REFLEXION

Le constat lucide du premier ministre algérien Abdelmalek SELLAL

LA BUREAUCRATIE EST L’ESSENCE AU FREIN DU DEVELOPPEMENT ET DE LA CORRUPTION

Le premier Ministre Abdelmalek SELLAL vient d’établir un lien dialectique, en ce mois de septembre 2013, entre l’extension la bureaucratie et la corruption, qui dévalorisent le couple intelligence/ travail sur lequel doit reposer tout développement fiable. Ce rêve si cher à tous les Algériens sera-t-il réalisé ? Or, il ne s’agit pas de créer des commissions burelles même bureaucratiques mais de s’attaquer à l’essence de ce mal qui ronge le corps social qui sont les liens entre rente, bureaucratie et corruption, impliquant la refonte de l’Etat. S’il faille éviter les règlements de comptes inutiles et qu’une personne est innocente jusqu’à preuve du contraire, (présomption d’innocence), pourtant comment croire aux discours, mobiliser les citoyens au moment où certains responsables au plus haut niveau ou leurs proches sont impliqués ou supposés impliqués dans les scandales financiers et peuvent-ils avoir l’autorité morale auprès tant de leurs collaborateurs que de la population algérienne ? C’est l’objet de cette contribution d’une brûlante actualité et de surcroît un sujet très sensible en soulignant avec force que la corruption socialisée devient un danger pour la sécurité nationale menaçant les fondements de l’Etat algérien.



1.-Bureaucratie paralysante,  sphère informelle  et bonne gouvernance
Le bureau comme l’a montré le grand sociologue Max Weber est nécessaire dans toute économie mais il doit être au service de la société. Il est nécessaire au fonctionnement de toute économie mais non fonctionner comme en Algérie comme pouvoir bureaucratique qui fonctionne en vase clos et qui est le pouvoir numéro 1, car les pratiques sociales contredisent souvent les discours si louables soient-ils. Aussi, la lutte contre le terrorisme bureaucratique en Algérie renvoie à la problématique de la sphère informelle, en fait à la construction d’un Etat de droit qui implique une bonne gouvernance et pose la problématique d’une manière générale à la difficile construction de l’économie de marché concurrentielle et de la démocratie tenant compte de notre anthropologie culturelle, l’Algérie étant dans cette interminable transition depuis 1986. Dans ce cadre, la sphère informelle produit historique de l’extension de la bureaucratie rentière qui tire sa puissance de l’existence même de cette sphère tissant des réseaux diffus de corruption n’est que la traduction de la faiblesse de la démocratisation du système économique et politique, donnant d’ailleurs du pouvoir à ceux qui contrôlent l’information. Transparency International dans ses rapports 2006/2012 classe l’Algérie parmi les pays qui connaît un taux de corruption élevé. Ainsi les surfacturations et l’utilisation de la distorsion du taux de change permettent la fuite de capitaux (la méthode résiduelle de la Banque Mondiale l’évalue à plusieurs dizaines de milliards de dollars entre 1972 -2OO9, avec d’importants mouvements pour certaines périodes fonction de la situation politique et socio-économique et des produits hors des frontières, fonction de la distorsion des prix intérieurs et internationaux.  La sphère informelle contrôle plus de 40% de la masse monétaire en circulation somme colossale, avec une intermédiation financière informelle réduisant la politique financière de l’Etat sans compter toutes les implications socio- politiques et socio- économiques. Elle ne s’applique pas seulement aux catégories socio-économiques. La rumeur souvent dévastatrice, dont la voie orale est dominante en Algérie, alors que le monde avec la révolution d’Internet devient une maison de verre, n’étant que la traduction de la faiblesse de la gouvernance. Or son intégration est urgente loin des mesures autoritaires (répressives) qui produisent l’effet inverse, et ce, afin de pouvoir favoriser une saine concurrence et l’émergence de la véritable entreprise lieu permanent des richesses et donc favoriser les flux d’investissements nécessaires pour une croissance hors hydrocarbures condition de l’atténuation de la pauvreté et du chômage, la vocation de Sonatrach n’étant pas de créer des emplois. Aussi si l’Algérie du XXIème siècle, veut s’insérer harmonieusement dans le concert des Nations, la politique économique et sociale au sein de l’espace euro-méditerranéen et euro-africain ( par le dialogue fécond des cultures) devra avoir pour fondement la bonne gouvernance liée à la réhabilitation de l’entreprise, au savoir par la maîtrise de la connaissance , la ressource humaine étant l’élément déterminant. Et il n’y aura pas de développement en Algérie sans la réhabilitation du savoir et des couches moyennes productives bases d’ailleurs de tout pouvoir fiable. Le nivellement par le bas (populisme) est source de démotivation et l’antinomie même du développement durable. La marginalisation des compétences et l’exode des cerveaux dont le montant en impacts est plus important que les 190 milliards de dollars de réserves de change chaque cadre formé coûtant plus de 200.000 dollars par unité deviennent inquiétants. Les derniers évènements et mesures biaisées montrent clairement que certains segments des pouvoirs publics (central et local), du fait de l’ancienne culture bureaucratique et administrative, n’ont pas une appréhension claire de l’essence de la sphère informelle. Or le développement durable en Algérie ainsi que les négociations de l’Algérie avec l’Organisation mondiale du commerce (OMC) achoppent sur la faiblesse des réformes micro-économiques et institutionnelles et sur la nécessité de l’intégration de la sphère informelle qui renvoient à la construction d’un Etat de Droit, base de l’économie de marché et ce, afin de pouvoir favoriser une saine concurrence et attirer les flux d’investissement nécessaires pour une croissance hors hydrocarbures condition de l’atténuation de la pauvreté et du chômage. Car où en est la réforme de l’école dont la dévalorisation du niveau devient alarmant ? Après les scandales financiers à répétition qui touchent tous les secteurs que dévoile quotidiennement la presse nationale et les importants découverts d’une minorité de monopoleurs rentiers auprès d’autres banques publiques ( créances non performantes), nous assistons à des recapitalisation à répétition des banques publiques qui se chiffrent à plusieurs milliards de dollars US sans s‘attaquer aux causes qui sont l’inefficacité de la dépense publique, la mauvaise gestion et la corruption , risquant de revenir à la case de départ. Ainsi la réforme bancaire, lieu de distribution de la rente, doit toucher fondamentalement la nature du système et donc la propriété et pas seulement la rapidité de l’intermédiation financière (aspect purement technique), rapidité qui paradoxalement pourrait faciliter des détournements plus rapidement si l’on ne s‘attaque pas à la racine du mal qui ronge le corps social. Ainsi se pose la question suivante : combien de banques ont-elles une comptabilité décentralisée selon les normes internationales, seules condition d’audits internes sérieux ? Il convient de se poser la question de savoir si l’on peut continuer dans cette voie hasardeuse, situation qui menace le fondement de l’Etat lui-même et la sécurité nationale.
 
2.- Diminuer le poids de la bureaucratie par une meilleure gestion  de l’administration
S’est-on interrogé une seule fois par des calculs précis le prix de revient des services du chef du Gouvernement, des différents Ministères et des wilayas et APC, de nos ambassades (car que font nos ambassades pour favoriser la mise en œuvre d’affaires profitables aux pays ?), du coût des différents séminaires, et réceptions et commissions par rapport aux services rendus à la population algérienne ? Ces dépenses constituent un transfert de valeur que paye la population qui est en droit, en Démocratie, de demander l’opportunité et la qualité du service rendu, mais que voile le transfert de rente en Algérie qui est la propriété de tout le peuple algérien. Or ces segments sont importants en tant qu’éléments devant favoriser la création de surplus, la fonction étatique devant s’inspirer des normes économiques spécifiques (dont on ne peut leur appliquer les principes de productivité des entreprises contrairement à la déclaration de certains politiques) et non se limiter aux actes administratifs bureaucratisés sclérosants. La difficulté de quantification n’exclut en aucune manière l’analyse qualitative. Aussi, il est impérieux de proposer aux responsables de ces activités des instruments d’analyse pour améliorer leurs choix. Cela est lié à deux conditions essentielles : d’une part, fixer clairement les objectifs permettant d’atteindre l’optimum et d’autre part définir clairement les moyens pour atteindre ces objectifs. Si cela est aisé dans la sphère marchande concurrentielle que l’on peut imager par une fonction de production, dans les services- collectifs existent des difficultés. Au niveau des objectifs : ils sont souvent multiples et imprécis. Quant aux services publics,  ils désignent des services dépendant exclusivement des administrations publiques et rejoignent la catégorie des services tutélaires, la puissance publique agissant en tant que tutelle vis-à-vis des consommateurs. C’est la vision dictatoriale du choix : exemple l’éducation obligatoire: Si l’on s’entend sur cette classification, l’on a ainsi les services collectifs indivisibles : exemple, la défense nationale, l’administration générale, la justice et la sécurité. Par contre, les services collectifs divisibles comme l’éducation, la santé, la radio- télévision, la recherche appliquée se prêtent facilement à la mixité et au calcul d’optimum. Dans ce cadre, les travaux d’analyse, des coûts / avantages sociaux, les techniques américaines du Planning programming budgetary system (PPBS) ou françaises, technique de la rationalisation des choix budgétaires reposant sur la décomposition des dépenses publiques par objectifs aux moindres coûts, sont d’un apport appréciable pour les audits sur les services collectifs afin de tester de leur efficience. Il s’agit au sein de sous-sections compartimentées de définir une fonction -objectif permettant d’atteindre l’optimum sous réserves de contraintes tant internes qu’externes. La mise en œuvre de ces instruments de mesure traduit la volonté de faire le pont entre la micro et la macro- économie d’une part, d’autre part de lier les mécanismes macro-économiques et macro- sociaux permis- grâce à l’analyse systémique, le modèle étant ouvert et non fermé du fait de l’environnement mondial turbulent et variable. La gestion des services collectifs, l’amélioration de leur efficience dépend en grande partie de la mise en place des mécanismes globaux de régulation selon une vision cohérente, datée dans le temps, tant dans le domaine politique, institutionnel, économique que social. Les services collectifs doivent être gérés selon des normes fiables étant souhaitable dans ce cadre de l’adoption de l’obligation de la loi de règlements budgétaires pour pouvoir permettre à l’APN de contrôler l’affectation et l’efficacité des deniers. A ce titre il convient de se poser la question de l’efficacité des transferts sociaux qui ont atteint 463 milliards de dinars en 2005, plus de 586 en 2006, 677 en 2007 ,  1000 milliards de dinars pour la loi de finances 2010 et 1400 milliards de dinars en 2012  selon les lois de finances .. Il semble bien qu’à travers la loi de finances 2010 l’on ne cerne pas clairement les liens entre les perspectives futures de l’économie algérienne et les mécanismes de redistribution devant assurer la cohésion sociale, donnant l’impression d‘une redistribution passive de la rente des hydrocarbures sans vision stratégique, bien qu’existe certaines dispositions encourageant l’entreprise. La faiblesse de la vision stratégique globale, le système algérien tant salarial que celui de la protection sociale est diffus, et la situation actuelle, plus personne ne sait qui paye et qui reçoit, ne connaissant ni le circuit des redistributions entre classes d’âge, entre générations et encore moins bien les redistributions entre niveaux de revenus ou de patrimoine. Or, le principe tant de l’efficacité économique et donc motiver au travail, que de justice sociale (les économistes parleront d’équité) pour éviter le divorce Etat/citoyens exige que l’on résolve correctement ces problèmes fondamentaux devant reposer sur des mécanismes transparents. D’une manière générale, pour diminuer le poids de la bureaucratie,  la gestion des services collectifs et de l’administration,  renvoie à la question de bonne gouvernance, de démocratie, de la rationalisation de l’Etat dans ses choix en tant qu’identité de la représentation collective. Cela n’est pas une question de lois vision bureaucratique et d’une culture dépassée, l’expérience en Algérie montrant clairement que les pratiques sociales quotidiennement contredisent le juridisme.
 
3.- Dynamiser les instruments de contrôle
Le meilleur contrôle est le contrôle démocratique. En attendant, la future  politique économique afin d’asseoir un meilleur contrôle  devra mieux articuler le jeu du marché et l’action de l’Etat dans son rôle d’encadrement macro- économique et macro- social, au sein  d‘un espace équilibré et solidaire, objectif stratégique de l’urgence d’une planification stratégique et donc d’une de la prospective, car l’effritement du système d’information devient inquiétant. En effet,  la mission du contrôle en économie de marché implique une nouvelle culture et la valorisation du savoir. De ce fait le contrôle institutionnel – contrôle normal – s’insère dans ce cadre stratégique afin de moraliser la vie publique, éviter les détournements, et permettre au pays d’avoir une croissance durable.  Les différents scandales financiers en Algérie, qui touchent l’ensemble des secteurs publics et privés, la corruption s’étant socialisée, relatés chaque jour par la presse nationale, dépassent souvent l’entendement humain du fait de leur ampleur, encore que tout Etat de droit suppose la présomption d’innocence afin d’éviter les suspicions et les règlements de comptes inutiles. Comme le rappelait justement le grand économiste anglais, « il vaut mieux que l’homme exerce son despotisme sur son compte en banque personnel que sur ses concitoyens » (John Maynard Keynes).  Les constats de corruption en Algérie témoignent de la désorganisation des appareils de l’ Etat censés contrôler les deniers publics et surtout le manque de cohérence entre les différentes structures. Ces scandales jouent comme facteur à la fois de démobilisation des citoyens par une névrose collective du fait que ces montants détournés sont la propriété de toute la collectivité nationale, et comme frein à l’investissent national et international porteur de croissance et de création d’emplois durables. Aussi, le  contrôle permanent et non conjoncturel,  implique la transition maitrisée d’une économie à dominance étatique centralisée à une économie décentralisée impliquant l’ensemble des acteurs économiques et sociaux, avec une réelle décentralisation ( rôle crucial pour les acteurs locaux) , pour une démarche citoyenne, loin de toute injonction administrative de type bureautique étouffant l’épanouissement des énergies créatrices. De ce fait le contrôle institutionnel (Cour des Comptes, Inspection Générale des Finances IGF, Direction Générale des Impôts) sans parler des contrôles routiniers des services de sécurité, devra s’insérer dans ce nouveau cadre pour une moralisation de l’Etat lui-même par une plus grande démocratisation des décisions économiques, sociales et politiques solidaires, où chaque acteur a un rôle strictement défini. La mise en place d’une économie de marché concurrentielle à base de concertation sociale dans le cadre de l’interdépendance mondiale – loin de  tout monopole – renvoie à la fonction du  rôle de l’Etat dans le développement économique et social. La dilution des responsabilités à travers la mise en place de différentes commissions témoignent de l’impasse du contrôle institutionnel en dehors d’un cadre cohérent, où les règlements de comptes peuvent prendre le dessus, alors que l’objectif est une totale transparence pour crédibiliser toute décision.  Au niveau interne car beaucoup de gestionnaires rejettent la responsabilité sur les contraintes d’environnement en soulignant l’importance des créances impayées, force de travail inadaptée, blocage bancaire, infrastructures (logements – santé, routes) mais oublient d’organiser leur entreprise :
Au niveau interne, plusieurs questions se posent :  combien d’entreprises publiques possèdent-elles la comptabilité analytique afin de pouvoir déterminer avec précision leur coût car l’objectif est de produire au moindre coût alors que l’ancienne culture était mue par l’unique dépense monétaire ;  – combien d’entreprises établissent un budget prévisionnel cohérent- du personnel, des achats, des ventes déterminant les écarts hebdomadaires, mensuels entre les objectifs et les réalisations, ces opérations budgétisées étant la base du plan de financement, sans compter la faiblesse des différents travaux comptables de base : – fiche de pré-capitalisation, fiche récapitulative de la journée, tenue du compte respectif sur chaque feuillet, la vérification sur imprimante de l’égalité des débits et crédits puis la division des documents sur le journal. Tout ce travail mécanique mal synchronisé rend extrêmement difficile l’élaboration des budgets sans lesquels le contrôle externe est extrêmement difficile, voire impossible.  Au niveau externe  plusieurs facteurs sont déterminants dans le façonnement des comptes relevant de la politique économique nationale, elle même fonction des aléas de la conjoncture internationale du fait de l’extraversion de l’économie algérienne non maitrisés par les pouvoirs publics rendant urgent la planification stratégique.  Ainsi: l’absence d’observatoire de l’évolution des cours boursiers rend problématique la rubrique achat de matières premières figurant dans le compte d’exploitation générale sans compter les taxes douanières dont le taux s’applique au cours. Bon nombre de produits comme le blé, le rond à béton ect… sont cotés journellement à la bourse ; la méconnaissance des fluctuations des monnaies clefs ont des incidences aussi sur le prix d’achat. Ainsi le cours du dollar reconverti en dinars courant est passée de 8,96 DA = 1 dollar en ,19 en 90, à 23,35 en 1993, à 47,66 en 1995 et approche  77 dinars un dollar en 2012/2013. Ainsi, par exemple, au niveau de l’éducation, une politique d’éducation ne définit pas seulement son contenu pédagogique mais- également ses retombées économiques, sociales, culturelles voire politiques à moyen et long terme. En ce qui concerne les moyens : il n’est pas aisé de calculer avec précision les effets exercés de la combinaison des différents facteurs de production mis en œuvre. Par exemple, au niveau de la santé, la bonne santé d’un ménage ne dépend pas seulement des soins médicaux mais aussi des conditions de logement, d’hygiène, d’éducation. Cependant, il convient de relativiser l’appréciation pour certains segments des services collectifs car au niveau du privé concurrentiel, les agents-consommateurs et producteurs, au moyen de différents tâtonnements, déterminent soit les objectifs, soit les moyens, certes imparfaitement tenant compte de l’algorithme social. Nous pouvons toutefois faire progresser l’analyse en mieux spécifiant la notion de services collectifs afin d’encourager la mixité qui favorisera la concurrence et généraliser le mode de gestion privée. Si bien entendu les mécanismes préalables d’instauration de l’économie de marché sont mis en place, existant une économie mondialisée avec l’essor de l’économie personnalisée à travers des réseaux complexes, les services collectifs devant contribuer indirectement à accroître la valeur ajoutée des Algériens à la valeur ajoutée mondiale. Ainsi, en reprenant certains travaux d’économie publique, nous distinguerons, en termes opératoires, le bien public du service public et les services collectifs divisibles et ceux indivisibles. Le bien collectif est le support du service collectif . Le manque d’observatoire  en temps réel de l’’évolution de la structure des taux d’intérêts qui a des répercussions sur la rubrique frais financiers. Sans entrer dans le débat complexe sur la détermination des taux d’intérêts, disons que les observations empiriques montrent une corrélation nette entre l’évolution de la masse monétaire, le niveau général des prix, le niveau de production et de productivité. Si l’entreprise est attentive à ce taux, en matière de politique économique, ce serait une erreur d’agir sur le taux à la baisse par injonctions administratives car il faut s’attaquer à l’essence qui est l’évolution de la masse monétaire pour avoir des incidences à terme à la baisse. D’autres facteurs influent sur le résultat de l’entreprise et par là du surplus général du pays comme l’’évolution de l’endettement extérieur dont le service de la dette constitue ” une fuite ” en termes économiques. Pour l’Algérie le remboursement de la dette par anticipation entre 2000/2008 a permis de limiter cette fuite du fait que le poste service( paiement des compétences étrangères avec ce paradoxe fuite des cerveaux algériens) tend à prendre la relève de l’ancien service de la dette , étant passé de 2 milliards de dollars en 2002 à 12 milliards de dollars fin 2012,  devant prendre en compte la balance des paiements et non pas uniquement la balance commerciale. Enfin facteur déterminant,   entre 2012/2013, 98% des exportation provenant de Sonatrach et important 70% des besoins des ménages et des entreprises publiques et privées dont le taux d’intégration ne dépasse pas 15% avec le dépérissement du tissu productif-  est l’évolution du cours  mondial du pétrole et du gaz ,  toute  baisse  freine la capacité de financement des entreprises par ricochet, l’économie algérienne étant mono-exportatrice.
 Ainsi existe-t-il des liens complexes entre le façonnement des comptes au niveau des entreprises et l’environnement et lorsqu’on invoque la “mauvaise gestion ” y a-t-il lieu de bien cerner l’ensemble des causes internes et externes du résultat brut d’exploitation et surtout  d(‘analyser les impacts des phénomènes économiques et financiers liés aux mutations mondiales. D’autant plus que les opérateurs qu’ils soient publics ou privés durant cette phase où la bureaucratie est omniprésente subissent des injonctions qui échappent à leurs propres initiatives. Qui est propriétaire des entreprises publiques? Car pour pouvoir sanctionner une entité, il faut qu’elle ait été responsable. Peut-on sanctionner un directeur général qui a subi une injonction externe. Un directeur général d’entreprise publique est-il propriétaire dans le sens économique large- véritable pouvoir de décision-de son entreprise? Qui est propriétaire de l’ensemble de ces unités économiques et de certains segments des services collectifs se livrant à des opérations marchandes? C’est toute la problématique du passage de l’Etat propriétaire gestionnaire à l’Etat Régulateur ou stratège que n’ont résolu jusqu’à présent ni la structure des fonds de participations ni la nature des holdings, si les sociétés de participation de l’Etat SGP qu’ils soient de 1O ou 20. La non maîtrise des données internationales, la faiblesse de la codification existante, la rente comblant depuis l’indépendance politique  les déficits au nom d’une paix sociale fictive, la marginalisation des compétences, tout cela engendré fondamentalement par la nature du système bureaucratique expliquent l’effondrement du système d’information à tous les niveaux ou parfois des responsables sont informés par la presse ignorant le fonctionnement de leur secteur .Or la base de toute décision repose sur une information fiable au temps réel  et une erreur de politique économique peut se chiffrer en pertes pour la Nation de plusieurs centaines voire des milliards de dollars . ne font que traduire les rapports de force liés aux partages de la rente.
 
4.-La  lutte contre
la bureaucratie implique  la refondation de l’Etat

 La corruption  n’est  pas propre à l’Algérie du fait des scandales financiers à travers le monde notamment à travers la crise mondiale actuelle qui a montré les effets pervers des mécanismes de marché, mais en Algérie elle prend une ampleur par rapport à son produit intérieur brut une ampleur inégalée. Or l’objectif principal de lutte est l’instauration de la    confiance Etat-citoyens passant  par un Etat de Droit. Or,  c’est  seulement quand l’Etat est droit est qu’il peut devenir un Etat de droit Quant à l’Etat de droit, ce n’est pas un Etat fonctionnaire qui gère un consensus de conjoncture ou une duplicité provisoire, mais un Etat fonctionnel qui fonde son autorité à partir d’une certaine philosophie du droit d’une part, d’autre part par une assimilation consciente des besoins présents de la communauté et d’une vision future de ses perspectives. La lutte conte la bureaucratie et la  moralisation de la société implique la refondation de l’Etat, pour ne pas dire sa fondation comme entité civile, passant  nécessairement par une mutation profonde de la fonction sociale de la politique. Comme le rappelait justement le grand économiste anglais, « il vaut mieux que l’homme exerce son despotisme sur son compte en banque personnel que sur ses concitoyens » (John Maynard Keynes).   Dans toute société où domine un Etat de droit, c’est la norme du droit qui reprend sa place pour légitimer le véritable statut de la citoyenneté. La gouvernance, bonne ou mauvaise, prend sa source de l’esprit des lois et non des fantaisies chatouilleuses. Le passage de l’Etat de « soutien » à l’Etat de droit est de notre point de vue un pari politique majeur car il implique tout simplement un nouveau contrat social et un nouveau contrat politique entre la Nation et l’Etat. En réalité, la question qui mérite d’être posée aujourd’hui : est-ce que les pouvoirs politiques algériens successifs ont édifié un Etat national d’abord et qu’est-ce qu’un Etat national dans le cas algérien précisément car, il faut bien le rappeler, il n’y a pas d’Etat national standard. Il n’y a que ce que les équipements anthropologiques intrinsèques peuvent modeler comme système politique inhérent à chaque situation socio-anthropologique.  Aussi, la  refondation de l’Etat ne doit pas être comprise comme une négation de notre identité mais comme une nécessité que les mutations et les enjeux d’aujourd’hui imposent.  Un Etat fort ne se mesure pas uniquement par une quelconque action sociale et économique, mais aussi par une opposition féconde capable de prendre le relais. Si refondation de l’Etat il y a, ce n’est pas non plus des retouches techniques touchant la réorganisation bureaucratique du territoire. La refondation de « l’Etat algérien » passe nécessairement par la refondation de son esprit (philosophie) et ses lois (règles) pour qu’elles deviennent un Etat droit. Aussi,  l’Algérie ne peut revenir à elle-même que si les faux privilèges sont bannis et les critères de compétence, de loyauté et d’innovation sont réinstaurés comme passerelles de la réussite et de la promotion sociale en  combattant  l’immoralité et la assabia (régionalisme néfaste, relations tribales et de clientèles) facteurs de la décadence de toute société.  Aussi l’objectif stratégique implique de mettre fin à l’Etat de la mamelle, et  celle de la légitimité révolutionnaire, et que le pouvoir  de bienfaisance inauguré comme contrat politique implicite par les tenants du socialisme de la mamelle afin de légitimer l’échange d’une partie de la rente contre la dépendance et la soumission politique et qui efface tout esprit de citoyenneté active, ce pouvoir doit céder la place à un pouvoir juste, justicier et de justice. La refondation de l’Etat ne saurait se limiter à une réorganisation technique de l’autorité et des pouvoirs. Elle passe par une transparence totale et une clarté sans nuance dans la pratique politique et les hommes chargés par la Nation de la faire car la gouvernance est une question d’intelligence et de légitimité réelle et non fictive. Aussi, la refondation de l’Etat algérien, passe par un nouveau mode de gouvernance dont le fondement est la liberté, au sens large, pour une société participative et citoyenne tenant compte de notre anthropologie culturelle historiquement datée, comme en témoignent les différents cycles de civilisations depuis que le monde est monde. Toute cette présente analyse renvoie à une vision stratégique globale, l’histoire devant être intégrée (le devoir de mémoire) où le Politique, l’Economique, le Social et le Culturel sont inextricablement liés au sein d’un univers de plus en plus globalisé, où les grands espaces socioéconomiques dominent, basés sur la maîtrise des innovations technologiques (le savoir), la révolution dans le domaine de l’information, le contrôle des circuits commerciaux et financiers et en prenant en compte les effets de la crise mondiale actuelle qui devrait entraîner un bouleversement géostratégique et économiques entre 2015/2020. Avec cette préoccupation majeure en ce XXIème siècle, le défi écologique ( et donc la transition énergétique en marche )  qui nous impose un changement profond dans les deux prochaines décennies de notre mode de production et de consommation si l’on veut éviter un désastre planétaire qui touchera en premier lieu les pays les plus pauvres.
 
A propos de l’auteur :
(*)Pr Abderrahmane Mebtoul - Docteur d‘Etat en sciences de gestion- expertise comptable –Lille France- (1974) –actuellement Professeur des universités ( Oran - Algérie), Expert international en management stratégique- Officier d’administration à la Route de l’Unité Africaine 1971/1972- chargé de mission au Secrétariat d’Etat au Plan (1973) -Premier conseiller et directeur central des études économiques à la Cour des comptes  de 1980/1983- directeur d‘Etudes Ministère Energie/ Sonatrach (Algérie) entre 1974/1979-1990/1995-2000/2006, président du conseil des privatisations de 1996/1999 avec rang de ministre délégué – directeur d’études au   cabinet de la DGSN de  1997/1998- expert au conseil économique et social  de  1996 / 2008- Expert à la présidence de la République de  2007/2008. Ayant à eu à diriger  plusieurs audits pour le compte des différents gouvernements successifs depuis 1974 à ce jour, Membre de plusieurs organisations internationales  et auteur de 20 ouvrages et d’environ 500  contributions locales et internationales.

          
             

Dr Abderrahmane MEBTOUL
Lundi 16 Septembre 2013 - 11:28
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