REFLEXION

Les Chinois et le dessalement des sols du haut Chellif

Si on croit cet article on se mettrait à rêver d’un nouvel eldorado – de quoi s’agit –il en vérité – le premier projet sur fonds propres chinois dans la station expérimentale d’el hmadna (wilaya de Relizane ) a porté sur une trentaine d’hectares qui devait être dessalés. Procédé révolutionnaire dit-on dans l’article T.S. A ‘’Je vous rassure que les Chinois pas plus que les autres n’ont découverts l’eau tiède en matière de bonification des Salisols et des Sodisols.’’



Le procédé utilisé est aussi classique et vieux que la station d’el hmadna montée par J. DURAND, J.Boulaine – P. Simonneau et leurs collaborateurs. En ce temps-là c’est à dire dans les années 1940 et 1960 la station de Hmadna, la ferme blanche et d’autres stations de recherche faisaient trembler le monde des sciences du sol, rien de sérieux à l’échelle mondiale ne se faisait sans l’apport de l’Algérie.
Je tiens cet aveux de Durand à Montpellier et de Servat de l’école d’agronomie de Montpellier « c’est en Algérie qu’on peut faire de la pédologie » curieux comme une fouine, je demandais à Durand le pourquoi et le comment de la question – sa réponse est fluide et claire comme l’eau de roche. il existe chez nous, et c’est comme ça qu’il parle de son Algérie, une relation entre la géomorphogenèse et la pédogenèse qui n’existe nulle part ailleurs. Cette équation a été mathématisée par ce chercheur.
Revenons à nos chinois les débroussailleurs des sols salins, les faiseurs de miracles :
- En procédé, ils aplanissent le sol en créant une pente <à 2% pour permettre les écoulements d’eau et installent un drainage à 2mètres. Procédé qui par ailleurs est connu depuis que les Assyriens et les Babyloniens les ancêtres des mal aimés arabes ont introduits l’irrigation agricole moderne. Pour les sceptiques, racistes anti-arabes primaires, je conseille pour leur culture primaire l’excellent ouvrage documenté “ recherches sur les arrosages chez les peuples anciens” de François Jaubert de Passa (avril 2016).
- des drains installés à + de  2 mètres c’est excessifs et couteux pour les résultats attendus, 1, 20 m suffisent largement pour le développement racinaire de toutes les espèces herbacées.
- Les Chinois comme tout l’univers scientifique, ils amendent au gypse pour diminuer le taux de sodium échangeable avec l’apport d’une matière qui tenez vous bien, ces découvreurs de l’eau tiède tiennent au secret,
Quel est le secret de cette poudre de Perlimpinpin? Il ne s’agit que d’un acide fulvique concentré qui améliore l’effet gypse sur la stabilité structurale. - Chinois ou autres peuples, ceci démontre que les nations ne défendent que leurs intérêts mercantiles.
- ne vous égarez pas je ne veux que du bien aux chinois et sans aucune animosité sauf que je n’admets pas de me laisser fouiner les yeux ouverts- ça je ne peux l’admettre et comme on dit le maçon on le reconnait devant son mur.
- Là où les chinois font nuls c’est qu’ils oublient de rabattre la nappe qui titre à plus de 6, 5 dS m-1 – s’agissant d’une salinité interne liée à la nappe quoi qu’on fasse si on ne s’attaque pas à la racine du problème, il reste entier.
-Les pédologues avaient de leur temps construit une station de rabattement, c’était le temps où el hmadna faisait trembler la pédologie des sols salins à l’échelle mondiale.
- In fine cette histoire fait montre de l’idée « crasse » que se font nos responsables de l’ingénierie indigène – Aucune confiance en nos capacités, exister pour eux , il faut venir d’ailleurs ou faire un voyage aller/retour et sucré son C.V par des intonations du style « j’ai découvert le bronze et j’ai fait chauffer le fer ».
- Je rejoins le coup de gueule du professeur Abdelguerfi « oui à l’INA, à l’ITA et ailleurs » nombreux sont les ingénieurs qui ont toutes les connaissances et en sus l’amour du pays pour faire au moins autant que les vénérables hommes du levant.
- 5 milliards de DA c’est le cout affiché de l’entreprise. De mon point de vue c’est chèrement payé pour :
- cultiver une parcelle de 2 ha de luzerne très mal au point, - installer un drainage inefficient sur une trentaine d’ha, - un verger de 1 ha qui pour l’instant peine à rentrer en production, - un laboratoire de physique des sols clapotant, - une serre de 200 m2, - il est vrai que c’est sur fonds propre, un don chinois ou une ristourne du gouffre d’argent et de dilapidation que fut l’autoroute chinoise.
- En matière de salinisation secondaire 40.000 ha du haut chellif ont été perdus à l’agriculture par ce phénomène de remontée des sels,
- 17. 000 ha à Mohamadia et Mactadouze sont perdus,
- d’autres par méconnaissance y mettent les sols de la plaine des bordjias- le projet a existé, une feuille pédologique a été dressée par J. Boulaine (connue sous le nom de feuille de Debrousville ex Fornaka) mais à aucun moment, ce périmètre n’a été bonifié et si on s’en tient à J. Boulaine, il dit de cette plaine “ ce serait une entreprise impossible trop couteuse pour dessaler ces sols).
- La Seibouze, la plaine de Zeramna, le haut et le bas Mazafran, la vallée de l’oued Nil , la vallée de la Soummam dont les pertes ne sont pas chiffrées,
en vérité toutes les plaines et vallées du nord de l’Algérie sont ou seront soumises à ce phénomène de salinisation secondaire - pour l’instant les autorités font dans l’incantation. Ils laissent cette impression que l’Algérie est soumise à autant d’humidité que la lointaine chine et est ce ce mirage qui les pousse à chercher la solution chez eux.
- Le phénomène prend plus d’ampleur sur les hautes plaines arides et semi-arides et les confins du Sahara par la nature des roches et les sécheresses récurrentes.
- Faut-il encore faire appel aux chinois ou enfin réconcilier l’agronomie et sa partie sensible les sols avec la science et l’ingénierie locale.
me semble t -il la question des sols et à plus forte raison celle de la salinité primaire et/ou secondaire de la mise en valeur de ces vastes étendues est trop sérieuse pour la confier par dessus ou sous le bureau à une quelconque ingénierie qui au demeurant reste qu’elle fasse d’abord ses preuves en climat méditerranéen.

 

Saci Belgat
Samedi 17 Septembre 2016 - 19:31
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