REFLEXION

La maladie du président Bouteflika et la situation économique et sociale de l’Algérie

Nous ne sommes que des passagers sur cette terre et je souhaite un prompt rétablissement au président Abdelaziz Bouteflika. Il est malsain et déplacé de verser dans la sinistrose. Pourtant l’on ne doit jamais oublier qu’il est président de la république et qu’il engage l’avenir de toute une Nation et qu’il est impératif de dresser le bilan de la situation économique et sociale.



La maladie du président Bouteflika et la situation économique et sociale de l’Algérie
 1.-Le président Abdelaziz Bouteflika a suscité pour la majorité, incontestablement,  durant le premier mandat  d’avril  1999 à avril 2004, l’espoir  après une décennie sanglante qui selon ses propres propos aurait fait 200.000 morts. D’ ailleurs  durant cette période le prix du baril du pétrole  était à un niveau moyen  et le pré-plan  avait prévu une dépense publique de 7 milliards de dollars. Durant la période d’avril 2004 à avril 2009, grâce au cours élevé du pétrole, le gouvernement a épongé en grande partie  la dette extérieure et a pu engranger  200 milliards de dollars de réserves de change  dont 86% placées  à l’étranger en partie en bons de trésor américains et en obligations européennes. Toujours grâce à la rente, (recettes de Sonatrach d’après ses bilans plus  600 milliards de dollars de recettes entre 2000/2012) nous  avons assisté à une dépense publique (faire la distinction entre la partie dinars et la partie devises)  sans précédent  programmé à 200 milliards de dollars. Faute de bilan l’on ne sait pas   si l’intégralité  a été dépensée. Un rapport de la banque mondiale  à la demande des autorités algériennes concernant notamment les infrastructures montre que durant cette période la mauvaise gestion  et des surcoûts exorbitants concernant notamment le Ministère  des  transports, des travaux publics, du logement. Mais cela concerne  la majorité des secteurs  comparé aux standards internationaux. Durant la période d’avril 2009 à  2013,   la dépense publique  programmée était de 286 milliards de dollars mais selon le rapport 130 milliards  de dollars étaient des restes à réaliser  pour des projets non achevées ente 2004/2009. Un rapport pour la  région Mena montre que l’Algérie dépense deux plus pour avoir  deux fois moins de résultat (70%  de la dépense publique étant concentrée dans les  infrastructures) par rapport  aux pays similaires pointant la mauvaise gestion et la corruption. Le taux de croissance moyen  de 3% durant la période 2004/2012 est dérisoire alors qu’il aurait du être de plus de 10%. Durant cette période nous avons  assisté à deux politiques économiques contradictoires. La première période de 200 à 2006  a vu une nette volonté  de libéralisation (loi sur l’électricité, loi sur les mines, loi sur les  hydrocarbures, accord d’association avec l’Europe  ect), mais oubliant la régulation de l’Etat. La deuxième période  de 2007 à 2012 va dans le sens inverse  marquée par le retour au volontarisme étatique et la bureaucratisation de l’économie (amendement de la loi des hydrocarbures de 2006 qui contrairement à certaines affirmations n’a jamais été appliquée, loi de finances complémentaires de 2009/2010 rétablissant les  49/51%  dominance de l’intervention de l’Etat par la dépense publique et marginalisation  du secteur privé ect). Enfin grâce à la rente, l’Etat  algérien  a généralisé les subventions sans ciblage afin  de calmer le front social ce qui ne saurait signifier une  répartition juste du revenu national ayant assisté certainement à une  concentration du revenu au profit une minorité de couches rentières. C’est rune des raisons du retour à l’inflation.
 
2.- Face à ce montant faramineux  issu de la rente déversé (500 milliards de dollars  entre 2004/2013) suscitant toutes les convoitises tant étrangères,  que certains prédateurs algériens,  sans contrôle ,( gel de la Cour des comptes organe prévu par la Constitution et dépendant de la présidence ) ,  l’être humain étant ce qu’il est  ,les scandales financiers qui pourtant ont toujours existé depuis l’indépendance politique, ont connu durant la période récente une généralisation qui dépasse l’entendement humain . On a pu assister au déballage dans la presse nationale et internationale de différents scandales qui ont terni l’image de l’Algérie  auxquels ont été impliqué directement ou indirectement bon nombre de responsables, des Walis,  de grandes organisations appendices de l’Etat de dirigeants d’entreprises  et leurs proches collaborateurs, des banques publiques et privées, de grandes entreprises publiques dont Sonatrach  mamelle de l’Algérie. En 2008 dans différentes contributions, j’ai pu   j’ai pu parler déjà de corruption socialisée. Cette situation avec la panne économique, en ce mois d’avril 2013 au moment où d’importants bouleversements géostratégiques  et à nos frontières et au sein  du continent  Afrique  se dessinent,   menace  le fondement de l’Etat algérien lui même. Les partis politiques et associations traditionnelles  vivant des subventions de l’Etat ont été  incapables  de mobilisation, n’ayant pas pensé à des créneaux  intermédiaires crédibles. D’ailleurs taux de participation aux dernières élections tant législatives  que  locales a été dérisoire. Les crises qui traversent les différents  partis- rivalités personnelles-  prouvent leur délabrement   Les tensions sociales  qui touchent tous les  secteurs (démentant ainsi le taux de chômage officiel de 10%),   le premier ministre actuel, malgré toute sa bonne volonté, jouant au pompier, et les forces de sécurité étant confrontées directement à la population.  Tout le monde voulant le partage de la rente de immédiatement  quitte à conduire le pays au suicide collectif, n’est que la  résultante de l’absence de morale  de certains dirigeants (faites ce que je vous dis ne faites pas  ce que je fais)  et donc du  divorce Etat-citoyens. La population ne  comprend pas  toujours  la distorsion entre un Etat supposé riche, la corruption qui touche en milliards certains responsables  et la détérioration de son  pouvoir d’achat. Selon l’officiel il y a eu  doublement du taux  d’inflation entre 2011/2012 près de 9% mais en réalité beaucoup plus car celui qui perçoit 15.000 dinars par mois à une appréciation différente de celui qui perçoit 300.000 dinars. Aussi,  même après l’annonce de la maladie du président à l’approche du 01 mai 2013,  la société est toujours en ébullition, et la trêve  sociale n’est pas pour demain.
3.-La maladie du président  où nous sommes dans un régime présidentiel avec une concentration du pouvoir à tous les  niveaux, le premier ministre n’étant qu’un premier ministre n’ayant aucun pouvoir réel  de décision, est –elle la seule explication de ces résultats mitigés et de toutes ces tensions ?  Existe t-il des départements étoffés  d’experts  au niveau de la présidence pour la conception de la stratégie tenant compte des nouvelles mutations mondiales où nous visons dans un monde complexe et turbulent  impliquant des décisions au temps réel,  et  suivre  la dossier par dossier , comme dans tout régime présidentiel ? Pourquoi    ces contrevérités  de ces ministres  qui se contredisent régulièrement souvent aboutissant à une véritable cacophonie, sur le taux de croissance, le taux d’inflation et le taux de chômage, taux  déconnecté de la réalité sociale et existe  –il un pilote à bord ? Pourquoi des ministres défaillants réprimandés  publiquement  par le président de la république sont-ils toujours en fonction depuis 2000 ? Le président de la république est-il le seul responsable de cette situation où la responsabilité comme l’a souligné l’ex premier ministre Ahmed Ouyahia qui a parlé d’échec collectif ? N’est ce pas la nature du système   et la faiblesse  de la morale de ceux qui dirigeant la Cité ? Cela ne dépasse t-il donc  pas une question de personnes  renvoyant à l’Etat de Droit, aux mécanismes démocratiques  et à la nécessaire mutation systémique ? Le constat est amer : l’Algérie après 50 années d’indépendance n’a pas  d’économie,  toujours 98% d’exportation en devises provenant toujours  des hydrocarbures?  En résumé,  il n’y a pas eu que des effets négatifs  entre 2000/2013 mais également des aspects positifs.  Mais, pour toute appréciation objective, il  s‘agit de dresser un bilan lucide par des experts indépendants   pour évaluer le solde car  ce qui est important pour l’évaluation de toute politique publique  est la corrélation entre  la dépense et  les impacts économiques et sociaux. Par ailleurs, évitons  le juridisme,  auquel se réfugie  le système bureaucratique rentier sclérosant, l’Algérie ayant les meilleures lois du monde mais rarement appliquées. Agissons sur le fonctionnement réel de la société qui n’est pas uniforme mais traversé par des courants contradictoires, la diversité étant source d’enrichissement mutuel par un dialogue permanent.  Il faut donc tirer lucidement toutes les leçons en privilégiant non les  intérêts étroits d’une minorité rentière  mais les intérêts supérieurs du pays, tout  en évitant les  règlements de comptes inutiles.  En tout cas,  l’Algérie qui mérite mieux, est à la  croisée  des chemins pouvant transcender cette crise multidimensionnelle  ou aller vers l’inconnu. avec le risque d’une très grave déflagration sociale que l’on atténue transitoirement par la distribution passive de la  rente des hydrocarbures. ademmebtoul@gmail.com
 

Dr. Abderrahmane Mebtoul
Lundi 29 Avril 2013 - 13:32
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