REFLEXION

La troisième guerre mondiale s’avance

Laurent Artur du Plessis est sans doute l’un des meilleurs essayistes de notre époque. Depuis plus de dix ans, il décrit méthodiquement la crise qui enfle, tant au plan économique qu’au plan géopolitique. Et il continue à le faire dans son nouvel ouvrage : « Le monde s’embrase ».



La troisième guerre mondiale s’avance
Ce titre n’est pas un titre grandiloquent, visant à « faire vendre ». Au contraire, il définit admirablement et précisément ce que nous avons sous les yeux et que les médias officiels semblent soit ne pas voir, soit nous cacher volontairement.
Quels sont les ingrédients de cet embrasement ?
Tout d’abord, la crise économique. Celle-ci, malgré les chants de triomphe des « élites » européennes, est loin d’être derrière nous. Et plus nous répondons à cette crise par une « amélioration » de la « gouvernance économique » internationale, plus nous enferrons le monde dans le marasme et dans la crise. On le voit particulièrement pour l’euro. Les ingrédients  de cette crise économique sont multiples. Il y a d’abord la drogue de crédit et de fausse monnaie. Et il y a les réponses inadaptées, qui sont de deux types essentiellement. La plus grande « intégration » qui rend la machine économique mondiale toujours plus fragile, tout d’abord ; et ensuite une austérité à contre-temps.
À propos de cette austérité, il faut préciser que, naturellement, je suis très favorable à ce que les finances publiques soient gérées sérieusement, à l’inverse de ce qui se pratique depuis 40 ans. Mais l’austérité qui nous est aujourd’hui imposée n’est pas le sérieux budgétaire. C’est, au contraire, le refus de choisir. Il est évident que, constatant que l’État croule sous les dettes, la sagesse la plus élémentaire consisterait à dire : nous n’avons plus les moyens d’un État-providence pléthorique aux côtés d’une défense forte ; la mission principale de l’État est d’assurer la défense ; alors coupons dans l’État-providence. C’est cela que nous attendons d’un homme d’État. Mais c’est cela qu’un politicien ne peut nous offrir, puisque l’État-providence permet à sa démagogie d’arroser une clientèle nombreuse. Selon Laurent Artur du Plessis, la crise économique ne sera qu’un catalyseur de l’embrasement mondial à venir. C’est vrai pour l’Occident. Pour le Moyen-Orient, la crise économique pourrait bien être le moteur, puisque des dizaines de millions de personnes vivent avec un dollar par jour et risquent donc, du jour au lendemain, de se retrouver en situation de famine, n’ayant rien à perdre.
Mais, à vrai dire, il importe peu de savoir quel ingrédient sera le détonateur et quel ingrédient constituera l’explosif.
Ce qui importe, c’est de noter qu’à côté de cette crise économique majeure – et systématiquement sous-estimée par les médias aux ordres –, les éléments d’une crise politique majeure sont réunis. Cette crise trouve son épicentre dans la région du Moyen-Orient, où se trouve l’essentiel des ressources énergétiques de la planète (au passage, les écolo-gauchistes portent une lourde res­ponsabilité dans notre dépendance énergétique, en refusant le développement de notre industrie nucléaire et la recherche sur les gaz de schiste). Et, ici, la situation, explosive au sens propre, de l’Iran est particulièrement préoccupante.
Mais il n’y a pas que l’Iran ; il faut aussi compter avec la radicalisation du conflit ancestral islam-Occident (dont la réislamisation de la Turquie est l’un des principaux symptômes) et peut-être plus encore avec le conflit, économique et géopolitique, entre la Chine et les États-Unis…
Pour conclure, Laurent Artur du Plessis appelle au développement des relations russo-européennes.
Dès l’instant que l’on regarde une carte du monde, ce point saute aux yeux. La Russie a deux alliances possibles : une alliance occidentale avec l’Europe et une alliance orientale avec la Chine. Si la Russie s’allie avec la Chine, elle permet à cette dernière de prendre le contrôle du Pacifique aux dépens des États-Unis. Le problème, c’est qu’actuellement, l’Occident tout entier est dans une logique suicidaire. Il serait souhaitable que nos « élites » lisent d’urgence le livre de Laurent Artur du Plessis et se réveillent de leur torpeur. Nous avons beaucoup de cartes en main. Encore faut-il les jouer et vouloir gagner !
 

la rédaction
Jeudi 2 Mai 2013 - 11:30
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