REFLEXION

Le calvaire des étudiants subsahariens à Mostaganem

ILS SE PLAIGNENT DES CONDITIONS DE VIE DANS LES CITES UNIVERSITAIRE 2000 ET 2200 LITS

D’où viennent-ils ces étudiants qui vivent aujourd’hui dans les cités universitaires de notre ville ? Nous avons voulu les rencontrer et prendre le temps de les connaître. Les uns sont du Burkina Fasso, d’autres du Tchad, du Mali, de la Côte d’Ivoire, des deux Congo (de la République démocratique du Congo et aussi du Congo Brazaville), du Cameroun et du Centre Afrique.



S’ils sont là pour étudier dans nos universités, c’est parce que des accords ont été passés entre l’Algérie et ces divers pays. « Nous n’avons pas demandé à venir ici mais on nous a imposés cette destination », s’interrogent les étudiants.
Si nous avons  choisi de parler avec les étudiants demeurant dans la cité  2000 lits pour garçon et 2200 lits pour filles, c’est parce que diverses personnes nous ont signalé des anomalies importantes qui affectent ces jeunes. Ainsi pour tout ce qui concerne l’hébergement : il y a souvent de graves carences pour l’étanchéité de leurs chambres. Par temps de pluie, l’eau ruisselle à partit du plafond, les installations électriques sont défectueuses et ils doivent en moyenne changer les ampoules 1 ou 2 fois par mois. « Il faut aussi que nous changions nos serrures, parce que l’étudiant qui était avant nous a peut-être gardé des clefs ou distribués des clefs, et par prudence il nous faut mettre une nouvelle serrure », nous ont-dit, les hôtes des cités universitaires de Mostaganem. Mais ce qui semble les rebuter le plus c’est l’état de saleté des sanitaires et souvent le système d’évacuation des eaux usées qui ne marche pas.

Comment s’alimentent-ils ?
Beaucoup vont au restaurant universitaire  de la cité mais là aussi ils osent à peine nous décrire ce qui se vit dans cet espace qui devrait être un lieu de ressourcement et de convivialité. « C’est le désordre le plus complet et il n’y a personne pour organiser la distribution des repas. » Des  étudiants avec certaines complicités détiennent plusieurs cartes de restauration (une carte pour un repas) ce qui leur permet de prendre pour une seule personne plusieurs repas, ce qui prive d’autres étudiants arrivant en dernier de leurs repas. Cette mauvaise distribution entraine de nombreuses violences entre étudiants au moment des repas. Ils sont aussi très affectés par la manière dont se fait la distribution de la nourriture : les personnes chargées du service semblent ignorer totalement les règles les plus élémentaires d’hygiène : il est fréquent que l’employée qui fait le service mange en même temps et utilise la louche remplie de légumes, de riz ou d’autres aliments pour la porter d’abord  à sa bouche et ensuite  remplir l’assiette des étudiants. Plusieurs de ces étudiants nous disent que ces mauvaises habitudes leur coupent l’appétit. Nous leur demandons si les plats ont été bien préparés et si la nourriture qu’on leur donne est appétissante : là aussi le constat est accablant et il semble qu’il y ait là aussi un très grand laisser aller de la part de ceux qui sont aux cuisines. Comment remédier à une situation qui a naturellement beaucoup de répercussions sur la santé de ces jeunes !? Nous leur demandons s’ils ont cherché à rencontrer ceux qui sont à la direction de la cité universitaire et s’ils ont alerté celui qui porte la responsabilité de l’ensemble. Il semble bien là aussi que la direction semble dépassée et ces jeunes étudiants affirment qu’ils n’ont jamais vu celui qui dirige cette importante institution.
Qui contrôle ceux chargés de la restauration ?
Et qui veille sur la propreté et les conditions les plus basiques d’hygiène pour un tel établissement !? Nous avons constaté que le moral de ces jeunes est atteint par ce qu’ils vivent dans leur cité. Quelques uns ont de par leur famille des ressources qui les aident à améliorer leur ordinaire, mais ceux que nous avons rencontré sont pour la plupart de milieu très modeste, et quand en plus, comme pour les burkinabés, l’argent des bourses tardent à être versé ils se trouvent dans des situations très difficiles. Après la description de cette image dégradante, il est temps pour les responsables de ces cités universitaires de se mettre à l’écoute de ces jeunes et faire en sorte d’améliorer le service d’accueil, sachant que ces étudiants subsahariens sont aussi des ambassadeurs de leur pays dans notre pays !   

Réflexion
Mercredi 11 Juin 2014 - 16:36
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