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La question identitaire en FranceLa société française est agitée par un des plus grands débats de ce début de siècle sur l'identité nationale. Presse, Internet, radio, Télévision s'y livrent à fond avec un esprit compétitif qui fait honneur à la démocratie.
Tout le monde est libre de conscience, de pensée, d'expression. Les amarres sont l'achées et chacun peut dire ce qu'il veut à qui il veut, sans risque d'être blâmé pour ses prises de position, fussent-elles les plus osées. Dans ce Tohu Bohu monstre, orchestré par le parti majoritaire UMP, le front national, cette formation d'extrême droite, acquise aux idées fascisantes et nazisantes, s'est jeté corps et âme dans la mêlée avec l'intention bien arrêtée de récolter des dividendes. Son cheval de bataille est aussi vieux que lui : c'est l'Immigration. Fidèle à son image de marque, il a mobilisé ses adeptes dans une campagne de dénigrement qui fait large place à l'imprécation, à l'anathème, à l'incrimination, à la stigmatisation et à la diabolisation. Pas une lettre n'a été ôtée de l'argumentaire classique " L'étranger est un intrus, entré en France sans l'assentiment de la France, une brute hideuse, un analphabète irrattrapable, un illettré arriéré, coïncé et ankylosé doublé d'un passéiste borné ; ses conceptions de la vie, ses coutumes et ses mœurs sont en totale contradiction avec le pays d'accueil, un type inintégrable et inassimilable, une nullité absolue venue manger le pain des français. Qu'il vienne mettre ses muscles à notre service, d'accord ; mais pas plus ! Nous n'attendons rien de son cerveau car c'est une masse de chair congelée depuis une éternité ". Telles sont, de façon caricaturales, les thèses les plus centrales des Gaulois modernes. Leur slogan est connu : LA FRANCE AUX FRANCAIS, affiché triomphalement dans toutes les localités de l'hexagone. Premières victimes de ce déchaînement de violence verbale : les noirs, les Arabes, les Juifs perçus comme autant de sangsues et de chenilles, d'êtres carencés et dégénérés, prêts à verser dans la servitude la plus sordide pour récolter quelques sous, quitte à vivre de la vie du parasite. Notons que ces tristes évènements se passent sur la terre de France, c'est-à-dire la patrie de la déclaration universelle des droits de l'homme, un document signé et approuvé par tous les états du monde et qui accorde à tout être humain, quelles que soient sa couleur, sa race ou sa langue, expressément de s'installer dans le pays de son choix, ce qui signifie que tous les Français qui s'insurgent contre l'immigré sont des violateurs et des transgresseurs de la dite déclaration, ce qui les rend passibles de poursuites judiciaires devant la Cour internationale de la Haye. Parlons aussi de cette France si frileuse et si chatouilleuse qui réclame pour elle-même la pureté du sang et de la race, comme si son histoire s'était arrêtée à Clovis. Disons ouvertement à ces nostalgiques d'une époque révolue et sans espoir de retour qu'il n'y a aucun point de comparaison entre la Gaule et la Frances telle que nous la connaissons aujourd'hui. Voici le tableau de la France actuelle : 77 langues régionales = 77 ethnies ou peuples mélangés - Fusion des races germanique, gauloise et latine. Importante communauté juive installée depuis plus de dix huit siècles ; la ville de Ramatuelle a été fondée et baptisée par des Hébreux. Une forte colonie arabe, dont la première vague remonte au VIIIè siècle, implantée à Narbonne (An 720), Toulouse (721). Nîmes (725), Carcassonne (725), Autun (731) et Poitiers (732). Des minorités arabes se sont fixées en l'an 725 à Chalons sur Saône, Macon, Besançon, Beaune, Dijon, Auxerre, Avignon, Viviers, Valence, vienne et Lyon. Au témoignage du professeur SEDILLOT, auteur de la trop célèbre histoire générale des arabes, " Les patois de l'Auvergne et du Limousin sont peuplés de mots arabes …. Les noms propres y affectent à chaque pas une forme tout arabe ". La deuxième vague a démarré au début du vingtième siècle avec l'émigration massive partie des pays du Maghreb et qui se chiffre en cette année à cinq millions d'individus. Une très solide diaspora noire constituée d'hommes venant de l'Afrique francophone (Sénégal, Congo, Gabon, Niger, Mali). Un gros contingent d'asiatiques émanant du Vietnam, du Laos, de Chine et du Cambodge. A croire les démographes, il y aurait 10 millions d'expatriés en France dont un pourcentage appréciable ont opté pour la nationalité du pays hôte et y vivent avec toutes leurs familles. Parmi eux, on compte de grandes personnalités des mondes politique, culturel et sportif : Gaston MONNERVILLE (ancien président du Sénat) Rachida DATI (ex- ministre de la justice) Fadéla AMARA ( ministre de la ville) Isabelle ADJANI ( artiste de renom international) Zineddine ZIDANE ( champion du monde de Football), etc…. Autrement dit, parler du pays de Voltaire en 2010 c'est, fondamentalement, entendre pleinement et distinctement une France Multiraciale, multiculturelle et multiconfessionnelle. C'est sur ce canevas que tout sera basé dorénavant le plan constitutionnel. L'unité est devenue diversité, c'est le point incontournable essentiel et décisif de toute discussion d'ordre politique portant sur le présent et l'avenir de la France. Fort d'une expérience de dix ans dans ce pays, nous pouvons dire que la France accuse un grand retard en la matière : les dupent et les Durand monopolisent tous les leviers de commande de l'Etat : gouvernement, partis politiques, institutions publiques sont hermétiquement fermés aux nouveaux français issus de la diversité comme si la valeur intellectuelle ne pouvait être que gauloise. Les noms à consonance étrangère sont quasiment bannis du personnel politique diplomatique, artistique et culturel ; occultés, marginalisés ou ignorés, ils sont promptement extraits de leurs tombes dans ces manifestations exceptionnellement exceptionnelles consacrées aux colonies. Il faut une fête grandiose ou un évènement gravissime pour entendre balbutiés quelques mots sur Aimé CESAIRE, l'antillais, un des géants actuels de la pensée universelle. Les démocrates parisiens devraient rougir de honte de traiter si misérablement ces hommes d'envergure qui ont rendu de signalés services à la culture française. Aux funérailles du chantre de la francophonie, Léopold SENGHOR, aucun ministre français n'a osé faire le déplacement à Nice. Motif : un noir en moins sur la terre ! A quoi bon gâcher son temps. Au cri de ralliement des ultras " LA France AUX FRANCAIS" il faudrait désormais substituer celui-ci " LA France A TOUS LES FRANCAIS" qui est manifestement plus en rapport avec les réalités présentées. Concrètement, ce nouveau slogan signifie : arrêt de la ghettoïsation des populations noire et maghrébine, promouvoir une égalité de fait non point exclusivement de droit - accès de tous aux fonctions supérieures - équité dans le traitement médiatique des religions - promulgation d'une loi contre l'Islamophobie semblable à celle qui condamne l'antisémitisme - réforme de l'enseignement public dans le sens de l'universalisme - lutte permanente et incessante contre l'exclusion, la discrimination, la marginalisation, le déni de justice, le délit de faciès. Il est du devoir des héritiers de DESCARTES, de ROUSSEAU, de VOLTAIRE, ces humanistes éminents, ces promoteurs vigoureux de la civilisation de la raison, de s'élever avec force contre toute atteinte à la dignité humaine pour instaurer la société de l'homme intégral, non celle de celui qui s'exprime chauvinement et provincialement " JE SUIS FRANÇAIS " mais celui qui, tout en étant fier de sa francité, dirait intérieurement et intimement " JE SUIS UN CITOYEN DU MONDE", sans que cela remette en cause ses origines, loin de là. Et à ceux qui viennent de ressusciter ASTERIX pour replonger la France des lumières dans la Gaule des ténèbres, nous disons clairement que leur projet dément va bientôt les mettre en porte-à-faux avec la marche naturelle de l'histoire car tout ce qui se fait actuellement dans le monde, aux niveaux politique et culturel, a une teinte internationaliste et mondialiste, et vise à transcender les pays et les peuples. Le Gallocentrisme est mort depuis longtemps ; toute tentative de le remettre au goût du jour échouera irrémédiablement. D'ailleurs, l'objet de leur obsession, la Gaule, fut en réalité un grand vide culturel et scientifique, pour quelqu'un qui a fréquenté la Sorbonne ou l'Ecole polytechnique, ce ne saurait être la bonne référence. Le jugement d'un grand spécialiste de l'Antiquité, le professeur PAUL MARIE DUVAL, va clore cette discussion. Dans son maître ouvrage " La vie quotidienne en Gaule pendant la paix romaine ", il écrit : " Les Gaulois n'ont laissé ni littérature écrite, ni inscriptions, ni images divines, ni temples durables." Peut-on franchement se vanter d'une telle sécheresse et d'une telle stérilité ? En ce qui concerne l'Islam, on a assez répété qu'il est statistiquement, humainement et matériellement, la deuxième religion de France, après le Catholicisme. Ses minarets se dressent dans une multitude de localités, ses adeptes se font remarquer chaque vendredi par leur piétisme, sa littérature est des plus abondantes et des plus vendues, la voix de ses représentants se fait entendre par les plus hautes autorités. Toutes ces observations sont à mettre à son crédit. Néanmoins, le débat sur l'Identité va être sanctionné par les urnes et par l'adoption d'un texte qui, tout en réaffirmant l'adhésion sans faille aux principes cardinaux de la République (Liberté - Egalité - Fraternité - Laïcité) exigera de tous les monothéistes, quelle que soit leur obédience, de s'inscrire de manière volontariste dans une dynamique de tolérance large, de paix sociale et de coexistence pacifique. Ce vote vaudra comme engagement pour tous ceux qui y souscriront, en toute conscience. En filigrane, il voudra dire que l'électeur fera passer les valeurs républicaines en toute priorité. Nous ne pensons point que les rédacteurs du projet puissent avoir des préjugés religieux ou des arrière - pensées venimeuses mais avec les évènements architragiques des années quatre - vingt - dix et qui ont en pour théâtre le sol parisien avec les bilans macabres que l'on sait ainsi que les polémiques déclenchées ici et là par la malveillance et l'agressivité des uns et des autres, il était temps pour la France de marquer une pause dans le processus Agression - Répression et de se repenser en tant qu'Etat et Société modernes, afin de redémarrer sur de bonnes bases et assurer la pérennité des valeurs d'accueil, d'hospitalité, de charité, de convivialité et de solidarité qui ont constamment étaient les siennes. Cette nouvelle vision des choses impliquera fatalement de placer des garde-fous e des barrières au sein même de cette identité dans le dessein de barrer la route à toutes les sortes de dérives, politiques ou religieuses. Ainsi donc, les musulmans sont invités à se désolidariser de tout intégrisme, de tout extrémisme, de tout fanatisme de sorte qu'il puisse y avoir un terrain d'entente entre eux et les autres composantes de la société française. Transplanté en Europe, L'(ISLAM TRADITIONNEL avec son ritualisme aberrant, son juridisme suranné, son mimétisme abject, ses prières ostentatoires, ses prêches incendiaires, ses sacrifices d'animaux en public au vu et au su de tous, ses mœurs bédouines, son exclusion de la femme de toute promiscuité, son exigence du port d'un voile intégral, ses incohérences doctrinales, cet Islam là fera faillite et ira rejoindre les brumes de l'oubli. Ce que nous réclamons pour nos coreligionnaires de France, c'est l'Islam originel dont les fondements sont exposés dans le Coran : un Islam authentiquement cosmique réduit à quelques commandements et quelques enseignements, rêvé par tous les fervents croyants : sans liturgie, sans rites, sans offrandes sans sacrifices sans magistère, sans clercs. Dans cette religion naturelle, point de place pour l'intermédiaire : l'homme face à Dieu. Par commodité de langage nous l'appellerons l'Islam de la facilité. Ce type de foi, débarrassé du poids accablant du passé, des coutumes et des traditions plus ou moins détestables, sera axé sur la connaissance et la science, toutes choses positives qui feront de notre communauté une véritable élite, féconde, innovante, tournée vers l'avenir, tout à fait en harmonie avec la laïcité et la démocratie. Ce qui fait la force de l'Islam, c'est qu'il est en bloc théisme et déisme. Voici son théisme par le texte " Les fidèles croient en Dieu, en ses anges, en ses livres et en ses envoyés " (Coran 2-285) et son déisme " Ceux qui s'écrient : notre seigneur est Dieu et qui s'acheminent vers lui, reçoivent la visite des anges qui leur disent : Ne craignez rien et ne vous affligez pas ; réjouissez-vous du paradis qui vous a été promis " (Coran 41-30). Voilà bien des raisons théologiques et philosophiques qui permettront aux musulmans de ne pas trop se particulariser, de ne pas s'isoler, de ne pas s'emprisonner dans le carcan des siècles écoulés, de rejeter tous les jougs qu'ils soient beaux ou laids, lourds ou légers et de tendre une main fraternelle à tout le genre humain. Notre conclusion : le débat sur l'identité en France fait ressurgir les vieux démons, fait émerger les souvenirs les plus haïssables, fait s'affronter verbalement les fils de la patrie unique mais à l'image de la bouse de vache qui fait cuire un excellent pain il en sortira une France forte, rénovée, requinquée, ragaillardie, réconciliée avec ses principes et avec ses hommes.
Merabet Abdelkader
Jeudi 14 Janvier 2010
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