REFLEXION

Le paysagiste français, David COUZI, se confie à Réflexion



Le paysagiste français, David COUZI, se confie à Réflexion
En marge de son petit séjour à Mostaganem dans le cadre d’un séminaire de formation des jeunes paysagistes organisé par l’association du quartier Colonel Lotfi ex-Raisinville à Mostaganem, dont Le jeune paysagiste français, David COUZI a répondu favorablement à l’invitation de ladite association Vous souhaitez contribuer à la  formation pratique des jeunes paysagistes Mostaganémois ,le journal Réflexion a interviewé ,le paysagiste français, David COUZI .
Reflexion : « Monsieur David Couzi pouvez-vous nous dire vos premières impressions à la fin de ce stage de formation et les motifs qui vous ont fait choisir cette profession de paysagiste ? »
David C. : « L’échange culturel, professionnel et associatif avec l’association Colonel Lotfi fut vraiment intéressant et riche pour moi d’enseignements et de découvertes.
Travaillant dans le domaine de l’aménagement du paysage depuis plus de cinq ans et deux ans à mon propre compte, je vois évoluer les tendances et la dynamique de ce secteur. Le paysagiste est celui qui aménage les espaces, privés ou publics à l’aide de ses connaissances afin de créer ou de modifier un espace en fonction de la demande. Cette profession mélange donc terrain et proximité avec la nature mais aussi créativité et recherche. »
 « Comment percevez-vous  le rôle des jardins dans notre société ?
David C : « Le rôle des jardins dans notre société n’est plus à prouver ? Du jardin d’agrément à l’esthétique soignée, au jardin productif, fruits et légumes, le jardin est devenu un facteur social indissociable de la qualité de vie. A travers le monde les villes grandissent et d’une population rurale et agricole nous sommes passés à une population urbaine. L’artificialisation des espaces absorbe le territoire, la campagne, les espaces naturels et le mode de vie urbain prend de l’ampleur. Certaines villes prennent en compte les erreurs du passé : construire de l’habitat sans penser aux jardins et zones vertes urbaines.  Cette erreur moderne est responsable de stress, de l’apparition de maladies chroniques comme l’asthme mais aussi de la destruction du tissu social et de l’échange en milieu urbain. Les jardins et les espaces verts créent des zones neutres appartenant à l’espace public. Ainsi ils permettent aux populations urbaines de se retrouver, d’échanger mais aussi créent des respirations urbaines et paysagères où la nature est mise en évidence. C’est la fonction sociale des jardins et espaces verts. La fonction environnementale de ces zones est primordiale et ces espaces deviennent aussi le refuge de la faune et de la flore, permettent à l’air de s’épurer, produisent de l’oxygène et favorisent la biodiversité.
Comment voyez-vous une possible évolution des mentalités sur ce point précis que vous venez de décrire ?
David C. : « Comment changer les mentalités et faire évoluer le paysage urbain et les habitudes d’occupation des sols ? Simplement par un travail de sensibilisation comme le fait l’association du Colonel Lotfi au sein de Raisinville. J’ai ainsi pu découvrir une jeunesse curieuse et motivée par un domaine et un métier qui est sous représenté et pourtant si essentiel dans nos sociétés modernes. Ces jeunes ont pu me montrer qu’une dynamique peut naître par la découverte d’un métier et qu’ils représentent les ambassadeurs d’une profession. Mais qu’en est-il en Algérie des formations autour des métiers du paysage ? Une inégalité territoriale est constatable au niveau des sites de formation et des différentes spécialisations. Ce déficit bloque la volonté de beaucoup et va même jusqu’à faire oublier l’existence de tels métiers. Ce que j’ai vu en Algérie c’est une population ouverte sur le monde, jeune et vraiment motivée pour s’inventer son avenir et sensible aux questions d’environnement, d’écologie et d’amélioration du cadre de vie. Les algériens sont adeptes du positivisme et ont une force qui a malheureusement quittée certains pays. Les métiers du paysagisme sont tellement vastes qu’ils pourraient créer beaucoup d’emplois et en même temps modifier le paysage urbain et faire changer les consciences.
Au moment de quitter l’Algérie, pouvez-vous nous dire les sentiments qui vous habitent ?
David C : « Je remercie ces élèves qui par leur enthousiasme et leur motivation m’ont donné encore plus envie de continuer mon métier ainsi que la transmission et la sensibilisation autour du paysage et de la nature. Je tire mon chapeau à ceux qui composent cette association, qui la font vivre et qui participent à l’enrichissement culturel de tout un quartier. Je tire mon chapeau envers les responsables de l’association toulousaine Viaduc midi Pyrénées pour leur rôle d’intermédiaire, tout aussi impliqué sur la découverte de l’autre et des cultures  françaises et algériennes. Enfin mes pensées vont aux algériens en général et en particulier à ceux qui m’ont accompagné, invité et hébergé durant ce séjour plein de rencontres. Le potentiel est là, la connaissance et le savoir aussi, faisons tout pour le transmettre et le développer. »  
            Interview réalisé par Riad

Riad
Dimanche 27 Octobre 2013 - 22:00
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MOSTAGANEM
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