REFLEXION

La dette



Dans nos campagnes comme dans nos villages et parfois même dans de grandes villes, la discrétion est absolue. Mais malgré tout, tout se sait. En plus, le dénigrement, il faut le dire est généralisé. Personne n’y échappe. Ni le voisin ni le maire ni le berger. On achète et  on vend en catimini. On annonce que la vache vient de mettre bas quand le veau commence à gambader. On demande la main d’une pucelle, on établit l’acte de mariage, on retire le livret de famille en contournant le douar ou le village. Et ça ne se saura que le jour des fiançailles ou des noces. Motus et bouche cousue est plus qu’une règle. C’est un mode de vie. Abdellah est un campagnard de la région de Mostaganem. De la bourgade de Sirat plus exactement. Djilali est de Beni Louma, un douar du côté de Rahouia non loin de Tiaret.  Abdellah, contournant les règles établies par l’administration céda à Djilali  un véhicule qu’il acquit avec une réduction bien conséquente dans le cadre de l’aide aux agriculteurs. L’affaire se règle entre hommes. Mais devant des témoins. Pas besoin d’acte de vente. L’acte sera établi dans quelques années, car la règlementation stipule que le véhicule est incessible durant cinq années. Abdellah part avec deux cents mille dinars en poche. Ce ne sont que des arrhes. Cinq cents mille dinars lui seront remis dans une semaine. Pour Djilali, cinquante mille dinars n’est pas une somme difficile à amasser. Une semaine plus tard,  il se présenta chez Abdellah qu’il trouva en compagnie de quelques enturbannés qu’il n’a jamais vus auparavant. Effacement total de Djilali dans son coin. A un moment donné, celui-ci s’excusa et prit congé de l’assemblée. Il ne passa plus par Sirat et ne remit plus les pieds chez Abdellah. Et ce dernier commença à se plaindre aux gens qui connaissent Djilali. Ils paraissaient étonnés, mais personne n’osa lui en parler. Djilali est sali. On en parle dans les souks, mais personne n’y croit vraiment. Lui en parler, c’est le mettre dans l’embarras. Deux mois s’écoulèrent après la visite de Djilali à Abdellah et un certain Hadj Ahmed dénoua l’affaire. « Je lui ai déposé son bien sous le tapis sur lequel j’étais assis quand je lui ai rendu visite, il y a deux mois de cela. Les poules ne pondent pas dans les souks, non ! »  C’était la seule réponse de Djilali. Abdellah fouilla chez lui et trouva une  liasse de billets bien glacés.

Réflexion
Jeudi 16 Août 2012 - 00:45
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NON-DITS
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