REFLEXION

La trahison de Sarkozy (suite)

‘’Réflexion’’ publie un dossier sur la secrète relation entre la France et la Libye. Une série de publications sur le monde secret du renseignement, de l’action subversive et du contre-espionnage dans un but purement didactique. Il s’agit au moins de relater des faits nouveaux que d’une lecture qui fait le lien entre des événements souvent connus, spectaculaires ou non, qui paraissent plutôt disparates et conjoncturels mais derrière lesquels se profilent toujours des motivations de géostratégie politique et de la raison d’Etat.



Sarkozy doit rendre des comptes
Notons enfin qu’à peine installées au pouvoir, les forces rebelles n’ont pas manqué de s’entre déchirer avec ardeur, ce qui promet assurément de fort mauvaises surprises dans la suite des évènements avec, en toile de fond, la perspective d’une main mise d’ Al Quaïda ou quelque autre ramification islamiste . Dans quelque temps, la France risque fort de se demander si elle n’a pas sottement joué les apprentis sorciers. Mais le pire est ailleurs. Cette exécution sommaire, commanditée, qu’on le veuille ou non, par l’occident, ne manque pas de provoquer un profond malaise, sur le plan moral cette fois. Car voilà les justiciers que prétendaient l’ONU et l’OTAN être aux yeux du monde, armés du droit d’ingérence et du droit humanitaire, grands défenseurs des droits de l’homme et de la justice, abondamment pourvus de tribunaux internationaux chargés d’appliquer la justice, qui foulent impudemment aux pieds les principes moraux mêmes qu’ils prétendent imposer, par la force si besoin est, aux autres nations. La leçon ne sera pas sans doute perdue pour tout le monde. L’honneur de la France, tant invoqué en la circonstance, n’est-il pas quelque peu écorné ? Faut-il réintroduire l’assassinat comme instrument de la politique étrangère de Sarkozy et la barbarie serait-elle de retour dans les relations internationales ? Comment l’histoire va-t-elle juger ce triste épisode et ne risque-t-elle pas de se venger tôt ou tard, au détriment de la France et de la pire manière.
Le CNT, doit gérer les conséquences de l’insurrection dans le pays qui demeure malgré tout divisé. Pour le moment et selon tous les rapports des services de renseignement arabes. Les acteurs Libyens sont loin de trouver un consensus et le rétablissement de la paix. Le risque fort des heurts est présent. Les prochains mois seront dures pour les Libyens, surtout la définition de nouveaux équilibres intérieurs, les luttes pour la redistribution de la richesse pétrolière, l’explosion du nombre d’armes, que Bernard-Henri Levy avait supervisé la distribution aux intégristes. Il savait ce qu’il faisait et à qui donner ! Ses enjeux à résoudre ne sont pas facile, d’autant plus que le CNT avait monté ‘’au créneau’’ en accusant à tord l’Algérie. (Ceci est un dossier qui demeure en suspend) Le CNT dès le début à travers le Colonel Al Bani, manipulé par Al Jazeera TV (service propagande), n’hésita pas à déverser son venin sur l’Algérie. De ce fait le CNT a perdu un soutien considérable dans la région et doit contenir ses groupes armés à ne pas roder près de la frontière Algérienne ! De manière plus générale, à l’échelle de la région, les relations entre le pouvoir et les populations sont au cœur des enjeux, et pas seulement du fait des révoltes et révolutions dans le monde arabe. En Libye, la situation touareg se serait ainsi considérablement dégradée avec les insurgés armés, le représentant de la Coordination des Touaregs pour la Libye appelant même l’Algérie à ouvrir ses frontières pour permettre aux touaregs libyens de se réfugier dans le sud algérien. Quant au Niger, il fait face au retour de plus de 200 000 migrants travaillant auparavant de l’autre côté de la frontière avec la Libye, et la fin des transferts d’argent venant de ce pays. Certains Touareg qui étaient engagés dans la Légion islamique de Kadhafi, sont retournés chez eux avec armes sophistiquées selon les services de renseignements de la région du Sahel.

L’Otan est à la croisée des chemins
A condition d’éloigner toute ingérence au Maghreb et au Sahel. L’Union européenne et les États membres disposent d’atouts pour peser dans la région. La mise en place d’un service diplomatique européen et d’une task force méditerranéenne peuvent contribuer à donner de la cohérence à la politique des Européens. Mais surtout, Bruxelles a annoncé à quelques mois d’intervalles une stratégie pour le Sahel articulant sécurité et développement et une nouvelle approche de voisinage plaçant au premier plan les réformes politiques.
Alors que la nature n’aimant pas le vide, ne rien faire reviendrait à prendre le risque de laisser les logiques de nuisance prévaloir dans la région, avec un accroissement des fractures, aussi bien à l’intérieur des sociétés qu’à l’échelle régionale. Face à ces incertitudes et menaces, les Européens n’ont guère d’autre choix que de s’impliquer et s’ingérer dans la bande sahélo-saharienne ce qui sera pris comme une provocation de la part d’un new colonialisme sous couverture de défendre activement leur vision de la région et de son avenir auprès des acteurs régionaux et internationaux, et de rester ferme sur les principes. A suivre

Ibn Khaldoun
Jeudi 3 Novembre 2011 - 12:15
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ACTUALITÉ
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