REFLEXION

Les hommes meurent, mais pas leur savoir



La mort d’un savant, quels que soient son rang et sa discipline, est une grande perte aussi bien pour la nation dont il est issu que pour l’humanité entière. Ces grands hommes, quels que soient les domaines auxquels ils appartiennent, lorsqu’ils quittent ce bas monde, laissent derrière eux un grand vide que l’on ne peut combler d’un simple coup de baguette magique. Quelqu’un a dit un jour : « la mort de toute une tribu n’équivaudrait pas à celle d’un érudit ». Cela est d’autant plus vrai car une tribu sans savoir, c'est-à-dire une tribu qui ne produit pas des hommes de savoir est une tribu plus que morte. Tous les grands hommes scientifiques, philosophes, théologiens ou autres, n’ont laissé après leur mort que leur savoir qui témoigne de ce qu’ils furent de leur vivant. Abderrahmane El -Djilali, décédé il y a à peine une semaine est un exemple concret. La mort d’Abderrahmane El-Djilali, tout comme celle d’Ahmed Toufik El Madani, Mohamed El Ghazali (d’Egypte), Cheïkh Abderrahmane El-Thaâlibi, Malek Ben Nabi, Mouloud Kacem, Tahar Ouattar parmi tant d’autres, nous rappelle sans cesse une certaine époque, et nous ouvre la voie vers l’avenir tout en nous indiquant le chemin à suivre auprès des maîtres encore vivants et qui nous illuminent de leur savoir indéfectible. Et c’est l’éternel recommencement. Des hommes disparaissent et d’autres les remplacent pour assurer la continuité et afin de perpétuer la connaissance. A titre d’exemple l’œuvre d’Ibn Khaldoun est incomparable et est de tout temps. Elle continuera d’abreuver les assoiffés de connaissance, celle-là même qui instruit, forme des hommes et leur donne les capacités d’agir et de promouvoir le savoir. De leur vivant, tous ces hommes de savoir étaient comparables à des bibliothèques aux portes grandes ouvertes. Ils dispensaient leur savoir sans compter et le faisaient avec sérénité, humilité et sagesse. Qui de nous, jeunes ou adultes n’a pas souvenir des émissions radiophoniques et télévisuelles qui diffusaient les paroles du Cheikh Abderrahmane El-Djilali répondant aux questions des citoyens en matière de loi islamique et de « Fiqh ». Cet érudit s’est formé entre les mains des grands Chouyoukhs tels que Mohamed Es-Said Benzekri, qu’il a côtoyés tout au long de sa vie et de sa carrière. Les chercheurs, les étudiants ou les simples assoiffés de savoir trouveront dans les œuvres de Cheïkh Abderrahmane El-Djilali des références dont ils puiseront les connaissances indispensables à leur formation et leur information. Heureux tous ceux qui l’auraient connu et côtoyé. Comblés ceux qui furent ses disciples. Feu Abderrahmane Djilali s’est intéressé très tôt, en plus du domaine théologique, à d’autres disciplines notamment l’art architectural, l’histoire et le théâtre. Les noms de tous ces fils d’Algérie resteront gravés dans les mémoires des Algériens pour le savoir qu’ils leur ont légué.

M. Bentahar
Samedi 20 Novembre 2010 - 22:01
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CHRONIQUE
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