REFLEXION

Le wali de Mostaganem veut restaurer la "Casbah de Tigditt"

Après avoir était oublié pendant cinq décennies, et que nulle APC n’a jugé prioritaire, d’opérer une réhabilitation du quartier populaire de Tigditt, berceau des chouhada et le charbon de la Révolution à Mostaganem, voilà, enfin que le wali de Mostaganem, M.Maabed Ahmed décide de lancer de grands travaux de réhabilitation de cette fameuse cité, un acte de reconnaissance envers ce quartier qui a résisté au colonialisme durant la guerre d’Algérie et qui résiste encore face à la marginalisation sous les yeux de la mairie dirigée par des élus, résidant même dans ce quartier.



Le wali de Mostaganem, qui aurait donné des instructions strictes à ses lieutenants pour démarrer les travaux en urgence, a pris en considération, les aspects culturel et social sur lesquels se fondent certaines recommandations de la population de Tigditt pour conserver sa mémoire et sa culture considérées longtemps comme un édifice, à l’image de la ‘’Casbah de Mostaganem’’.   
Nous n’avons pas un aperçu large sur le nombre et la qualité des projets  programmés par le wali dans ce quartier. Ce qui est sûr, c’est que le wali s’intéresse beaucoup plus à rendre l'image plaisante et rassurante d'un quartier beau, paisible. Pour exemple, le wali, projette la restauration du Ciné-Lux, le bitumage des routes principales, l’enlèvement des débris suite à la dernière opération de démolition des habitations précaires comme celle de l’ancien centre de santé, création d’espaces verts et la réhabilitation de la fameuse plage de Sidi Medjdoub, considérée, toujours comme la Mecque des jeunes et des vieux  estivants de Tigditt.

L’association du Renouveau s’implique
Sur ce sujet, l’association du Renouveau, dirigée par l’ancien cadre de la nation M.Khelifa, a réagi à l’annonce du wali et soutienne son programme, tout en l’incitant à prendre en charge l’aspect historique du vieux quartier de Tigditt.
‘’Rénovation, réhabilitation, et restructuration’’. Certes nous convenons que Tigditt qui fût laissé pour compte ; aura enfin sa part aujourd’hui en matière d’aménagement sur le tissu urbain et autres et c’est tant mieux, mais de grâce ne donnons pas des solutions conjoncturelles à une situation structurelle d’autant plus que la tutelle admet dans ses discours que la requalification urbaine ne se limite pas seulement à la réparation et à l’entretien du bâti et son entourage urbain mais répondre aux fonctions urbaines dans le but de, à la fois d’améliorer et de promouvoir leurs qualités urbanistiques et architecturales et à améliorer les conditions de vie de cette population,’’ écrit M , Kkhelifa Mohamed sur sa page internet.  Et d’ajouter : ‘’La réhabilitation d’un tissu urbain telle que les Mostaganémois la conçoivent et le souhaitent, est claire; elle doit constituer tout d’abord et sans aucun doute une réponse efficace aux problèmes des habitants à revenus modestes voire pauvres, comme il s’agit également d’une réponse aux difficultés des propriétaires des maisons anciennes et leurs locataires. La réhabilitation efficace à notre avis ne peut se faire sans tenir compte de la notion de développement durable, conclut le président de l’association du Renouveau.

Tigditt face au problème de l’habitat précaire
C’est une bonne et forte initiative de la part du Wali de Mostaganem de réhabiliter le quartier historique de Tigditt, mais comment peut-on le faire avec toutes ces habitations précaires abandonnées par leurs propriétaires ? Un vrai problème que le président de l’association a essayé d’expliquer au premier responsable de la wilaya sans le vouloir le faire dévier de son projet.
Il écrit : ‘’Comment peut-on réhabiliter ce quartier pour améliorer les conditions de vie de ses habitants, alors qu’il existe encore des maisons abandonnées par leurs propriétaires d’origine et loués aux pièces qui ont toujours présentés le problème d’insalubrité et d’entassement de la population dans des conditions inhumaines et que même le programme de RHP à lui seul ne peut résoudre compte tenue de la densité démographique relativement importante dans ces quartiers. Selon les sources de l’URBOR, les maisons anciennes recensées à Tigditt sont au nombre de 1070.’’

Casbah de Tigditt, selon le défunt chercheur Bourahla
Sur le quartier de Tigditt, le regretté Bourahla Abdelkader, historien, chercheur  a bien décrit dans les détails la véritable image du quartier de Tigditt :’’la  « Casbah » de Mostaganem, autrefois appelée le Caire, El Kahira’’, disait-il.
Lisons la contribution du feu Bourahla Abdelkader, publiée sur le site Mostaganem Aujourd’hui :
Tigditt, c'est la Zaouia Allaouia, la tariqa Aissaouia, c'est les Gnaouas, c'est Sidi Hamou Cheikh, c'est la Medersa, c'est aussi l'école Jean-Maire, qui a formé les premiers lettrés  algériens de la ville, c'est aussi l'école des Tapis qui a formé les premières Mostaganémoises, qui se sont attelées à une époque difficile, à apprendre malgré elles afin d'affronter une situation difficile sous le joug Français avec dignité (...)Tigditt, c’est le port de Haik (Kessa) qui faisait la fierté des Mostaganémoises (…) Tigditt c'était aussi ce petit peuple d'antan, qui connaissait le sens de l'hospitalité, de l'honneur et des convenances (…) Tigditt c'est Souika El fougania et tahtania, deux endroits d'où sont nés tous les mythes, ou le contraste populaire s'est toujours conjugué aux mœurs et aux traditions, où éternellement s'est faite et s'est défaite la trame de la vie des Mostaganémois (…) Tigditt, c'est les saints Sidi Maâzouz, Sidi Boumheouel, Sidi Allel M'Hamed, Sidi Yakoub, Sidi Maâmar, Sidi Bensenouci, c'est Lala Khadouma, Sidi M'hamed El Medjoub, Sidi Keddai Essouala et tous les autres, et dont nous avons fait reste le phare qui ne cessera jamais d'éclairer la ville de Mostaganem et ses habitants.
Tigditt, c'est El Maksar, El Carrière, El Meterba, Moulin Biguor, c'est aussi Kaddous El Meddah, Bordj Ettork, un vestige du passé qui a été construit au XV siècle; celui-ci la surplombe, avec une vue sur la baie d'Arzew, appelé Fort de l'est, il domine toute la cité imperturbable, depuis plus de VI siècles et plus (…) . Tigditt, c’est également la période de fusions culturelles et d’acculturations réciproques dotant la région d’un puissant patrimoine historique et cultuel. « la fusion des populations, n’a pas été sans acculturation réciproque, il s’est produit deux phénomènes importants pour l’avenir linguistique et culturel de cette région (l’Oranie) : l’arabisation linguistique presque complète des Berbères et un autre phénomène dont on ne parle pas assez, et qui est la berbèrisation culturelle des Arabes. Tigditt sera le creuset dans lequel vont fondre toutes nos valeurs et deviendra un haut lieu de rayonnement religieux et mystique, un très haut lieu culturel et un très haut lieu de sociabilité. La population de Tigditt devient et restera une grande famille malgré la diversité ethnique qui la compose.

 

Riad
Samedi 23 Mai 2015 - 20:44
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