REFLEXION

Les Irakiens commencent à regretter Saddam Hussein

Finalement, peut-être Saddam Hussein était-il le dirigeant requis pour l'Irak? Il était du parti Baas, parti sunnite au pouvoir depuis 1958. En Irak, il y a 54 % de chiites: donc la majorité chiite est alors dirigée par la minorité sunnite. En 1958, une révolution avait porté au pouvoir le parti Baas, dont les valeurs fondamentales étaient la laïcité et la modernité. Et oui. Qui l'eût cru?



En 1968, Saddam prend le pouvoir comme vice-président de la République avec une volonté de créer une nation irakienne, une puissance régionale: le but est de créer un État-nation arabe, laïque et moderne, qui dépasserait les particularismes religieux et ethniques. Ça a plein de sens! Dans la façon de faire, il y aura quand même répression du nationalisme kurde et du confessionnalisme chiite. Dans les années 70, Saddam se radoucit en expérimentant d'autres méthodes pour intégrer les chiites: il industrialise davantage leur région et se pose comme protecteur des autorités religieuses. MAIS le succès de la révolution islamique en Iran (à 98 % chiite) vient changer la donne: il y a 54 % de chiites en Irak. Pour l'Irak, il y a menaces de déstabilisation du pays avec l'arrivée du charismatique Khomeyni en Iran, le pays voisin. Alors commence la guerre Irak-Iran lancée par Saddam, et on connaît la suite.

Le 10 avril 2003 l'Irak entrait dans
une nouvelle ère
La veille, fatigués par la longue marche et les combats contre les fedayin et les unités irakiennes, les soldats américains avaient pris le contrôle de Bagdad. Partout dans la capitale, la foule détruisait les statues de Saddam Hussein et arrachait ses portraits. Cet État où Saddam était comme "le père de la Nation" s'est effondré et ceux qui, peu de temps avant, prêtaient encore allégeance éternelle au dictateur ont fait partie des premiers à démolir ses statues. "A l'époque de Saddam la situation était meilleure qu'aujourd'hui, peut-on entendre dans un monologue qu'un correspondant du Financial Times a enregistré dans une rue de Bagdad l'an dernier. Que se passe-t-il aujourd'hui? Nous avons une crise économique et l'État islamique. Et au lieu d'un dirigeant corrompu, nous en avons des dizaines." Beaucoup en Irak sont aujourd'hui nostalgiques de l'époque de Saddam Hussein. Il y a encore 14 ans, il était considéré comme un tyran féroce et aujourd'hui on dit avec regret que s'il était resté au pouvoir le pays n'aurait pas connu les horreurs d'une guerre civile. Parmi les Irakiens ordinaires, Saddam devient peu à peu l'incarnation d'un rêve d'une main ferme capable de mettre un terme au chaos. Et pour cause: quoi qu'on pense de lui il n'était pas un obèse à moustache commettant le mal pour le mal.

La famille et le parti
Saddam Hussein Abd al-Majid al-Tikriti est né en 1937 dans la famille d'un berger. Il a grandi avec son oncle, sunnite et vétéran de la guerre anglo-irakienne. C'est cet oncle qui a forgé son caractère et a expliqué au jeune Saddam à quel point il était important d'être attaché à la famille. Depuis, Saddam Hussein a tenu à s'entourer immuablement de proches qui lui assuraient la protection et le soutien nécessaires. Ce n'est pourtant pas la famille qui a conduit Saddam au pouvoir, mais son parti. Le jeune Hussein a intégré le parti socialiste de la résurrection arabe (Baas), dont l'idéologie était un mélange de socialisme, de panarabisme et d'anti-impérialisme. Saddam Hussein a rapidement gravi les échelons, son autorité au sein du Baas s'est renforcée grâce à son courage et à son sang-froid, ainsi qu'à son grand talent de politicien. En 1968, après un coup d'État qui a conduit le parti Baas au pouvoir, Saddam Hussein est devenu vice-président — soit le numéro 2 du pays.

La récompense de l'Unesco
Dans les années qui ont suivi, Saddam Hussein a gagné la réputation d'un politicien efficace et progressiste qui a réussi à rassembler un Irak divisé ethniquement, socialement et religieusement. Le gouvernement du Baas a réussi à instaurer la médecine et l'éducation gratuites, à allouer des subventions aux paysans, construire des routes et desservir tout le pays en électricité. La croissance de l'industrie et de l'économie était très forte. L'Irak prospérait. Le niveau de vie avait augmenté à tel point qu'en 1982, Saddam Hussein a reçu un prix spécial de l'Unesco. Mais la prison ou la pendaison attendaient ceux qui n'appréciaient pas la vie sous la main ferme de Saddam. De facto, il a dirigé individuellement l'Irak depuis le milieu des années 1970 et le coup d'Etat sans violence de 1979, quand il a fait démissionner le président al-Bakr, n'a fait que confirmer l'état des choses réel.

L'ami de tous
Tout allait également très bien en politique étrangère. Saddam Hussein a réussi à défaire le mouvement national kurde de libération en s'alliant avec l'Iran. Moscou comme Washington cherchaient à avoir de bonnes relations avec lui. Les pays occidentaux le percevaient comme un dirigeant excentrique mais séculaire et disposé à une entente. Il entretenait activement cette réputation. En 1979-1980, il a alloué à une église chaldéenne de Détroit (USA) presque un demi-million de dollars, après quoi il a solennellement reçu les clefs de la ville. Saddam avait des relations particulières avec la France. En septembre 1975, Saddam Hussein a visité pour la première et la dernière fois ce pays occidental en se rendant à Paris pour rencontrer le premier ministre Jacques Chirac. Selon certaines informations, Saddam finançait les gaullistes tout en enrichissant les hommes proches de Chirac en échange de fournitures d'armes françaises et d'une aide pour le programme nucléaire irakien.

 

Ismain
Mercredi 12 Avril 2017 - 19:58
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ACTUALITÉ
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