REFLEXION

Le travail de déstabilisation continue au FFS

À la veille de l’ouverture de la session ordinaire du conseil national du FFS, trois anciens secrétaires nationaux (Mustapha Bouhadef, Ali Karboua et Djoudi Mammeri) sortent une déclaration dans laquelle la direction actuelle du parti est prise à partie. Bien que celle-ci ne soit pas infaillible, il n’en reste pas moins que, jusqu’à preuve du contraire, elle est en conformité avec les orientations fixées par le président, Hocine Ait Ahmed. Toutefois, si ces anciens premiers secrétaires avaient été dans le parti, les militants auraient compris certains de leurs griefs.



Le travail de déstabilisation continue au FFS
Or, depuis quelques années, ils ont mis leur activisme en sourdine. Par ailleurs, profitant de la disposition de la presse à tordre le cou au FFS, ils utilisent leurs colonnes pour lancer une campagne de déstabilisation contre le parti dirigé par Ait Ahmed. Encore une fois, bien que le parti et la direction nationale puissent être critiquables, il n’en reste pas moins que la démarche des trois anciens secrétaires ne contribue nullement à réaliser le large rassemblement, un concept cher à Hocine Ait Ahmed. « Conscients des implications désastreuses pour la démocratie et l’Algérie d’un abandon par l’actuelle direction, des valeurs et idéaux du FFS, nous soutenons toute initiative allant dans le sens du rassemblement et appelons tous les cadres, militants et sympathisants qui ont porté (et continuent à le faire) les principes du FFS à dépasser tous les clivages et les différences d’appréciation que le parti a connue depuis sa création », écrivent-ils. Ainsi, à la lecture de ce passage, un militant de base va se dire que le parti d’Ait Ahmed a vendu son âme. Et pour cause ! On annonce l’abandon des principes du FFS par l’actuelle direction, mais on ne dit pas comment, par qui et dans quel but tout cela a été fait ? Ces coups d’estocades –et c’est le moins que l’on puisse dire –sont tellement forts que le militant, à un moment donné, est désemparé. D’ailleurs, cela est perceptible sur le terrain. De toute évidence, pour qu’il y ait une réelle décantation, il faudrait se poser quelques questions. Est-ce que le FFS a abandonné son combat pour l’instauration de la démocratie en Algérie ? La réponse est non. Va-t-il rejoindre le gouvernement, un signe du ralliement au pouvoir? La réponse est également négative. En tout cas, les détracteurs du FFS n’arrivent pas à nous éclairer sur cette éventuelle compromission en étayant leurs arguments par des preuves palpables. D’une façon générale, pour analyser les causes de la crise, celle-ci n’est pas survenue ex nihilo, pourrait-on dire. A ce titre, la direction n’est pas exempte d’erreurs. Néanmoins, bien que les débats promis avec la base n’aient pas été menés convenablement dans les communes où il n’y avait pas de sections, il n’en reste pas moins que la participation a été tranchée de façon consensuelle. Après l’élaboration des listes, les candidats déçus ont, à leur tour, failli. D’ailleurs, ce que les anciens secrétaires nationaux  omettent de signaler c’est que la contestation s’est manifestée, dans le premier temps, suite au refus de quelques candidats à la candidature d’accepter leur classement sur les listes. Ce qui représente en politique un manquement flagrant. « L’éthique politique commence avec le respect de nos propres décisions », écrit Hocine Ait Ahmed dans une note du 21 mai 2012. Toutefois, pour maquiller leur fronde, ils accusent la direction nommée par Ait Ahmed, mais ne remettent jamais en cause ce dernier, d’avoir livré le parti à un clan du pouvoir. Quoi qu’il en soit, bien que le vote soit déjà passé, nos anciens secrétaires nationaux contestent toujours le choix politique du parti. D’où la question qui taraude l’esprit : comment peut-on appeler au rassemblement et être contre tous les choix du parti ? « Nous avons alerté les instances dirigeantes du parti sur les risques qui pèseraient sur la cohésion et la pérennité du parti en participant au scrutin du 10 mai… », protestent-ils. Toutefois, il est quand même bizarre de voir des cadres qui ont abandonné le parti se soucier, à ce point, de son avenir. N’est-il pas plus judicieux de rester dans le parti afin qu’ils fassent ce travail consistant à alerter l’opinion en cas de dérive ? En tout état de cause, pour que le lecteur ne se perde pas, il est utile de revenir brièvement sur les raisons qui ont amené le FFS à participer aux élections du 10 mai. Bien que le président ait rappelé, dans son message du 2 mars 2012, son respect pour l’option du boycott [c’est en toute sérénité que le parti doit aborder cette étape de son parcours, et dans le respect de tous ceux qui, hors du parti, défendront de manière respectable d’autres visions que la notre], il a estimé que le parti devait s’engager dans cette bataille électorale. En effet, on comprend aisément que nos anciens secrétaires rentrent dans la catégorie que le parti respecte pour leur choix différent du sien. Cependant, définissant le choix tactique du parti, Ait Ahmed écrit : « Je considère que la participation à ces élections est une nécessité tactique pour le FFS qui s’inscrit en droite ligne de notre stratégie de construction pacifique de l’alternative démocratique à ce régime despotique, destructeur et corrompu ». En effet, dans l’état actuel des choses, il est évident que la situation de l’Algérie ne peut pas être sauvée par à une participation aux élections. Le moins que l’on puisse dire c’est que le mal est trop profond. La dictature s’est tellement enracinée que l’exercice politique est relégué au second plan. Ce qui fait que les enjeux électoraux ont du mal à être compris. S’exprimant sur le retard ayant retenu l’Algérie de se rapprocher des vraies démocraties, Ait Ahmed écrit, dans un message adressé à la convention nationale, le 17 février 2012 : « Nous aurions même, plus modestement, pu être occupés par un débat sur les modes de scrutin ou les prérogatives institutionnelles de telle on telle assemblée et cela n’aurait pas été déprimant, compte tenu de l’évolution permanente des conditions de l’exercice politique et démocratique à travers le monde et l’histoire ». Hélas, ce régime nous contraint, un demi-siècle après l’indépendance, à débattre de l’utilité de participer ou non aux élections, argue-t-il. Pour autant, la participation ne visait nullement à venir au secours du régime, mais en faveur de l’Algérie exposée aux multiples dangers. En effet, bien que le régime ait agité la menace étrangère dans le but de faire peur, le FFS a expliqué que ce risque était possible en cas du recours à la voie violente. Dans ce cas, les puissances occidentales n’hésiteraient pas à intervenir  en vue de sauver leurs intérêts colossaux dans le Sud algérien. Par ailleurs, les accusations sans preuve d’un deal avec une partie du pouvoir n’aident nullement à engager un débat franc, serein et sincère entre les militants. Alors qu’il est exclu que le parti rejoigne le gouvernement, préside une commission parlementaire et brigue une vice-présidence du parlement, nos anciens secrétaires nous parlent encore d’un rapprochement avec le pouvoir. Tout compte fait, s’il n’y avait pas ces annonces par le parti, les militants auraient douté d’un changement de cap du parti. Car il est un secret de polichinelle que lorsqu’un parti rentre dans un gouvernement, il n’est plus de fait un parti d’opposition. Mais, jusqu’à preuve du contraire, cette option n’est pas envisagée. Par conséquent, avant de critiquer les autres, il va falloir d’abord corroborer ces allégations en présentant des preuves matérielles. Sinon, les appels au soi-disant rassemblement  ne servent qu’à plonger le parti dans une crise abyssale. 

Ait Benali Boubekeur
Mardi 26 Juin 2012 - 10:35
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ACTUALITÉ
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1.Posté par salim le 27/06/2012 09:40
fort heureusement qu'Ait ahmed ne gère que le FFS, qu'allons nous dire si celui là aurait appeler a diriger le pays, ça sera une grande catastrophe.

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