REFLEXION

Le Dr Abderrahmane Mebtoul fustige Farouk Ksentini sur le vote obligatoire

« VOS DECLARATIONS SONT UNE ATTEINTE AUX LIBERTES »

Dans une lettre ouverte, dont Réflexion a reçu une copie, le Dr Abderrahmane Mebtoul, Professeur des universités et expert international, fustige Farouk Ksentini, président du CNCPPDH qui avait « exigé le vote obligatoire » formule rejetée par l’auteur de la lettre qui qualifie cette exigence d’ « atteinte aux libertés ». Voici le contenu de la lettre envoyée par le Dr Abderrahmane Mebtoul:



Le Dr Abderrahmane Mebtoul fustige Farouk Ksentini sur le vote obligatoire
LETTRE OUVERTE  A MAITRE FAROUK KSENTINI, PRESIDENT DU CNCPPDH QUI EXIGE  LE VOTE OBLIGATOIRE : « VOS DECLARATIONS SONT  UNE ATTEINTE AUX LIBERTES »
Maître Farouk Ksentini, président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l'homme (CNCPPDH), organe crée par l’Etat et vivant intégralement    des subventions du trésor algérien, en fait  grâce aux impôts  de la population algérienne, ne représentant pas  la majorité des segments de la société , loin de là,  a affirmé  récemment  sur les  ondes de Radio Algérie Internationale,   de rendre le vote obligatoire. Je voudrai faire quelques remarques sommaires:
 1/  Maitre  Ksentini  a-t-il analysé  l’essence de  l’inertie des partis politiques et des associations  appendices de l’Etat , incapables de mobiliser, se manifestant que lors d’élections ,   laissant dangereusement  lors  d’émeutes  sporadiques  les fores de sécurité confrontée  à la population  et ces députés qui perçoivent  une  rémunération indécente de 300.000 dinars par mois, sans corrélation avec le travail accompli ?
2/  Maitre  Ksentini  a-t-il analysé  le sentiment face à un Etat artificiellement riche  grâce à la  rente des hydrocarbures  d’une profonde injustice sociale et une paupérisation croissante accrue par l’inflation qui pénalise les couches les plus  défavorisées et  favorise les rentes spéculatives ? Face  à une  dépense publique jamais égalée depuis l‘indépendance politique ?
3/  Maitre  Ksentini a-t-il analysé cette corruption socialisée menaçant les fondements de l’Etat algérien  et la crise morale qui traverse tous les  segments de la société expliquant les  révoltes généralisées, non organisées, surtout d’une jeunesse désespérée de son avenir et cette exigence, nous voulons immédiatement notre part de rente  quitte à aller vers un suicide collectif ?
4/ Maitre  Ksentini  a-t-il - analysé avec son institution, en principe c’est son rôle  en tant que défenseur des droits de l’homme,  le désespoir des harragas, ces jeunes qui, souvent avec la complicité de leurs parents, bravent la mort et l’impact de l’exode, partageant le rêve de s’enfuir du pays, comme en témoignent, de l’aube au crépuscule, les longues filles d’attente auprès des ambassades pour la demande de visas ?
5./  Le résultats de la pratique de plusieurs décennies et non seulement de la période actuelle, n’assistons nous pas à des tensions à travers toutes les wilayas  contre la hogra – la corruption, le mal vivre –, d’une jeunesse dont le slogan « nous sommes déjà morts  » et cela ne traduit  t-il pas l’impasse du système économique rentier à générer une croissance hors hydrocarbures, seule condition d’atténuation des tensions sociales pour faire face au malaise social ?
6/  Dans la majorité des pays  dits démocratiques y compris les pays émergents, chaque citoyen n’est t-il pas libre  d’aller voter ou pas. Et l’abstention qui n’est pas propre à l’Algérie n’est il pas  un indicateur  de la confiance ou pas    entre l’Etat et les citoyens ? Mais la spécificité algérienne comme cela a été souligné par les plus hautes autorités du pays récemment, dont le Ministre des affaires étrangères,  il n’ya jamais eu en Algérie d’élections libres depuis 1963 et les données ont été faussées par le bourrage des urnes. Ne faut-il  pas laisser  la liberté au citoyen  algérien qui contrairement aux discours populistes  paternalistes de certains responsables  est mur pour le choix et conscient des enjeux ?     
  En fin de compte a,  avec de nombreux amis  de toutes les régions du pays, nous jugeons les positions dictatoriales  de Maitre Ksentini   d’une gravité extrême et comme une atteinte  aux libertés fondamentales inscrites dans la constitution algérienne et à contre courant des valeurs du 01 novembre 1954. Ces déclarations  nous ramènent  à l’ère coloniale, et ternissent  encore plus  l’image de l’Algérie.    Si l’on veut réhabiliter la politique, il faut s’attaquer à l’essentiel et non au secondaire comme le fait Maitre Ksentini en  rétablissant  la confiance entre les citoyens et les institutions de la république , de préserver les libertés individuelles et consolider la cohésion sociale. La structure des sociétés modernes et puissantes qui dominent le monde, s’est bâtie d’abord sur des valeurs et une morale comme nous l’a enseigné justement le grand sociologue  Ibn Khaldoun qui dans son cycle des civilisations montre clairement que lorsque l’immoralité atteint  les dirigeants qui gouvernent la Cité, c’est la décadence de toute société.  Cela  renvoie à la symbiose entre l’efficacité économique et une  profonde justice sociale,( ne pouvant en principe partager  que ce qui a  été préalablement produit),  à l’Etat de droit , à une gouvernance renouvelée réhabilitant le savoir et l’entreprise,  à  une démocratie dynamique assise sur une justice indépendante,  tenant compte de notre anthropologie culturelle, conciliant authenticité et modernité . Ce n’est qu’à ces conditions, que les  Algériens, dans leur différence, auront l’envie de construire ensemble leur pays,  d’y vivre dignement  et de faire de la politique.

Dr Abderrahmane Mebtoul
Lundi 9 Avril 2012 - 10:33
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ACTUALITÉ
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