REFLEXION

Le départ vers l’autre rive s’accentue. La fièvre de la harga.



Le départ vers l’autre rive s’accentue. La fièvre de la harga.
L’un des phénomènes les plus intéressants de la dernière décennie. Si le jeune Algérien, autrefois, a longtemps vu sa conduite dictée par on ne sait quel souci de conformité sociale. Soumission, obéissance à « une morale », celui d’aujourd’hui entend d’abord « s’exprimer personnellement ». Avant 1990, « avoir de la personnalité » signifiait essentiellement se sentir fort intérieurement, savoir s’imposer aux autres. Rien de tel en 2009. Il devient primordial d’affirmer son caractère, de s’accomplir, d’être » marginalisé » devant le spectre du chômage, alors que les fils des responsables et des influents et les pistonnés ne savent rien de cette inactivité, c’est pourquoi nos enfants ne supporteront plus ce que nous avons supporté nous-mêmes. Curieux, mais la crise mondiale en occident, n’a en aucune manière freiné cet élan de départ quotidien vers l’inconnu. On aurait en effet pu imaginer que ce désir de quitter le pays, ce besoin ne resisterait pas à la dureté des temps, devant ce que traversaient les européens. Alors que dans les esprits : l’irruption de l’incertitude. Les longues années du bla bla bla, avaient progressivement imposé une équation simple pour l’avenir ‘’ Travail et rigueur pour Garantir l’avenir’’. Les événements de la décennie noire ont mis à mal, puis balayé cette donnée. Chaque jeune désormais, a l’impression qu’on a quitté un monde ordonné, capable d’être maîtrisé par l’intelligence, pour un univers où tout, ou presque, est imprévisible. Ce bouleversement a entraimé une montée de l’angoisse. Le jeune au contraire ne semble pas doué d’un pouvoir d’adaptation inattendu. Attitude surprenante. Le défaut de flexibilité du comportement, la fermeture à l’informel, le refus du désordre, toutes ces dispositions nouvelles qu’on a vu apparaitre en lui ces dernières années constituent le meilleur des passeports pour ne pas vivre l’incertitude. Cette faculté d’inadaptation met néanmoins en jeu des réflexes de défense et de peur. Ainsi la peur de la misère s’est elle développée dans la société Algérienne. Dans ce climat, les grands choix de la vie, et même ceux, plus modestes, de la vie quotidienne, sont devenus difficiles pour cette jeunesse. Elle sait moins ce qu’elle veut et, lorsqu’elle le sait, elle discerne mal les moyens de l’obtenir. Nous sommes les champions fatigués de la lutte contre le chômage, l’inflation, l’exclusion, le favoritisme, le piston … Mais nous nous pouvons lutter contre ceux qui chaque soir prenaient le large à destination de l’autre rive méditerranéenne. Mais, nous les encourageons pas, c’est une aventure à haut risque. Et là le devoir et la mission des députés de l’APN, ils devront étudier cette situation dramatique et trouver la solution le plus rapidement possible, en écartons le projet de loi de condamnation des haraga. Comment accuser quelqu’un qui navigue dans les eaux territoriales de son pays ? L’intention ne suffisait pas, il faut les avoirs d’abord en tentant de franchir les eaux internationales vers les eaux territoriales d’un autre Etat ! Et ce n’est qu’une tentative dans la procédure légale. D’abord, il faut s’incliner aujourd’hui devant la mémoire des victimes disparus en mer, noyées. Pour avoir simplement voulu voir la vie en rose ailleurs. Mais le seul fait de rendre hommage à ces femmes et hommes courageux n’incite à aucune complaisance envers quelques idées fausses, qui ont pourtant la vie dure. Elles se cristallisent autour de ceux qui n’avaient jamais pensé à l’avenir de cette jeunesse, de leur amateurisme, et de l’arrogance intellectuelle de certains politiciens. Le virus politique ronge si profondément les partis et le syndicat qu’il leur a fait perdre la vue et l’ouïe ! « Trop occupés dans leurs affaires qu’à penser aux problèmes sociaux et surtout l’avenir de cette jeunesse. Ils avaient négligés d’écouter attentivement la base, pendant que le monde changeait. Ni le déclin général des idéologies ni les mutations sociologiques n’ont été évaluées à leur juste valeur. Le discours politique s’adressait encore à un citoyen type des années soixante dix . Quelle cause a jeté dans la mer ce nombre d’Algérien ? Le chômage et le favoritisme. D’un côté, une crispation corporative ; de l’autre, une lame de fond d’ordre « politique », au sens le plus large du terme. De grande explosion sociale sur le pouvoir d’achat ou l’emploi, point ! Dans une Algérie où l’Etat est tenu pour responsable de la marche de l’économie, c’est à lui que s’adresse le citoyen salarié et chômeur illettré et diplômé. Le mécontentement social, désormais, s’exprime d’abord par la ‘’harga’’. Déjà, l’austérité est imposée aux classes défavorisées avec le fameux filet social, un salaire de 6 000 da, l’affaiblissement de la monnaie, alors que les caisses de l’Etat pleins à craquer de milliards de dollars. Devant ces défaillances éhontées, ces perfides palinodies, le jeune bafoué s’écrie : » Roma Ouala N’Touma » . Alors Mesdames et Messieurs de l’assemblée Populaire Nationale, vous qui êtes bien payés, quand vous déciderez-vous à plaider la cause juste de cette jeunesse « suicidaire » dans la terre et dans la mer. Nous employons le mot jeunesse, alors qu’en réalité, c’est tous les âges, femmes, hommes, fonctionnaire, chômeur, ingénieur, Etudiant, lycien.. de toutes les couches ces harragas.

A. Benbrik
Mardi 20 Octobre 2009 - 15:43
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ACTUALITÉ
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