REFLEXION

LES HYDROCARBURES DE L’ALGERIE : La Caverne d’Ali Baba

Riche en pétrole et en gaz naturel, l’Algérie compte toujours sur cette recette en milliard de dollars chaque année, sans pour autant se préoccuper sérieusement des autres ressources, agricoles par exemple.



LES HYDROCARBURES DE L’ALGERIE : La Caverne d’Ali Baba
En 1979, avec la nomination d’un nouveau ministre de l’industrie, celui-ci a remis en cause l’ambitieux plan Valid (valorisation des hydrocarbures) mis au point par son prédécesseur. Déjà, les exportations du brut ont été réduites, tandis que les perspectives de production de gaz naturel ont été abaissées, du fait certes de la conjoncture internationale de cette époque, mais aussi du souci de préserver l’avenir. A cette époque le pouvoir de Chadli Bendjedid, avait été informé par des rapports officiels, qui tiraient d’ailleurs la sonnette d’alarme au sujet des hydrocarbures. Selon ces rapports (Sonatrach), au rythme d’exploitation pétrolière de la décennie écoulée (les années 1985 1995), 50 millions de tonnes par an, les réserves seraient épuisées dans 20 ans. Les délais seraient un peu plus longs pour le gaz, 30 ans, si l’on s’en tient au programme d’exploitation fixé à l’époque à 70 milliards de mètres cubes par an au temps où M. Belaid Abdesselem était ministre de l’industrie et de l’Energie. Le nouveau ministre de l’industrie nommé en 1979, juste après la mort du Président Boumediene, a, comme nous l’avons souligné plus haut, remis en cause le plan VALID. C’est ainsi, qu’au cours du congrès du FLN plusieurs décisions ont été prises à ce sujet, l’élimination du gaspillage et l’établissement d’un programme d’action destinés à améliorer la conservation, la reconstitution et l’enrichissement du patrimoine énergétique. De l’ère des responsables du ministère, en effet, l’absence d’investissement dans la prospection, cumulée avec une exploitation forcenée des glissements au cours des années soixante et soixante dix, n’a pas permis un renouvellement suffisant des réserves pétrolières, (à chaque tonne de pétrole extrait devrait correspondre la découverte d’une quantité équivalente)

C’est pour parer à ces éventualités que la Sonatrach a demandé, en 1980, aux compagnies pétrolières de s’associer à elle dans la recherche pétrolière.

Pour une partie des décideurs du pouvoir c’était la première mise en cause de la nationalisation du 24 février 1971. Une grande pression a eu lieu contre cette incitative qui c’est traduite par la signature d’une quinzaine d’accords dans le sens prévoyant des apports de fonds par les partenaires étrangers. Premier résultat de cette nouvelle politique, les investisseurs dans l’exploration pétrolière devraient à l’époque, atteindre l’équivalent de 15 milliards de francs français au cours de la période du plan quinquennal 1980-1984, trois fois plus qu’au cours de la période du plan quadriennal 1974-1977. Ces efforts financiers devraient permettre la prospection de 450 000 Km2 . L’appel aux compagnies pétrolières étrangères pour la recherche traduit le besoin d’un apport extérieur de compétences et d’équipements. En second lieu, les responsables algériens se sont préoccupés de mieux répartir les investissements publics et surtout d’améliorer la gestion du secteur. Durant les années soixante et soixante dix, l’industrie et l’énergie se sont toujours taillées sur le plan financier, « la part du lion » ces deux secteurs avaient multiplié les contacts avec les firmes étrangères, ce qui avait considérablement alourdit la dette extérieure de l’Algérie sans que, pour autant, cela se traduise par de véritables gains de productivité. Toutes ces constatations ont amené, le pouvoir, à décidé des réformes importantes dans le domaine de la gestion. C’est ainsi qu’il a été demandé aux gestionnaires du secteur de l’énergie des efforts supplémentaires pour atteindre une meilleure rentabilité des équipements. D’autre part, pour éviter que ce secteur ne fasse ses choix en fonction de ses critères propres et de ses seuls intérêts, le pouvoir (FLN bien entendu) a décidé la création d’une institution supérieure de l’énergie, capable de prendre en charge les nécessités de la politique énergétique à court, moyen et long termes. Mais le choix des hommes s’est opéré seulement au niveau des amis, de la famille, (Zitna fi bitna). Cependant il fallait aussi valoriser le gaz naturel. La Sonatrach qui se heurtait à beaucoup de réticences, s’est vue fortement encouragée dans l’action qu’elle menait pour une meilleure valorisation du gaz naturel exporté. Mais faute d’un accord sur le prix (omis dans les clauses du contrat peut être volontaire !) les négociations qui avaient été entamées avec le principal client pour le gaz, la société américaine El Paso, ont été interrompues pendant plusieurs mois. La suspension du contrat pourrait représenter pour l’Algérie un manque à gagner de 7,5 milliards de francs français par an. Mais le gaz était très demandé dans le monde. La Sonatrach, prétendait que tout compte fait, il vaut mieux garder le gaz naturel en réserve plutôt que de le brader à un prix dérisoire, d’autant que l’Algérie ne compte pas tellement sur son gaz pour financer son développement et rembourser ses dettes contractées durant le pouvoir du feu Houari Boumediene, mais plutôt sur son pétrole. La fiscalité pétrolière ne doit elle pas rapporter durant l’année 1981 près de 85 milliards de francs français, l’équivalent de 65 pour cent du budget de l’Etat. Cependant l’énigme demeure tel, qui a omis d’enrichir les contrats par les causes des prix, et pour quelle raison? Notre investigation n’a pas abouti à une réponse convaincante. Par ailleurs aucune enquête à ce sujet n’a été ouverte, selon une source concordante. A cette préoccupation nouvelle de ne pas brader une richesse qui représente pour l’Algérie sa véritable chance s’ajouterait celle de promouvoir des énergies nouvelles dont le développement devrait permettre de ne pas dépendre exclusivement des hydrocarbures. Bien que timide, si l’on considère les énormes potentialités du pays en la matière, le recours à l’époque déjà à l’énergie solaire qui commençait à sortir du strict domaine expérimental. On a envisagé l’installation de plusieurs centrales et même la réalisation de villages entiers alimentés en totalité par l’énergie solaire. De même des études ont été menées concernant le développement de sources d’énergie d’origine éolienne et géothermique. Les recherches minières dans le secteur charbonnier devraient être intensifiées. Mais le plus important des projets pourrait bien être le développement à plus long terme d’un secteur nucléaire doté de ressources uranifères non négligeable. L’Algérie a demandé des études de facilités à diverses firmes occidentales pour la mise en exploitation de ses gisements en veilleuse et signé avec le commissariat français à l’énergie atomique des accords en vue de l’installation de deux réacteurs nucléaires à Aïn Ouessara. Dont les travaux de réalisation ont été exécutés par des Chinois.Malgré la transparence de l’Algérie, en ce qui concerne ce centre nucléaire, qui tout simplement à caractère pacifique. Les services Britanniques avaient dépêché un espion pour épier le centre. En jouant le rôle d’un berger de mouton, il a été mis hors d’état de nuire par nos services, et ramené à Alger.

Aujourd’hui, l’algérien se pose la question, est ce-que ces paris ont été tenus ? Si oui, pourquoi le prix du carburant (essence, gas-oil et huiles) sont-t-ils exorbitant par rapport au SMIG qui est cette année à 15 000 da ?

Pourquoi beaucoup de villages et même des zones demeurent sans alimentation en gaz naturel, alors que le Pipe traverse ces villages pour alimenter le dernier patelin du Portugal, de l’Espagne et jusqu’à l’Allemagne ? À ces questions aucun responsable ne nous a donné une réponse convaincante. Est-ce vraiment le drame en Algérie qui se traduit par sa richesse? Ou bien les hommes qui devraient gérer le patrimoine gazier sont t-ils incompétents ? La question demeure posée.

Aek. Ben Brik
Lundi 15 Février 2010 - 23:01
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