REFLEXION

Les années OAS à Mostaganem

Pendant la triste période de l’OAS toute la population musulmane avait quitté les quartiers dits européens et s’est réfugiée à Tigditt pour fuir les massacres perpétrés par cette organisation entre les années 60 à 62.Toutes les familles ont trouvé refuge chez des parents et ont abandonné leurs maisons et tous leurs biens en ville comme on appelait à ce moment-là les quartiers européens (La Ville).



Les pieds noirs et leurs rejetons se baladaient tous avec un pistolet automatique à la main et tiraient sur tout ce qui pouvait ressembler à un arabe. Presque toutes les maisons abandonnées par leurs propriétaires ont été soit incendiées soit plastiquées (dynamitées), le plastic était une nouvelle trouvaille pour faire sauter les bâtisses. Mais à Tigditt, bien qu’on était complètement isolé de la ville, le climat était tout autre, on ne manquait de rien, tous les aliments étaient disponibles ; les légumes, les fruits, la viande, le poisson, nos épiceries étaient bien fournies, nos boulangeries fournissaient le pain quotidien, les terrasses de nos cafés maures ne désamplifiaient pas et pourtant la grande majorité de la population n’avait pas d’ argent parce que les gens ne travaillaient pas du fait qu’ils ont tous quitter leurs emplois par peur de se faire tuer par les pieds noirs. Il y avait une très grande baraka, une baraka inexplicable et inexpliquée, parce que tout le monde mangé à sa faim. Ceux qui n’arrivaient pas à subvenir à leurs besoins, étaient pris en charge par soit par des parents, soit par des amis, soit par des voisins. Il y avait une si grande solidarité, un si grand esprit de nationalisme, un si grand amour du prochain que lorsque on appelait quelqu’un mon ami ou mon frère c’était des mots qui, venaient du cœur, des mots qui venaient du très profond de soi-même. Nos mères faisaient tous les jours soit du Baghrir, soit de la Msemna, soit du Mbeses, soit du Griwech et c’était tout le quartier qui en bénéficiait et qui en mangeait et même certaines personnes qui étaient ciblées parce qu’elles étaient pauvres et habitaient en dehors du quartier. A chaque cuisson elles recevaient leurs parts. Pendant la nuit on avait pour consigne de la part du FLN de respecter un certain couvre-feu et surtout de veiller sur les terrasses de nos maisons et surveiller d’éventuelle infiltration des français dans les quartiers arabes pour faire des plastiquages, parce que c’était monnaie courante dans d’autres villes d’Algérie. Et comme la plupart des terrasses des maisons de Tigditt et surtout de Diar El hanna étaient communicantes, le baghrir, la msemna, le mbeses, se partageait toutes les nuits, de terrasses en terrasses avec soit du café pour rester éveiller soit du thé. Chaque nuit c’est un membre du quartier qui devait nous partager ce qu’il a fait à la maison, parfois c’était juste du café et du pain et comme on n’était pas trop exigeant cela satisfaisait tout le monde. Et le phénomène qui a tout le temps étonné et inquiété les français et qui les a même dissuadé de s'approcher des quartiers arabes c’étaient les applaudissements qui venaient de la ville arabe. Et ces applaudissements étaient organisés par les dirigeants de la révolution. C’était comme une sorte de ola comme on en fait dans les stades, mais au lieu que ce soient des mouvements de corps, c’étaient des applaudissements et on avait pour consigne de n’applaudir que lorsqu’on entend le voisin taper des mains et pas avant et on ne devrait pas applaudir très longtemps, on devait s’arrêter dès que cela est repris par le voisin du bas ou du haut, cela dépend de quel côté vient cette vague, cette onde sonore, c’était très impressionnant de l’entendre et surtout quand elle vient de loin et on est là à attendre qu’elle arrive jusqu’à nous et qu’elle repart vers l’autre bout de Tigditt. Les pieds noirs en entendant ses applaudissements pensaient qu’il y avait des grands responsables algériens qui nous faisaient des discours révolutionnaires et qui étaient applaudis par la population. Les français qui étaient le plus impressionnés c’étaient ceux qui habitaient à l’Avenue Raynal, parce qu’ils sont juste en face de la carrière de El makser et pour se donner du courage ils sortaient leur marmites et leurs casseroles et tapaient dessus en jouant l’air de l’Algérie française. A suivre

Ghali Bentami
Dimanche 10 Juillet 2016 - 17:52
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MOSTAGANEM
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