REFLEXION

Le casse-tête d’Obama

Déjà fragilisé par la tragédie de Benghazi, le président américain doit faire face à deux scandales qui ternissent le début de son second mandat.



Le casse-tête d’Obama
1-La “confession” du fisc américain
La première bombe a explosé début mai, avec la “confession” du fisc américain, l’IRS (Internal Revenue Service) : il a reconnu avoir mené, depuis mars 2010, des contrôles approfondis sur des groupes de la droite américaine liés au Tea Party ou au mouvement “patriote”.Ces mouvements politiques communiant dans le rejet de l’État fédéral ont dû fournir à l’administration fiscale une batterie de documents (CV de leurs dirigeants, lettres envoyées aux législateurs, éventuelles ambitions électorales de leurs membres, listes de leurs donateurs) pour se voir accorder le statut “501(c)4” leur permettant de bénéficier d’une exemption fiscale.Ce ciblage a entraîné jusqu’à vingt-sept mois d’attente pour décrocher le précieux sésame, contre neuf en moyenne pour les groupes dits “progressistes” ou proches du Parti démocrate. L’affaire a coûté sa place au directeur de l’IRS, Stephen Miller, et déclenché plusieurs enquêtes administratives et parlementaires. Barack Obama tente d’éteindre le feu : « Si l’IRS a intentionnellement ciblé des groupes conservateurs, c’est scandaleux. Et il n’y a pas de place pour cela », a-t-il répondu sèchement lors d’une conférence de presse, la semaine dernière, alors que le scandale prenait de l’ampleur.
2- L’intrusion massive dans les fichiers des journalistes d’Associated Press
La deuxième affaire est tout aussi explosive.La grande agence de presse AssociatedPress a accusé le ministère de la Justice d’« intrusion massive et sans précédent » dans les fichiers de ses journalistes. Entre avril et mai 2012, la Justice a en effet secrètement saisi les relevés téléphoniques de vingt journalistes et rédacteurs en chef, pour déterminer l’origine d’une fuite sur une opération secrète menée par la CIA au Yémen au printemps 2012. Les critiques y voient une “atteinte à la liberté de la presse”. Parlant de l’une des « fuites les plus graves » de sa carrière, le ministre de la Justice Eric Holder a justifié l’intrusion de son ministère : « Ce n’est pas une exagération, cela mettait les Américains en danger et tenter de déterminer qui en était responsable, je pense, exige une action très offensive. ».La concomitance de ces deux affaires intervient au plus mauvais moment pour Barack Obama. Critiqué pour la gestion du département d’État lors de l’attentat terroriste contre le consulat américain de Benghazi, le 11 septembre 2012, il doit faire face au mécontentement de ses propres troupes. Le chef du groupe démocrate au Sénat, Harry Reid, s’est dit « troublé » par les révélations sur l’IRS. En perte de vitesse ces dernières années, le Tea Party, bâti sur le postulat que le gouvernement menace les libertés civiles, s’en trouve ragaillardi. Les courriels de mobilisation issus de groupes affiliés au mouvement se multiplient avec la médiatisation du ciblage de l’administration fiscale.Le Parti républicain souffle sur les braises, ce qui l’aide dans sa préparation des élections de mi-mandat d’octobre 2014. Plusieurs ténors du parti, dont le présidentiable Marco Rubio, envoient depuis plusieurs jours des messages électroniques incitant les destinataires à faire une donation de 5 à 50 dollars pour « aider les républicains au Congrès à tenir le président Obama et les démocrates pour responsables ». « Le défi pour l’administration Obama et les démocrates, dans les semaines qui viennent, sera de maintenir l’attention du public sur les objectifs politiques d’Obama alors que les républicains et les médias vont se concentrer sur le scandale », explique Sarah Binder, spécialiste du Congrès à l’université George-Washington.Selon Ford O’Connell, consultant proche des républicains, le scandale de l’IRS est plus facile à accepter pour les Américains, qui éprouvent traditionnellement une méfiance envers cette administration qu’ils considèrent comme noyautée par les intérêts politiques. Mais l’affaire des fichiers saisis risque d’être une épine dans le pied des démocrates. « Si Big Brother peut faire cela, que peut-il faire d’autre ? Cela plonge la Maison-Blanche dans un embarras énorme. Si les républicains peuvent le présenter correctement, cela leur fait un bel argument pour 2014. »

Nadine
Mardi 28 Mai 2013 - 11:17
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