REFLEXION

Le premier Ministre Abdelmalek Sellal face aux conditions de réalisation du nouveau modèle économique

Pour le premier ministre Abdelmalek Sellal, en marge du 17ème Salon international du Tourisme et des voyages (SITEV) le 14 mai 2016, a indiqué que la situation engendrée par la chute des prix des hydrocarbures a incité le gouvernement à revoir son modèle économique, l'Algérie a les potentialités de surmonter la crise. Selon mon humble avis, contrairement à certains discours voyant déjà l’Algérie au bord du gouffre, le pays n’est pas en faillite. Malgré une situation difficile, il faut le reconnaître, la situation actuelle, le monde traversant à la fois une crise économique et morale, la lutte contre la corruption et l'évasion fiscale devenant une urgence de sécurité mondiale qui sera au centre de plusieurs rencontres internationales aux plus hauts niveaux entre 2016/2017, est différente de la crise de 1986 avec le niveau relativement élevé des réserves officielles de change, bien qu’en baisse et le niveau historiquement bas de la dette extérieure.



Mais, il faut être réaliste, l’Algérie, mono exportatrice d’hydrocarbures à 98/%, y compris les dérivées  ne pourra  surmonter les «chocs» externes que sous réserve de huit   conditions, objet de cette présente contribution
 1.-Une nouvelle gouvernance devant investir dans les institutions démocratiques  tenant compte de notre anthropologie culturelle devra  réaliser  la symbiose Etat-citoyens, se fondant sur une plus grande moralité tant des dirigeants que de la société afin de redonner CONFIANCE sans laquelle aucun développement n’est possible. Cela passe  par un langage de vérité loin de toute vision populiste  nécessitant  l’émergence de leadership et le  primat à l’économie de la  connaissance fondement de la maîtrise  des technologies en perpétuel innovation mais également favoriser l’esprit critique  renvoyant à l’émergence d’une élite intellectuelle relativement autonome.  
2.- Avec les tensions géostratégiques qui s’annoncent au niveau des frontières de l’Algérie et généralement au niveau de la région africaine et euro-méditerranéenne , une mobilisation de toute la Nation, personne n’ayant le monopole du nationalisme, car les ajustements économiques et sociaux 2016/2020  avec les réformes structurelles, seront douloureux  nécessitant un minimum de consensus social d’où l’importance  de réseaux décentralisés  tant internationaux que locaux  et donc d’intermédiations politiques  économiques  et sociaux  crédibles.
3.-Une réorientation  de la politique socio-économique pour une  transition de la rente au marché (démonopolisation par une  saine concurrence  et débureaucratisation de la société et de l’économie),    tenant compte  de la quatrième révolution industrielle L’on devra éviter tant l’illusion monétaire que le mythe de l’ère mécanique du passé nécessitant des stratégies d’adaptation  tenant compte tant des nouvelles mutations mondiales que des mutations sociales internes avec la pression démographique engendrant des besoins croissants, devant concilier l’efficacité économique et une profonde justice sociale( pas l’égalitarisme)  qui n’est pas l’antinomie de l’efficacité.
4.-Lié au facteur précédent asseoir une politique de développement réaliste, libérant toutes les énergies créatrices, entreprises publiques er privées nationales et internationales sans distinction créant la richesse, mettant fin aux contraintes d’environnement par  un assainissement du climat des affaires,  évitant le mythe croire que des  Lois sont la solution , éviter le changement perpétuel d’organisations et de  cadres juridiques,  alors qu’il s ‘agit de s’attaquer au fonctionnement de la société, tenant compte des avantages comparatifs mondiaux. Les segments à promouvoir sont  les segments agricoles, les nouvelles technologies,  certains segments  industriels au sein   de filières internationalisées  et  du tourisme devant favoriser le partenariat gagnant/gagnant par la prise  en compte de la concurrence internationale pour attirer les  IDE. Par ailleurs,  on n’intègre  pas la sphère informelle au sein de la sphère réelle par des discours de   sentiments  des mesures monétaires déconnectées de la réalité sociale, ou des mesures administratives mais par la mise  en place de mécanismes  de régulation transparents.
5.-Assouplir la règle des 49/51% généralisée( faire le bilan depuis 2009)  à tous les secteurs, reposant sur l’idéologie rentière,  inopérantes, où l’Algérie supporte tous les surcouts, devant définir  avec précision ce qui est  stratégique, notion historiquement  datée  et ce qui ne l’est pas, en introduisant une minorité de blocage pour éviter  les  délocalisations sauvages. Les assainissements répétés de certaines entreprises publiques ne sont plus tenables.
6.-D’ores et déjà prévoir un nouveau modèle de consommation énergétique reposant sur un Mix énergétique ( le baril à plus de 80 dollars c’est terminé), le monde s’orientant  vers   une profonde mutation énergétique avec un  nouveau Pouvoir énergétique mondial,  devant éviter de raisonner sur un modèle de consommation énergétique linéaire  du passé.
7.- Une  nouvelle politique des transferts sociaux et des subventions ciblées  devant aller  aux catégories les plus défavorisées et aux secteurs créateurs de valeur ajoutée  d’une manière transitoire en attendant que le prix du marché reflète la véritable valeur reposant sur la production et la productivité réelle dans le cadre des valeurs internationales.
8.-Afin d’éviter  l’amenuisement   des réserves de change  qui tienne la valeur du dinar algérien, l’emploi et le niveau  de la dépense publique  via la rente des hydrocarbures  à plus de 70% , aller vers un endettement ciblé uniquement pour les segments créateur de valeur  ajoutée qui permettent de rembourrer le principal et les intérêts.
En bref, un sursaut national s’impose, si l’on veut éviter l’épuisement du  fonds de régulation des recettes fin 2016,  début 2017, des réserves de change 2018/2019, le  processus inflationniste, la détérioration du pouvoir d’achat  et un  taux de chômage accéléré, tout cela  pouvant conduire à la déstabilisation du pays avec des incidences régionales. La  réforme globale concerne les institutions (bureaucratie devant aller vers la décentralisation réelle et non la déconcentration), le système financier, le système socio-éducatif et l’épineux problème du foncier impliquant une visibilité et cohérence de la politique socio-économique évitant ces discours contradictoires  et ce  télescopage entre différents départements ministériels. La solution réside avant tout  en les Algériens, devant éviter de voir l’ennemi de l’extérieur cause de tous nos maux afin de voiler les difficultés internes. Avec  des  objectifs stratégiques précis, le retour à la confiance ,  la moralité  de ceux qui sont chargés de gérer la Cité afin de pouvoir mobiliser la population, en évitant de dépenser sans compter et  de profondes réformes structurelles, micro-économiques et institutionnelles, certes difficiles, car déplaçant d’importants segments de pouvoir assis sur la rente, l’Algérie peut traverser cette phase difficile . Elle en a les moyens, surtout humaine, richesse bien plus importante que toutes les ressources en hydrocarbures. Aussi évitons tant la sinistrose gratuite que l’autosatisfaction déconnectée des réalités, source de névrose collective.  

 

Dr Abderrahmane MEBTOUL
Lundi 16 Mai 2016 - 18:16
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