REFLEXION

Les dernières tanneries risquent de disparaître à Oran

Menacée aujourd'hui par la crise du marché local et l'exportation massive et incontrôlée de la matière brute, l'industrie du cuir subit des difficultés d'approvisionnement en peaux brutes. La wilaya d'Oran, compte deux tanneries, qui souffrent d'un grand problème d'approvisionnement en peaux brutes.



En effet, la majorité des collecteurs préfèrent céder aux offres alléchantes des exportateurs, notamment des Tunisiens et des Turcs. Des prix plus attractifs et un paiement cash ont vite convaincu l'essentiel des collecteurs à miser sur ce filon. Ces dernières années, le trafic de peaux brutes a atteint un seuil critique et la matière première, (constituée essentiellement de ces peaux), est étrangement introuvable, depuis plusieurs mois. La raison est qu'elle est frauduleusement exportée vers les pays d'Europe de l'Est et du Moyen-Orient, grâce à des réseaux transnationaux organisés. La fermeture, en 2007, de la Société de collecte et de conservation des peaux et cuirs (Socop, entreprise publique), qui avait un rôle stratégique dans le secteur des cuirs, a donné un coup dur et a complètement déstabilisé le circuit d'approvisionnement en matière première. Chaque année, lors de la fête de l'Aïd El-Adha, des centaines de milliers de bêtes sont sacrifiées. Cela représente, en termes de peaux, de quoi faire fonctionner à plein régime toutes les tanneries et mégisseries algériennes, pendant une dizaine d'années. Une bonne partie est détournée par les contrebandiers. Les peaux et cuirs algériens sont les plus demandés au monde pour leur qualité de coupe et leur solidité, selon les professionnels. De ce fait, ils ont toujours fait l'objet de convoitises. Cette «bonne» réputation semble aujourd'hui, porter préjudice aux tanneurs algériens en menaçant de mettre en péril leurs unités de transformation et les emplois qui y sont rattachés. Les transformateurs estimés actuellement à une vingtaine dont deux installés à Oran, qui ont jusque-là perdu près de 30% de leurs employés accusent, en premier lieu, l'exportation légale et illégale des peaux à l'état brut, surtout qu'elle détruit la plus-value et l'emploi. Pour mettre de l'ordre dans la filière, la loi de Finance complémentaire (LFC 2010) a introduit une mesure qui a suspendu l'exportation des peaux brutes et n'autorise dorénavant que l'exportation de produits finis ou semi-finis. Néanmoins, certains opérateurs privés n'hésitent pas à traiter ces peaux à l'aide de produits chimiques pour obtenir des peaux animales semi-finies et se conformer ainsi à la législation douanière, alors qu'elles sont réellement à l'état brut et sont exportées vers les marchés extérieurs. Cette crise menace aussi l'industrie du cuir, qui malgré la qualité du produit manufacturé de chaussures, de vêtements en cuir et maroquinerie, vit, ces dernières années, ses moments les plus critiques.

Medjadji H
Mercredi 27 Mars 2013 - 10:37
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Oran
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