REFLEXION

LES CRIMES DES SERVICES SECRETS FRANÇAIS EN ALGERIE : Terrorisme et crimes contre l’humanité

Première Partie

« Parler du passé de la guerre d’Algérie, que les politiques avaient volontairement perdue, est un acte de courage, et pas du tout un remue-ménage de conscience » disait le sinistre général Aussaresses, ancien patron des services de renseignement français, qui a participé à l’occupation colonialiste de l’Algérie.



LES CRIMES  DES SERVICES SECRETS FRANÇAIS EN ALGERIE : Terrorisme et crimes contre l’humanité
« Oui, j’ai fais mon boulot, exécuter une mission que le Gouvernement m’a confiée, j’ai fais la bataille d’Alger, aux côtés de Massu, Bigeard, Sallon, Zeller, Jouhaud, de Saint Claire et les autres et je ‘ai aucun regret, ni de pardon à présenter »
Ce sont les paroles d’un criminel de guerre et de paix, qui reconnaît tous ses crimes et écarte toute éventualité de demander un jour pardon au peuple Algérien. Aussaresses qui est un véritable criminel de guerre qui a bénéficié de la couverture de tous ses crimes, du Général De Gaulle. Et « l’amnistie » que nous refusons toujours car les criminels devront être jugés et condamnés. Et il n’est jamais trop tard, malgré les obstacles provoqués par les traîtres et les anciens Officiers de l’Armée Française et les fils de traîtres.
« En Algérie, à Alger, la bataille s’est déroulée la nuit. Et la nuit d’Alger en était l’enjeu. Il fallait la reprendre au FLN. Il n’était pas difficile de deviner que la face nocturne et secrète de ma mission m’amenait à organiser les arrestations, à trier les suspects, à superviser les interrogatoires et les exécutions sommaires.
Même si cela n’était pas dit explicitement, les plus perspicaces comprirent vite que mon rôle était par ailleurs de soulager les régiments des corvées les plus désagréables et de couvrir celles qu’ils accomplissaient eux-mêmes. S’il y avait eu moindre problème, on m’aurait tout mis sur le dos. Les OR le savaient et je le savais aussi.
Parmi les gents que je voyais tous les jours, il n’y a que Paul Teitgen qui n’ait jamais rien compris. comportement surprenant parce qu’il ne semblait pas voir et parce que ses supérieurs comme ses collègues de la préfecture d’Alger étaient au courant. Très vite Garcet nous avait trouvé un local discret à Mustapha, dans la périphérie d’Alger, une grande villa de deux étages sur cave entourée d’un jardin à l’abandon. Il y avait quatre pièces par étage. Le nom de cette villa était prédestiné : La villa des Tourelles, du même nom que le siège parisien qui abritait le SDECE (Services secrets Français) L’endroit où elle se trouvait avait l’avantage d’être isolé. Il n’y avait pas de voisins pour nous gêner. C’est là que se pratiquèrent les interrogatoires des prisonniers qui nous revenaient . Dans la journée, nous étions au bureau de la préfecture, mais après nous filions aux Tourelles. Là, avant que le soleil ne se couche, je travaillais à la synthèse des renseignements fournis par les régiments et, le cas échéant, j’arbitrais les problèmes de compétence territoriale. Puis avec Garcet, nous commencions à préparer les opérations qui nous revenaient. Elles ne nécessitaient jamais la mise en place de moyens trop importants, car, dans ce cas, c’était aux régiments de s’en occuper. Le principal était d’évaluer les risques de ces opérations. Si elles ne me paraissaient pas dangereuses, je donnais mes instructions au Lieutenant Garcet qui s’en chargeait avec un seul homme.
Un Algérien, par exemple, s’était rendu à la préfecture. C’était Garcet qui l’avait reçu. Cet homme était marié avec une Française qui l’avait quitté pour un sympathisant du FLN, un dandy qui travaillait avec les poseurs de bombes.
La nuit suivante deux de mes hommes se présentèrent à l’adresse indiquée. Quand on vit l’un d’eux costume neuf de don juan légèrement étriqué parce qu’il avait une sacrée carrure, nous comprimes que l’opération avait eu lieu. Ils avaient effectivement trouvé le suspect, qui possédait une superbe garde-robe. Comme il avait tout avoué séance tenante, ils avaient jugé inutile de s’encombrer en le ramenant à la villa. Au coucher du soleil, nous enfilions nos tenues léopard et la cavalcade commençait. Notre équipe sortait vers 20 heures et nous nous arrangions pour être de retour avant minuit avec nos suspects pour les travailler. Au cours de la nuit, les régiments m’informaient de leurs arrestations et m’attendaient souvent pour décider de ce qu’il fallait faire des prisonniers. Pour tous les suspects arrêtés à Alger, c’était moi, en principe, qui décidais de leurs sorts, ceux qui devraient être interrogés séance tenante et de ceux qui devraient être conduits directement dans les camps lorsqu’ils n’avaient pas une importance majeure. Tel était le cas des gens dont le lien présumé avec le FLN, de toute évidence, était ténu ou qui avaient été recrutés par la force. Ceux-là représentaient, fort heureusement, une large partie des suspects appréhendés. Les autres, dont la nocivité était certaine, ou du moins hautement probable, nous les gardions avec l’idée de les faire parler rapidement avant de nous en débarrasser. Tantôt je courais d’un PC à l’autre, tantôt j’allais avec l’un de mes deux groupes procéder à des arrestations quand l’opération me semblait délicate ou risquée.
Nous étions moins d’une dizaine répartis dans notre grosse voiture, deux Jeep et deux Dodge. Nous faisons vite. Toujours à la course. Les nuits ne duraient pas. Les gens dont nous nous chargions directement étaient ceux qui relevaient a priori de plusieurs secteurs ou qui n’étaient rattachés à aucun, ce qui était le cas lorsqu’ils étaient en dehors d’Alger. Parmi les opérations qui nous revenaient auxquelles je participais, la plupart amenaient à des interrogatoires. D’autres aboutissaient à des liquidations pures et simples qui se faisaient sur place. Je me souviens, par exemple, de femmes qui avaient dénoncé les auteurs d’assassinats. Les coupables se cachaient dans une cabane près de foret de Zeralda. C’était dans le secteur de Fossey-François. Nous ne prîmes pas la peine de procéder aux interrogatoires et les hommes furent exécutés sur-le-champ. Nous nous ramenions jamais plus d’une demi-douzaine de suspects à la fois. Le cas de ceux qui entraient aux Tourelles était considéré comme assez grave pour qu’ils n’en sortent pas vivants. C’étaient ceux qui avaient participé directement à des attentats. Pendant ce temps chaque régiment de la 10e DP procédait de son côté aux interrogatoires des suspects qu’il avait arrêtés. S’il arrivait que les renseignements obtenus dépassent les limites de compétence territoriale du régiment, on m’envoyait le prisonnier et je l’interrogeais à nouveau. Par exemple, les hommes de Bigeard pouvaient avoir arrêté quelqu’un qui donnait des renseignements intéressants le secteur de Maison-carrée, relevant de Mayer. Alors c’était à moi de prendre le relais et le suspect m’était livré. Les jours de grande influence, on m’envoyait systématiquement ceux que les régiments, submergés, n’avaient pas le temps d’interroger. Nous procédions aux interrogatoires au fur et à mesure que les prisonniers arrivaient. Aux Tourelles, comme dans les régiments responsables de secteurs, la torture était systématiquement utilisée si le prisonnier refusait de parler, ce qui était très souvent le cas. (A SUIVRE)

A. BENBRIK
Samedi 7 Novembre 2009 - 00:01
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ACTUALITÉ
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