REFLEXION

Le marché parallèle : Les fabriques de la mort

« Les fabriques de la mort » : ruine de la santé et de l’économie en face d’une complicité partagée et d’un laxisme délibéré, elles sont devenues une partie prenante du décor de notre économie moribonde, qu’une économie performante de marché vient de terrasser sur son sol.



Le marché parallèle : Les fabriques de la mort
Elles existent à travers des caves d’immeubles, des caves vinicoles longtemps abandonnées, mais dont la majorité de ces dernières viennent d’être acquises au dinars symbolique par les gros bonnets qui les ont transformées en unités clandestines de production, des lieux, souvent en retrait et éloignés surtout des services du fisc qui viennent des fois, y fouiner dans leurs « affaires louches » elles produisent des produits alimentaires, et d’hygiène corporelle et domestique, des articles vestimentaires sans le respect des normes internationales, et surtout sans la moindre règle d’hygiène….Ce sont « les fabriques de la mort » dont tout le monde parle, mais aucun n’ose les condamner en luttant contre leur existence si néfaste pour la santé des citoyens et la ruine de l’économie en échappant totalement à tout contrôle. Il est 21 heures, une pluie fine tombe encore, le gardien d’une cave vinicole « Lorenzo père et fils » transformée pour la circonstance en une fabrique clandestine, perdue à travers l’une des communes de la wilaya, continue de faire les cents pas en somnolant déjà, sous son parapluie, la musique d’un tube de « raï » de son portable le fait sursauter, il vient de recevoir un appel pour le chargement nocturne de la marchandise produite durant le jour, selon ma source d’information qui m’assure également que, d’ici une heure, un camion frigo sera là et se chargera de gros cartons et prendra une direction inconnue, après une quinzaine de minutes, un camions frigo, immatriculé à la wilaya de Relizane, se gare, deux jeunes gens, habillés avec des survêtements en descendent, remontent le rideau métallique, et chargent au bord du véhicule, une vingtaine de ballots cartonnés, il remontent l’un à l’arrière, et l’autre au devant avec le chauffeur qui démarre en trombe, le gardien rentre au sein de la cave, éteint les lumières et ressort d’une autre porte et disparaît à travers les ruelles de la coquette commune côtière. Des scènes pareilles se réalisent quotidiennement à travers d’autres caves situées au sein d’autres communes du pays, qui abritent des unités de production de produits alimentaires ou autres autre qui fonctionnement le plus normalement du monde, avec un personnel le plus souvent féminin, choisi pour sa docilité et son manque de réclamation. Des femmes qui ne seront point déclarées aux assurances, qui travailleront en silence et respecterons toutes les consignes dictées. L’une de ces femmes rencontrée au sein d’un centre de santé pour renouveler le pansement d’une plaie à la main, occasionnée par le trempage de cette dernière, par erreur, au sein d’une cuve d’un produit pur qui, dilué à l’eau, sert à la conservation des produits alimentaires, me déclare qu’elle est à son troisième mois de traitement et de soins, et aucune amélioration de la plaie n’a pu être constatée, mais de peur de perdre sa « place », elle attend encore et va de temps à autre, voir le patron qui lui verse les frais médicaux et une somme pour se nourrir décemment. Une autre victime de ces barons et maîtres de la clandestinité, désirant garder l’anonymat, par crainte de représailles de la part de son patron, qui ne recule devant rien et semble ne point s’inquiéter de quiconque, me confie, qu’il garde les lieux de cet atelier clandestin de produits cosmétiques depuis plus d’une vingtaine d’années, il avait à peine 40 ans et était sans travail, il a fait la connaissance de l’un des ouvriers de l’atelier, qui l’a informé que le « maalam » avait besoin d’une personne âgée et de confiance pour garder les lieux, et depuis, il est là à surveiller les lieux durant toutes les nuits pour la modeste somme de 10.000 dinars par mois, sans le moindre congé hebdomadaire ou annuel, il ne peut abandonner le lieu, car le patron lui a promis de lui présenter son dossier à la caisse de retraite afin qu’il puisse partir en retraite et bien se reposer, mais voilà, presque une année que son dossier a été remis à l’un des chefs de l’atelier sur la recommandation du patron, mais, aucune suite ne lui a été accordée, l’atelier produit du shampoing pour tout type de cuir chevelu et utilise pour l’étiquetage les images imitées par un sérigraphe clandestin fort connu en ville pour ses travaux d’imitation. Il copie le logo d’un laboratoire français bénéficiant d’une réputation mondiale pour ses shampoings et ses autres produits de beauté, ses shampoings s’écoulent en ville comme des petits pains fourrés, vu les prix proposés pour ses « palmolive » produits juste à quelques milliers de mètres de ses points de vente en ville. A la direction du commerce, ces ateliers et autres unités de la clandestinité demeurent une pure fiction produite par la presse qui cherche juste les scandales et le sensationnel, et puis, il n’a pas le temps de discuter avec un journaliste sans l’aval de son directeur, et je me sens fort indésirable en ce lieu à parler d’un sujet presque tabou en cette direction, censée m’aider et offrir toutes les informations pour mon enquête afin d’éclairer l’ opinion publique sur ces produits « Taiwan » qui peuvent lui nuire abondamment. A l’autre direction, celle qui délivre les registres de commerce pour exercer tout activité commerciale de vente ou de production, c’est encore pire, aucun de tout ce beau monde qui active au sein des bureaux, n’est habilité a me fournir la moindre information sur le sujet que j’aborde, ils se désolent tous de ne pas pouvoir m’aider à traiter de cette question là. Au fisc, c’est la catastrophe, c’est absolument interdit de causer aux journalistes, malgré la présentation d’un ordre de mission en bonne et due forme, seul le directeur est autorisé à parler de quoi que soit aux personnes étrangères au service, donc, il ne fallait pas trop insister et attendre un directeur retenu par des réunions interminables… ! « Ces fabriques de la mort » inondent le marché parallèle avec des produits de basse qualité en utilisant des petits et jeunes garçons à commercialiser leurs « poisons » à travers les marchés publics et les boulevards commerciaux, elle demeurent souvent des propriétés à des ex-cadres qui disposent « d’entrées » au sein de ces fameuses administrations publiques, que j’ai l’occasion de visiter sans pouvoir le moindre indice ou sur mot sur ces « unités clandestines » qui sont une réalité amère qui ruine l’économie algérienne et nuit à la santé des consommateurs qui ne savent différencier les bons produits, des mauvais. De véritables fabriques qui ne sont nullement une invention de la presse, accusée de tant de maux, une presse qui ne cherche qu’à dévoiler une vérité qui fait mal et qui ne peut plus se cacher !

L .Ammar
Dimanche 11 Octobre 2009 - 21:59
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