REFLEXION

La nécessité d’un contre pouvoir



Rares sont les hommes d’exception. On ne peut s’empêcher de penser à ce qu’aurait été l’Algérie avec un homme ou une femme à sa tête, habité par le seul intérêt national, investi du sens de l’histoire. Le pouvoir est inculte ainsi que les gens qui l’entourent et par delà leur soif inextinguible de possession, il y a à la source de toutes les malversations leur ignorance du sens de l’histoire qui les empêche de voir au delà d’eux-mêmes. C’est pourquoi il est vital d’élaborer des contre-pouvoirs efficaces et contraignants pour les contrevenants. La peur de la contravention fait de la plupart d’entre nous des automobilistes respectueux du code de la route, de même, pour les politiques, il faut créer des gardes fous suffisamment dissuasifs pour les obliger à respecter l’intérêt général. En 1995, le numéro deux du gouvernement suédois avait été obligé de démissionner pour avoir utilisé sa carte de crédit de fonction pour régler quelques barres chocolatées dans un super marché. Faut-il atteindre ce degré de probité ? On peut rêver ! Au faîte du pouvoir, on s’habitue aux ors de la République et au décorum et surtout à la servilité des courtisans qui finissent par s’agglutiner autour d’un chef d’Etat comme des abeilles autour d’un pot de miel, l’enfermant dans un sentiment d’infaillibilité et dans une prétention qui l’isolent. Nous oublions trop facilement que c’est nous qui fabriquons ces montres institutionnels tels que les combattants suprêmes ou les artisans du changement par notre silence et notre passivité. Il ne faut pas cesser de rappeler que notre révolution pour l’indépendance a été accomplie par quelques centaines de jeunes déshérités qui ont eu le courage de braver la répression et qui ont mis à bas un régime colonial honni. La leçon à retenir, jamais plus de héros ni de personnages exceptionnels, aussi grands soient-ils, mais uniquement des prestataires de services car c’est nous qui les élisons avec un mandat précis, celui de nous servir et tant mieux s’ils exercent leur fonction avec probité et conscience. Nous sommes tous, chacun dans son domaine, des prestataires de services quelle que soit notre profession. Faut-il occire le père, tous les sauveurs de la Nation et devenir une nation en démystifiant tout personnage qui se croirait irremplaçable ? «Qui t’a fait roi ?», le rappeler à tous les petits potentats en puissance. Je pense qu’il sera très difficile dans notre culture arabo-islamique de nous débarrasser du culte du héros car notre panthéon religieux et historique est empli de figures tutélaires et notre propension à admirer est immense, une caractéristique culturelle qui risque de nous entraîner pour notre malheur dans le culte d’un chef, un ignorant à l’égo surdimensionné qui n’aura rien compris au fait que nous sommes tous mortels.

Charef Slamani
Mardi 20 Septembre 2011 - 10:41
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CHRONIQUE
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