REFLEXION

Le doyen de la cité des thermes s’est éteint à 101 ans.

La nouvelle est tombée tel un couperet ce jeudi matin, jour de marché hebdomadaire de Ain-Nouissy. La nouvelle s’est propagée jusqu’aux confins du territoire de la daira. En un temps record, toute la population des communes limitrophes, était au courant que Ammi Ahmed venait de s’éteindre.



Le doyen de la cité des thermes s’est éteint à 101 ans.

En effet, après la doyenne des femmes, Hadja Mebarka Amara, décédée à l’âge de 97 ans, voilà que le doyen de tous, Denden Ahmed connu sous le pseudonyme « Ahmed Ould El-Hadj », vient de s’éteindre ce jeudi  aux environs de 4 heures du matin, à son domicile familial, à l’âge de 101 ans. Oui, Messieurs, je ne me trompe pas et vous m’aviez bien entendu, 101 ans. Quel bonheur, n’est-ce pas ? Sa famille, ses fils, ses filles, devraient se réjouir de leur papa et grand-papy. Et comme l’appelait  mes aînés, Ammi Ahmed « El-Baraka ». Il n’était peut être pas célèbre, mais il fût un notable anonyme, adulé, respecté et respectable, il jouissait d’une notoriété indéniable, il aimait tout le monde, et cet amour lui était   si bien rendu par tous. Il adorait plaisanter, il avait un incroyable sens de l’humour. A chaque fois qu’on le taquinait, il rétorquait : « En tout cas moi, je n’ai jamais été voir un médecin, je n’ai jamais été malade comme la plupart d’entre vous ». Il disait vrai, il avait une santé de fer et ne s’est jamais plaint du moindre mal, comme en témoignent ses proches et ses amis. Ammi Ahmed a travaillé des années durant, sans aucun répit, il a été chauffeur pendant 65 années, sans le moindre  accroc susceptible d’être signalé. Il a eu sa retraite, après avoir travaillé à la briqueterie locale, qui n’existe plus, elle a disparu bien avant lui. Un parcours des plus parfaits. En apprenant son décès, Ammi Djillali dit « Camusa », en homme fatigué et alité, marqua un petit instant, soupira puis enchaîna  «  Que Dieu ait son âme », avant de me faire part de ce qu’était Ammi Ahmed. « Le défunt était tout simplement synonyme de générosité et de gentillesse », et de continuer «  Je l’ai connu depuis mon jeune âge, il faisait partie de ces chasseurs aguerris. Le fusil en bandoulière, il se dirigeait vers la forêt, à chaque fois qu’il en ressentait le besoin, il marchait des kilomètres durant, c’était un infatigable », puis ce fût un silence de mort. Ammi Djillali n’arrivait plus à articuler un seul mot et j’ai tout de suite compris que l’émotion venait de l’envahir. Alors j’ai mis un terme à la discussion pour lui permettre de reprendre. A ce moment là, deux petites histoires insolites me traversèrent l’esprit, que je me permets de vous les rapporter. La première date du mois de février de l’année 2008, alors que je me trouvais dans le hall de la mairie de Ain-Nouissy, en train d’attendre l’établissement d’un  document administratif, surgissait Ammi Ahmed, accompagné de son fils Mohamed, arrivé à ma hauteur, il fît une halte, leva son bras droit, me tapa de sa main l’épaule et me lança : « Waldi andi Miat sana», mon fils, j’ai cent ans. Et il repartit silencieux. Son fils sourit et lui emboîta le pas. Je l’ai bien écouté sans prononcer un seul mot, éberlué et en même temps ému de ce que je venais d’entendre. Ce n’est que peu de temps après, que j’ai appris qu’une petite cérémonie allait être organisée en son honneur pour ses cents ans. La seconde histoire, m’a été rapportée par deux citoyens qui sont allés lui rendre visite à son domicile, à l’occasion de son anniversaire. Alors qu’il les recevaient chez lui, et après leur avoir servi du café, il leur montra une paire de chaussures presque neuve et lançait à leur adresse : «  Avez-vous une idée de ce que cela pourrait être ? Ils hochèrent la tête de gauche à droite, voulant dire tout simplement non, il reprit : «  C’est une paire de chaussures qui a 85 ans, elle date des années 1920, elle est plus âgée que vos deux âges cumulés ». Il était tout fier d’exhiber cette paire de chaussures, tel un enfant qui a su garder un précieux jouet à l’état neuf. Ammi Ahmed, était un homme brave, naïf et drôle. Il est né par un mois de mars et il en est parti le même mois, ces deux dates restent gravées à jamais dans nos esprits. Ammi Ahmed est parti, Dieu le tout Puissant l’a choisi cette fois, auprès de lui pour accompagner ses parents, ses amis et ses compagnons de route, partis avant lui, à l’image de Ammi Mohamed et Ammi Kaddour, connus sous le sobriquet de « Ouled El Assas ». Son absence, laisse sans nul doute, un immense vide dans le cœur des Noiséens.

Tous ceux qui ont connu Ammi Ahmed, le pleurent. Il a été la « Baraka », non seulement pour sa famille mais pour nous tous. Son image restera à jamais présente dans nos mémoires. Ammi Ahmed a été inhumé ce jeudi après-midi, après la prière d’El-Asr, une foule nombreuse a assisté à l’oraison funèbre et l’a accompagné  à sa dernière demeure. Il est demandé à tous ceux qui l’ont connu et côtoyé pour sa bonté et sa générosité, d’avoir une pieuse pensée à son égard. Repose en paix, Ammi Ahmed tu le mérites, si bien.     Hocine


Hocine
Samedi 7 Mars 2009 - 08:00
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MOSTAGANEM
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