REFLEXION

LUTTE CONTRE LA CORRUPETION : Les gestionnaires publics ont la peur dans la peau

Les enquêtes sur la corruption dans les marchés publics plombent le fonctionnement des entreprises nationales.



LUTTE CONTRE LA CORRUPETION :  Les gestionnaires publics ont la peur dans la peau
Depuis 2008, ces enquêtes ont fait des victimes de taille, comme le secrétaire général du ministère des Travaux publics, arrêté dans le cadre d’une enquête sur des malversations présumées dans la réalisation de l’autoroute est-ouest ou l’ex-PDG de la cimenterie de Chlef condamné à deux ans de prison ferme pour « abus de pouvoir » après les plaintes du syndicat de cette entreprise. « Le PDG de la cimenterie de Chlef a été condamné alors que le propriétaire n’a pas porté plainte parce qu’il n’y a pas eu de préjudice financier. Il a été condamné parce qu’il a refusé de continuer à fournir du ciment aux spéculateurs », croit savoir un proche du dossier. On peut citer encore des responsables de banques publiques impliqués dans des détournements colossaux et mis derrière les barreaux.
Même la plus grande entreprise africaine, Sonatrach n’y a pas échappé. Le PDG de cette compagnie a été mis en contrôle judiciaire, deux vice-présidents de cette compagnie ont été mis sous mandat de dépôt et un troisième vice-président placé sous contrôle judiciaire. L’arrestation des responsables de Sonatrach a fait l’effet d’une bombe parmi les autres gestionnaires publics : désormais personne n’est intouchable. Les responsables de Sonatrach se sont longtemps crus à l’abri de poursuites judiciaires pour leur proximité avec les décideurs politiques. Pour la première fois depuis l’indépendance, le management de Sonatrach se retrouve en prison. Ces arrestations inquiètent les gestionnaires publics qui redoutent d’être injustement emportés par cette campagne mains propres dont l’ampleur rappelle celle du milieu des années 1990.
A l’époque, beaucoup de cadres du secteur public avaient été jetés en prison pour des faits de gestion. Rares ceux qui avaient été condamnés pour des détournements avérés et prouvés. Le patron du groupe Sider (exi-SNS), Messaoud Chetif, faisait partie des victimes de cette campagne. Il avait été arrêté, jugé, emprisonné, puis libéré quelques années plus tard pour être réhabilité en se voyant confié la direction d’Algérie Télécom. « Une campagne mains propres risque d’emporter les corrompus et ceux qui ne le sont pas. Et généralement, ce sont des innocents qui paient à la place des vrais voleurs », s’inquiète le directeur général d’une importante entreprise publique. Résultat : les pdg et dg d’entreprises publiques renforcent leurs procédures de contrôle interne et se limitent à gérer les affaires courantes, évitant de prendre des initiatives et des décisions qui risquent de les mener directement en prison.
La vieille revendication de dépénaliser les actes de gestion refait alors surface, mais le gouvernement reste sourd. En fait, le gouvernement ne sait plus quoi faire des entreprises publiques qu’il considère à tort comme le plus important repaire de la corruption. « En visant les gestionnaires publics dans la lutte contre la corruption, les autorités se trompent franchement de cible. C’est l’administration qui a dépensé 200 milliards de dollars depuis 2005, ce ne sont pas les entreprises publiques », estime le même DG.

Sadek
Lundi 18 Janvier 2010 - 11:09
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ACTUALITÉ
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