REFLEXION

Le suicide, un phénomène inquiétant



Les médias y manifestent un intérêt soutenu. Ils tirent, depuis plusieurs mois, la sonnette d’alarme sur ce qui est désormais devenu un « fléau social ». Le suicide est en perpétuelle augmentation dans notre pays. Plus qu’un phénomène de société, le suicide est en passe de devenir en Algérie l’une des principales causes de mortalité après les accidents de la route et certaines maladies dites lourdes (114 en 2005, 169 en 2006, 177 en 2007 et plus de 188 en 2008 et 200 en 2009), selon le statistiques de la gendarmerie nationale, publiées tout récemment. Sur les 200 cas de suicide, il est mentionné 49 femmes. Comparativement à l’année 2008, le nombre de suicide a augmenté de 60 cas. 375 tentatives de suicide ont été enregistrées dont 255 concernent les femmes. En dépit de la mise en garde des spécialistes qui ont tiré maintes fois la sonnette d’alarme, le désintérêt des pouvoirs publics pour le phénomène est manifeste. Et malgré les nombreux articles de journaux faisant état d’une augmentation du nombre de suicides et la multiplication de séminaires et rencontres autour de ce phénomène, aucune campagne de prévention ou d’information n’a été initiée en ce sens. La récurrence de l’information autour du suicide a amené des observateurs à évoquer un possible phénomène d’épidémie. Les causes sociales sont identifiables et le phénomène de généralisation, dont elles pourraient être responsables, donne toute leur signification au passage à l’acte suicidaire solitaire. Si la dépression est généralement la cause directe du suicide, les conditions socio-économiques sont aussi facteurs d’exacerbation de l’état dépressif. Ainsi, les chômeurs sont souvent les premiers sur la liste des suicidés, signe que le marasme social peut fragiliser encore plus les personnes déjà vulnérables psychologiquement, résument les spécialistes, d’autres facteurs aggravants sont aussi recensés, tels les troubles psychiques et la dépréciation des valeurs familiales et sociales. Les ingrédients sont néanmoins réunis pour faire du passage à l’acte suicidaire, un événement qui peut se généraliser dans notre pays et confirmer à l’épidémie. « L’épidémie est un fait social, produit de causes sociales… » Avait écrit, justement, Emile Durkheim. Dans notre pays, de nombreux chiffres sont avancés, ils ne sont pas officiels et ne peuvent être utilisés pour un diagnostic sérieux de la situation. Des statistiques officielles existent dans les pays développés. Elles sont publiques. Elles ne reflètent pas toujours la réalité avec exactitude, mais elles ont le mérite d’exister et de servir de base de travail et de réflexion aux pouvoirs publics des pays concernés. La dissimulation du suicide, comportement qui n’est pas pour faciliter à étudier le phénomène, est particulièrement observée dans notre société. C’est une donnée universelle. Elle reste valable en Algérie, pays musulman, où le poids des traditions et de la religion est très important.

Amara Mohamed
Lundi 15 Février 2010 - 23:01
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CHRONIQUE
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