REFLEXION

Laisse-le traire pour se taire



L’homme est un enfant né à minuit : quand il voit le soleil, il croit qu’hier n’a jamais existé ». (Proverbe chinois). Nul ne peut ignorer les récentes mesures prises par le gouvernement, tambour battant, pour atténuer une crise latente qui couvait dans la société. Une batterie de mesures, endormies depuis une décennie, a été soudainement proposée aux citoyens comme si dans ce bled il n’y avait ni peuple ni problèmes. Personne, stupide soit-elle, ne peut contester cette nouvelle approche de la société sauf qu’elle est venue une décennie en retard. Une décennie marquée par les scandales à répétition, le phénomène de la harga, l’obsession de fuir vers l’autre côté de la méditerranée et récemment le désir de s’immoler par le feu. Ah ! Si ces mesures ont été mises en œuvre dix ans auparavant, le présent des Algériens aurait été probablement meilleur et prospère. Certains estiment que les Algériens ; considérés longtemps comme un troupeau de moutons ; doivent accepter le peu et se taire à jamais. Mais, ils n’ont guère besoin de « fetwa » pour le faire car c’est des droits légitimes qui leur reviennent. En dépit des stéréotypes, le mouton est un animal social très intelligent, doté d’une bonne mémoire. Il se souvient des moutons et des humains qu’il a rencontrés, et noue des amitiés durables avec les autres moutons de son troupeau. Plutôt que de rester bêtement devant un obstacle, les moutons se regroupent pour y faire face ensemble et coopèrent pour se protéger. La nation a vaincu le terrorisme et les citoyens se sont conciliés entre eux mais la frustration sociale n’a cessé d’agrandir davantage à cause d’un sentiment profond d’injustice, de hogra et de marginalisation. Une bonne frange de la population a le sentiment que les dernières mesures généreuses du gouvernement ne sont pas le fruit d’une stratégie réfléchie mais elles sont des anesthésiants face aux vents du changement qui ont touché nos frères et voisins. Entre prendre ses droits comme droits garanties par la constitution et avoir ses droits parce que les circonstances ont voulu ainsi, Il y a une différence de taille. Les autorités doivent comprendre le désir pressant de ce peuple à la sécurité, à la dignité et à la stabilité. Le peuple voudrait un changement radical et pacifique à travers le départ d’un gouvernement qui a cumulé les échecs. Il n’est pas raisonnable, dans le pays des jeunes, de voir un ministre demeurait 20 ans sur le même fauteuil. Et, quand il y a eu changement, nos ministres se permutaient les départements pour y revenir plus tard. Il est temps de voir un nouveau gouvernement sans les symboles de l’échec et de la frustration, sans des ministres incapables de suivre les mutations de la société et les mesures audacieuses et historiques lancées par le président. Après des années d’adversité et d’incertitude, les Algériens ont gagné plus de maturité et de dévouement. Ils sont maintenant plus conscients de la pratique de la liberté et de la démocratie.

Adda Abdelwahab
Mardi 22 Mars 2011 - 09:24
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CHRONIQUE
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