera 6 jours et la cellule de crise fonctionnera sans le Premier ministre Abdelhamid Brahimi et sans Mohamed-Cherif Messaâdia, responsable du parti de l’époque.

Le ras le bol du peuple algérien
La manifestation qu'organiseront Abassi Madani et Ali Benhadj le 7 octobre, malgré l'opposition de cheikh Sahnoun, dégénère sous l'effet des débordements et des provocations et l'armée tirera alors sur la foule et le bilan officiel sera de 169 morts. Sans le vouloir, le régime venait de livrer la rue aux islamistes dont l'ancrage était les mosquées constituant un ensemble de réseaux sans équivalent et qui engendrera par la suite le terrorisme qui fera des ravages parmi les populations. Après ces malheureux évènements qui ont presque fait basculer le pays dans une guerre civile l'instauration du pluralisme est venue et voila que la nouvelle Constitution de février 1989 donne une assise légale aux partis d’oppositions qui font office de figuration avant que l'affrontement entre l'État et les islamistes commence, en 1991 et de façon violente. 23 ans après le 5 octobre, le constat est décevant et ne portera pas ses fruits, du fait qu’il sera relayé par la décennie noire du terrorisme qui endeuillera le pays et engendrera crimes barbaries et autres fléaux. Octobre 88 a été un moment de contestation sociale, de ras le bol pour dénoncer tous ces maux qui gangrènent toujours et encore le pays, par des morts et par la désolation, pour se remémorer l’attentat de Sid Ali, le journaliste Benmechiche, de l’APS tué par une balle perdue au niveau de la DGSN. A Oran, le même jour, le regretté Abdelkader Alloula est arrêté, puis quelques années plus tard assassiné, Djillali Liabes et d’autres seront les victimes de crimes odieux voire gratuits, pour un résultat mitigé.

Un nouvel espoir qui s’est vite estompé
L’espoir né après octobre 88, s’est vite estompé, malgré qu’il soit à l’origine du pluralisme, politique soit disant mais qui s’est endigué dans la sauvegarde des acquis, alors que les prémices d'une ouverture du champ politique à l'époque, ne pouvait être laissé aux partis d'opposition qui se sont mis à pousser comme des champignons, mais qui n’ont rien apporté que se soit au pays ou au peuple. Depuis c’est l’anarchie, la corruption, la bureaucratie, le favoritisme, le laxisme, le despotisme, la drogue, la criminalité à grande échelle, l’enrichissement illicite, la dilapidation des biens et des deniers de l’état, tellement de maux sociaux qui ont miné l’économie du pays, dénoncés par le Président de la République à maintes reprises. La richesse énergétique et l'argent accumulé, qui devrait permettre au pays de sortir des crises successives a tendance à crée une impotence des efforts humains, pour se demander si cette richesse qui provient des ressources pétrolières n’est pas une malédiction, en fin de compte pour les algériens qui se trouvent privés de ses bienfaits. Une richesse qui a profité, à une minorité qui s’en est accaparée, affichant cette nouvelle opulence sans vergogne au vu et au su de tous, à savoir : Villas de grand standing, maisons de maître, voitures luxueuses et autres biens estimés à des milliards, pour se demander d’où sa provenance.

Le divorce
Quant à l’opposition celle-ci est moribonde et n'est que l'ombre d'elle-même, certains y trouvent leurs intérêts et mangent à tous les râteliers et font dans la rhétorique politique du parti unique, pour récolter les dividendes d'une politique alignée, et ne sont là que pour faire de la figuration, pour se retrouver avec des chefs de partis fantoches et despotes et non des hommes politiques sensés. Pour certains politiciens, ils trouvent qu’il n’est pas bon de le partager ni de l’éclairer, nageant entre deux eaux, ils ne cessent de bafouer les règles les plus élémentaires de la démocratie, en exerçant leur autorité dominatrice d’où la pression qui a tendance non pas à régler les problèmes, mais à écarter ceux qui les posent, à supprimer les contradictions en éliminant toute personne éminemment convaincue, et qui voudrait apporter un plus au pays. Le divorce entre le peuple dépouillé de ses droits et le FLN parti unique, a été consommé depuis longtemps du fait qu’il n’est plus représentatif et ce par la majorité des algériens qui ont compris le jeu.

23 ans après le 05 Octobre 88
Après 23 ans le 5 octobre 1988 s’inscrit dans la mémoire collective du peuple algérien, comme une rupture du pays légal avec le pays profond, un cri de colère et de désespoir d’une jeunesse stressée, flouée, soufrant du double syndrome d’exclusion et de frustration, longtemps drapée dans le silence, en accusations muettes, qui refuse un pouvoir centralisé, bureaucratique, dictatorial. Cette jeunesse clame aujourd’hui sa volonté de mettre fin aux entraves à ses droits et à sa liberté, par la mise en œuvre d’une vraie démocratie. Aujourd’hui en ce 23ème anniversaire d’octobre 1988, quel regard peut-on porter? Allons-nous, nous dire que le pire est derrière nous et que le meilleur est devant ? Le peuple algérien ne peut vivre aujourd’hui après tant d’épreuves que dans la dignité, la justice et la liberté, car il n’y a pas de justice sans liberté, ni de liberté sans justice, qui sont l’un des rares lieux privilégiés de rencontre des Algériens de tous bords, c’est aussi l’ultime valeur à défendre alors que nous sommes au vingt et unième siècle. La meilleure façon de commémorer octobre 88, c’est d’attirer l’attention sur les tâches qui ne sont pas accomplies par manque de direction et de discernement ; pour certains, le 5 octobre a été une vague passagère, mais une leçon pour tous et il est devenu comme la marée qui aura tout balayé sur son passage, car comme ont dit, une fois qu’elle s’est retirée, il ne restera que les pierres. L’action menée était peut être dispersée, pour les observateurs, Mais ce qui fait mal c’est que les évènements du 5 octobre n’auront pas profité au peuple, et la politique menée reste ouverte sur le mouvement du temps, qui ne dispose que d’une liberté sans expression et de manque d’initiative, du fait que les enfants d’octobre 88 n’ont pas obtenu de résultats concrets pour en espérer d’autres. Cependant ce qui est important à savoir, c’est que lorsque des jeunes manifestent pour retrouver le chemin de la dignité et de la liberté, luttant pour sortir le pays de l’arbitraire, de l’injustice et de la corruption, c’est que rien n’est perdu et que l’espoir est permis.

Benyahia Aek
Mardi 4 Octobre 2011 - 22:26
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