REFLEXION

LES GRANDES FIGURES EMBLEMATIQUES MOSTAGANEMOISES DE L’ISLAM

« Quiconque ne loue les hommes, ne loue pas Dieu » Le mufti Benkara Mostefa (1862-1956)



Abdelkader Benkara Mostefa El Hacini est né à Mostaganem en 1862 d’un père notable de la ville et de mère de filiation de Sidi Affif. Très tôt orphelin, il est à la charge de son grand frère Cheikh Benaouda Imam de Relizane. Il y reçut le premier rudiment d’une éducation attentive, préoccupé d’une religion sereine. Il y apprit le coran à un âge précoce et possède sa grammaire grâce à la fameuse « Alifet Bnou Malek » et se familiarisa avec la jurisprudence musulmane.
Sidi Kaddour Benslimane Ali qui était son précepteur présentait ses dimensions et ses prédits positions, l’envoya à la zaouia de Sidi Mohamed El Missoum de Ksar El Boukahri chez celui qui a été son maître auparavant. Il faut préciser que Sidi Kaddour Benslimane appelait familièrement le garçonnet dés l’âge de cinq ans le mufti. La perspicacité chez cette fin connaisseuse, il était troublant, le jeune homme ne cessait d’écouter et d’emmagasiner le savoir, il avait une faim insatiable et ses capacités qui semblaient sans limites doué d’une intelligence remarquable et d’un esprit de synthèse exceptionnel, il assimilait vite et trouvait des solutions aux données les plus diverses. Il présentait son argument avec des références nombreuses et glanées chez les savants les plus inattendus. Il avait une vision maîtrisée de redoutables ensembles qui constituent les arcanes du feth, de la sunna et du taouhid (unicité). Au terme de son séjour à Ksar El Boukhari, c’est avec un bagage minent qu’il retourna à Mostaganem, sa modeste inégalable le poussa à écouter et à emmagasiner, ainsi il fut disciple de Sidi Ali Ben Abderrahmane celui qui deviendra par la suite le mufti d’Oran et qui n’a jamais cessé de fréquenter notre ville. Leurs relations furent suivies et il assista par hasard à une de leurs rencontres, ils entretenaient au premier cours qu’il tint à marquer sa consécration permanente autour des satisfactions et s’adressa aux cours des spiralité et de la foi il répondait unanime aux questions des notables de Mostaganem alors qu’il avait qu’24 ans. Il commençait à enseigner, il prenait une relève périlleuse en remplaçant au poste d’enseignant le défunt Cheikh Mohamed Benamar qui occupait auparavant la même fonction dans la mosquée suprême de Tabbana. Le nouveau titulaire s’avéra vite à la hauteur et de sa tâche et démonta toute l’étendue de son érudition et toute la profondeur de sa proverbiale magnanimité il enseigne le fiqh en se référant à l’analyse du célèbre traité moukhtassar Cheikh El Khalil, référence centrale malakite. Il expliquait la rissala, les documentaires de Banou Achir, la tariqua senoussia, et les hadits sahih El Boukhari ainsi que El Arabaine Enabaouia sans oublier les subtilités de la littérature que sont la rhétorique, la stylistique…etc. de passage à Mostaganem en respectable Aâlem de Medine assista par hasard à un des ses cours et tint à marquer sa satisfaction puis s’adressa aux disciples, Ö gens de Mostaganem, Allah vous a enrichi d’un puits de savoir et de connaissance. Louez Dieu et soyez reconnaissant, écoutez-ce Cheikh vous serez parmi les heureux. Un an après avoir commencé à enseigner, il est désigné mufti par les notables, au coup, il passa de toute hiérarchie traditionnelle qui se composait d’étapes incontour nable à l’ordinaire, hazzèb, mouadène, imam des cinq temps, khatib, sa pédagogie et son savoir en imposaient à tous. Il eut des relations intellectuelles et épistolaires soutenues avec Cheikh Mohamed Betekouk El Alèm, par admiration il rédigeait parfois des éloges rimées de certains écrits du mufti Bouabdellah de Bethioua qui fut son ami de toujours et l’imam Cheikh Lakhdar son disciple préféré. Cheikh Benkara Mostefa sera mufti de Mostaganem durant 55 ans guide de tout un chacun, modérateur des tourouqs et des zaouia multiples qui font la spécificité de la richesse de la ville. Pour lui la religion est un tout, les nuances qui rebutaient les autres étaient pour lui autant de possibilité de faire le bien, de réconforter les cœurs, de faire retrouver la sérénité aux âmes tourmentées, le bonheur aux malheureux et la confiance aux aigris Mostaganem conforta son pôle religieux. Après l’indépendance, Cheikh Zoubir (ex inspecteur Ouest) des habous est habous est venu à Mostaganem pour assister à un colloque, il saisit l’occasion pour évoquer la mémoire du mufti. A cette occasion, il lui témoigne une envergure africaine et une renommée dans la totalité du monde musulman il reçut une promotion d’ordre d’aller à Alger, il refusa et fut renvoyé par les gouvernements indésirables, la puissance coloniale pensa qu’en le mettant au rancard, il allait perdre son aura et cessera son activité de mufti. Au contraire il continua de plus belle mémoire en recevant les foules et en continuent à jouer pleinement son rôle de mufti. Il décéda le 13 février 1956 à un 69ème vulnérable de 94 ans, la prière funèbre fut effectuée au terrain limitrophe (chara), tellement il y avait du monde, une foule accouru de tout le Maghreb. Il fut enterré au sein de la zaouia de Sidi Kaddour de Souiqa. Un collège porte le nom de celui qui fut le maitre spirituel pendant plus d’un demi-siècle. Il avait l’envergure à l’laisser son nom à une université. A quand des élus assez cultives pour connaître la richesse de la mémoire locale afin que nos cités, nos boulevards portent les noms fondateurs du patrimoine de proximité afin que nos générations sachant leur histoire et vivent en harmonie avec leur mémoire en suivant l’adage qui dit qu’un peuple sans passé est un peuple sans avenir. N.Bentifour

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Mercredi 2 Septembre 2009 - 08:00
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CULTURE
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