REFLEXION

La « harga », seul remède !



La « harga », seul remède !
Les côtes Est de Mostaganem, le climat printanier aidant, ont servi ces dernières semaines, non pas à des lieux de détente ou de villégiature pour les familles, mais bel et bien d’embarcadères pour les Harraga à destination de l’Espagne. Plusieurs embarcations de fortune ont pris le large à partir des côtes de Hadjadj, Kharrouba, Chaibia, ces trois dernières semaines à destination de la rive nord. Des jeunes, malgré les risques encourus, tentent l’aventure dangereuse de la traversée de la méditerranée. Appréhendés dans la plupart des cas par la « Guarda » civile espagnole, ils sont mis dans des centres de rétention avant d’être expulsés, et d’autres malchanceux périssent en mer, portés disparus. Ils sont morts noyés sans atteindre leur rêve !! Les jeunes algériens optent pour ces nouveaux proverbes : «mieux vaut être mangé par un poisson que rester ici ». Au marché d’Ain-Sefra, on les entend prononcer des expressions telles « Capitaine Tores, ou Lieutenant Gonzales », « Ah ! Je le connais celui-là, je l’ai eu une fois, mais il s’est rappelé de moi à la seconde tentative ». A les écouter discuter, ils donnent l’impression de répéter des rôles d’une pièce de théâtre, mais rien de tout cela, ce qu’ils disaient, était bel et bien vrai. Après les côtes d’Annaba considérées comme l’épicentre ces dernières années pour l’aventure, celles de Mostaganem semblent prendre petit à petit le relais. Ces jeunes venus de Tiaret, Saida, Tissemssilt, Relizane et Chlef, payant parfois des sommes faramineuses rubis sur l’ongle, pour quitter le bercail. Pourquoi, ces jeunes voudraient-ils, à tout prix quitter leur pays, même au péril de leurs vies. La situation est devenue telle que le phénomène ne cesse de se propager et les chiffres sont éloquents. En ce début de 2009, plus de 20 personnes ont déjà été secourues par les gardes côtes. De même, 6 personnes sont mortes noyées et 4 autres ont disparues en mer. En écoutant ces jeunes, les avis concordent, ils sont tous unanimes à crier leur mal être, leur mal vie, conséquences d’une déscolarisation à bas âge, d’un chômage rampant, de la corruption sans punition, d’une justice partiale, de l’égoïsme à tous les niveaux, y compris dans la cellule familiale. Selon les spécialistes en la matière, ces facteurs négatifs, ont conduit indubitablement à la perte de civisme chez ces jeunes, et au galvaudage de l’intérêt général. La mauvaise prise en charge des préoccupations de cette frange juvénile et l’absence d’écoute à ses attentes seraient à l’origine de la commission de ces actes extrêmes, dont la « Harga ». Ces « éternels incompris », qui n’ont rien commis d’illégal, qui n’ont rien volé, sont sujets à des poursuites pénales au lieu d’une prise en charge sociale.

Par Amara Mohamed
Jeudi 9 Avril 2009 - 02:35
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CHRONIQUE
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