REFLEXION

La saignée



La saignée
L’exode des compétences constitue aujourd’hui un véritable fléau. Après les chercheurs, les médecins, les ingénieurs et autres diplômés dans la science et dans la technologie, voilà que c’est au tour des étudiants qui lèvent le voile à destination de la France, de la Russie, de la Chine, de l’Angleterre, des Etats-Unis, voire de l’Ukraine. Avec plus de 10 000 demandes de visa d’études par an dont la moitié est accordée en moyenne, nos jeunes talents partent non seulement dans l’espoir d’acquérir de nouvelles connaissances mais aussi dans l’espoir de ne plus revenir. Pourquoi ? A priori, pour la plupart d’entre eux, les universités algériennes sont loin d’assurer une bonne formation alors que les universités occidentales sont réputées pour la qualité de leur enseignement, c’est pourquoi, rares sont les étudiants qui choisissent de retourner au pays à la fin de leur cursus. Au départ, ils déclarent le contraire aux ambassades des pays d’accueil et même à leurs parents, mais une fois partis, la question ne se pose même plus. Ils ne reviennent pas. Pour seulement la France, il avait été enregistré pas moins de 20 000 étudiants algériens inscrits au niveau des universités de l’Hexagone. Le choix de ce pays est lié bien sûr à sa proximité avec l’Algérie mais aussi pour la maîtrise par les étudiants algériens de la langue de Molière. La gravité du problème réside aujourd’hui, sur les moyens à mettre en œuvre pour récupérer notre élite. La sonnette d’alarme est tirée. Ce n’est pas possible qu’en l’espace de ces deux dernières années, plus de 230 praticiens ont opté pour l’exil pour fuir des conditions de travail difficiles. C’est par vagues successives que les praticiens de la santé publique quittent le pays. Ils préfèrent exercer leur talent sous d’autres cieux que d’être ridiculisés et mal traités par des administratifs qui n’ont rien à voir avec la science et la médecine. L’hémorragie est plus que perceptible, il suffit de visiter nos centres de santé pour constater le malaise qui y sévit. En 10 ans, notre pays a perdu plus de 40 000 chercheurs, une situation des plus inquiétantes. Les conditions socioprofessionnelles étant plus clémentes et valorisantes sous d’autres cieux, qu’ils préfèrent s’y installer. Cette situation qui se traduit par une fuite de cerveaux, considérable, pourrait déstabiliser la structure économique et sociale de la nation. En effet, la dégradation des conditions de vie et de travail, la bureaucratie, la corruption et le favoritisme, ont gangréné la société dans son ensemble. Ces nuisances, à l’origine du départ de nombreux algériens, ont découragé les rares candidats au retour dont la plupart a fini par plier bagage pour de bon, tant la situation reste incongrue. En plus des difficultés matérielles, dès leur retour, il est question aussi de l’inadéquation de l’environnement professionnel, ils ne pourront s’adapter que si tous les moyens soient mis à leur disposition pour pouvoir exercer dans un climat sain et digne de leur compétence. Alors comment peut-on y remédier ? Comment arriverons-nous à arrêter cette saignée qui fait trop de mal à notre cher et beau pays ?

Amara Mohamed
Mercredi 24 Mars 2010 - 23:01
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NON-DITS
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