REFLEXION

La trahison de Sarkozy

‘’Réflexion’’ publie un dossier sur la secrète relation entre la France et la Libye. Une série de publications sur le monde secret du renseignement, de l’action subversive et du contre-espionnage dans un but purement didactique. Il s’agit au moins de relater des faits nouveaux que d’une lecture qui fait le lien entre des événements souvent connus, spectaculaires ou non, qui paraissent plutôt disparates et conjoncturels mais derrière lesquels se profilent toujours des motivations de géostratégie politique et de la raison d’Etat.



Après l’assassinat avec préméditation du dirigeant de la Libye Kadhafi, Il est indécent de se réjouir autour d’un cadavre, fut-il celui de votre pire ennemi. Mais cette exécution sommaire, aux allures d’assassinat appelle bien des interrogations. Beaucoup même ! C’était décidé pour qu’il ne parle plus jamais. La Libye, Etat souverain, était représentée à l’ONU et Nicolas Sarkozy n’avait pas hésité à recevoir le colonel Kadhafi à l’Elysée en visite officielle en décembre 2007 il lui a permis de planter sa tente au cœur de Paris sous la protection de la DGSE, DST, RG, BMPRJ, et la police municipale. Pour l’anecdote, pendant le sommet arabe du Caire, nous avons voulu savoir pourquoi Kadhafi trainait toujours avec lui sa tente, l’or de ses voyages à l’Etranger, et c’est lui-même qui répondra à la question, Tout simplement pour éviter l’empoisonnement du couchage et les micros espions… et c’est une instruction qu’il avait reçu d’el merhoum Houari Boumediene. Enfin le 17 février 2011, c’était le moment choisi par Nicolas Sarkozy, en prenant prétexte sur une révolte intertribale inspirée par le fameux printemps arabe, pour prendre la tête, pour des raisons toujours obscures, d’une croisade improvisée contre la Libye. Sur le plan du droit international, la position française est difficilement défendable. La résolution 1973 arrachée à grand peine à l’ONU par Alain Juppé, souvent mieux inspiré, accordait strictement l’autorisation de procéder à des frappes aériennes, pour protéger les populations civiles, soi disant menacées de génocide par le forces libyennes. Elle ne permettait nullement d’envahir indirectement ce pays, de l’écraser sous les bombes, d’armer, de financer et de former les rebelles, afin de renverser le gouvernement du colonel Kadhafi, de le faire prisonnier et encore moins de provoquer sa mort et celle de sa famille. Ici, quelle excuse ? Ici, quelle circonstance impérative poussait à cette sauvagerie sans nom contre un vaincu ? Les forces dont disposaient Kadhafi menaçaient-elles de renverser la situation qui avait amené la mise en place du pouvoir du CNT, par la grâce des avions et des commandos de l’OTAN ? Qu’est-ce que les djihadistes d’Al Qaida, déjà parvenus au pouvoir de fait à Tripoli, pouvaient bien redouter d’un homme capturé, grâce aux avions, aux hélicoptères munitions des troupes de l’Otan ? Kadhafi était un despote, personne ne pourra le nier. C’était un homme disposant d’un pouvoir pratiquement sans limite, c’est indéniable cela aussi. Il dévoyait le concept de socialisme, fut-il un « socialisme arabe », personne ne pourra dire le contraire, sauf, peut-être, deux hommes se disant encore ses amis jusqu’il y a quelques jours ; Mais tout cela justifiait-il que l’Otan, sous le prétexte de « Révolution arabe », en organise une elle-même, une « Révolution arabe » préventive, du sommet et au moyen des forces de l’Otan, pour offrir à Tripoli le pouvoir à l’islamisme ? Tout cela justifiait-il cette ultime et abominable mise à mort, au moment même où, à Tunis, Ghannouchi et Ennhada menacent de déchaîner la violence, si le résultat des urnes n’est pas celui qu’ils ont décidé pour imposer la charia !? à tous les Tunisiens ? Ces faits politiques justifiaient-ils de permettre -à ce qui ne fut à aucun moment l’Armée d’un soulèvement populaire- de détruire les forces légales libyennes ?

LE CNT accusé de crime contre l’humanité et crime de guerre
En effet, avant de transformer Kadhafi en punching-ball, puis en carcasse déchirée, il y a eu ces meutes hurlantes, s’en prenant aux noirs, aux « zanj ».Il y eu cette lie humaine, il y eu ces fragments de population fanatisée, traquant ces hommes et ces femmes sans lesquels, sous Kadhafi, les auteurs de la prétendue révolution libyenne auraient dû vivre tout autrement. Sans les zanj, sans les noirs, ils auraient dû travailler, chaque jour, de leurs mains, pour profiter des fruits de la rente pétrolière. Ils auraient été obligés de mouiller leur chemise ou leur hijab. La « révolution », faute de prendre El Gueddafi a d’abord lynché quelques centaines de troupiers, de simples soldats noirs membres des forces régulières, des hommes que Al Jazeera et Al Arabia médias, sans remords visibles accepteront d’affubler de l’étiquette désobligeante, pour ne pas dire outrageante, de « mercenaires noirs ». N’ayant pas assez de « mercenaires noirs » à se mettre sous la dent pour les dévorer, pas suffisamment de « mercenaires noirs » à égorger et brûler, une fois morts ou parfois encore vivants, la « révolution arabe » anti Kadhafi s’en cherchera. Elle en trouvera. Je pense ici aux prolétaires noirs. Je pense aux soutiers du navire libyen ; ce navire des sables, vivant confortablement de la rente pétrolière. Kadhafi, à la différence de la bureaucratie FLN, en Algérie, partageait la rente. Le Raïs libyen la partageait, in- égalitairement certes, mais il la partageait, avec les autres Libyens. Il y a quelques mois, quelques journalistes voulant faire sérieusement, c’est-à dire honnêtement, leur métier, ont dénoncé et parfois ont pu montrer ce qu’il restait de ces tueries de noirs accusés d’être des « mercenaires noirs ». Ils filmeront et montreront des centaines de restes humains calcinés.

Une mascarade juridique
A part l’exécution de Ceausescu par les rebelles roumains en décembre 1989, de Mussolini et de sa maîtresse par les résistants communistes en 1945, l’histoire récente ne présente guère d’épisodes aussi sordides et sanglants. Même Saddam Hussein, capturé, a eu droit à un procès devant un tribunal normalement constitué avant d’être jugé et condamné. Du point de vue du droit, cet épisode est clairement une mascarade juridique. Sur le plan militaire, cette médiocre affaire n’a rien de bien glorieux non plus. Car il aura fallu 8 longs mois pour que les forces de l’ingérence (de l’Otan), coalisées validées par la « Ligue Arabe » de Amr Moussa contre la minuscule Libye, parviennent péniblement à en venir à bout. Et encore a-t-il fallu que l’armée française, exsangue et sous équipée, soit obligée, au bout de quinze jours, d’emprunter de l’essence et des munitions à l’Oncle Sam lequel, toujours obligeant, s‘est empressé au surplus de détruire les défenses anti ariennes des forces libyennes. Faute de quoi, ni les avions ni les hélicoptères de l’OTAN n’auraient pu se promener impunément dans le ciel libyen. Mais hélas, les chefs des Etats Arabes, puissants uniquement contre leur peuple, sont demeurés devant Dieu et le monde, bouches cousues. Finalement à quoi servirons ces centaines de généraux arabes et ces généraux retraités qui se bousculaient devant les portes des studios des télévisions comme à Al Jazeera, Al Arabia et d’autres canaux TV, pour expliquer n’importe quoi, alors que tous, ont démontré leur incompétence. Ils sont incapables de défendre leur patrie, puisque la majorité d’entre eux et leurs enfants vivent entre les Etats-Unis, la Grande Bretagne, la France et la Suisse au frais du peuple arabe qui crève de faim, de chômage et de persécution dont une partie de la jeunesse se jette dans la méditerranée avec tous les risques et l’espoir de trouver une vie meilleure ailleurs. A suivre

Ibn Khaldoun
Mardi 1 Novembre 2011 - 21:02
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ACTUALITÉ
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