REFLEXION

LES CHEFS D’ENTREPRISES ALGERIENS : Leurs rémunérations favorisent-elles, la corruption



LES CHEFS D’ENTREPRISES ALGERIENS : Leurs rémunérations favorisent-elles, la corruption
Depuis quelques semaines, les révélations d'affaires de corruption se multiplient. Sonatrach, Autoroute Est-Ouest, chemins de fer, hydraulique, etc.... A chaque fois, des cadres, de hauts responsables, voire des PDG ont été impliqués, soupçonnés d'avoir touché des pots de vin dans des passations de marchés, ou d'avoir détourné de l'argent public à leur profit.
La motivation de ces dirigeants est claire: l'appât du gain. Mais comment expliquer qu'un tel fléau soit aussi généralisé dans nos entreprises publiques et grandes administrations? Un des éléments de réponse est sans doute à chercher autour des rémunérations de ces dirigeants. Selon nos sources, le PDG de Sonatrach, touche en salaire de 600.000 dinars par mois. Cette rémunération en fait le patron de groupe public le mieux payé du pays. Les rémunérations des autres PDG d’entreprises publiques oscillent entre 120.000 et 300.000 dinars. Dans les administrations, le niveau des rémunérations est bien plus bas. Ainsi, le directeur général de l'Agence nationale des autoroutes (ANA) touche 80.000 da par mois, et un directeur central au sein d'un ministère entre 60.000 et 80.000 da. La comparaison avec nos voisins maghrébins est implacable. En Tunisie, la rémunération des responsables des organismes publics est fixée par la loi et oscille entre 1.800 et 4.000 dinars tunisiens, soit de 97.000 à 216.000 dinars algériens. La différence avec le Maroc est encore plus grande. Le président de l'Office chérifien des phosphates perçoit l'équivalent de 2,6 millions de dinars par mois, celui de l’Autoroute du Maroc 546.000 dinars et le conseiller technique d'un ministère, l'équivalent de 109.000 dinars. Il apparaît donc que les rémunérations de nos dirigeants d'entreprises publiques et d'administrations sont chez nous largement inférieures à ce qui se pratique chez nos voisins alors que les dirigeants publics algériens ont nettement plus de responsabilités. En effet, Sonatrach, avec un chiffre d’affaires de 60 milliards de dollars, est la première entreprise et l’ANA gère des projets de plusieurs milliards de dollars. Pourtant, les économistes insistent régulièrement sur le problème managérial et de ressources humaines que connaît l'Algérie. La situation est encore plus délicate dans le secteur public, qui fait face aux critiques croisées de la population, en attente de services parfaits, et du gouvernement, pressant sur les résultats, sans pour autant donc motiver ses hauts responsables. Autant de facteurs, qui expliquent – sans l'excuser – pourquoi certains cèdent à la tentation de profiter de leur position pour arrondir leurs fins de mois. Une situation aggravée par le décalage criant entre ces rémunérations faibles et le gigantisme des projets que gèrent ces dirigeants, qui dépassent souvent largement les dizaines de milliards de dinars. Rappelons qu'en dix ans de présidence, Abdelaziz Bouteflika a lancé deux programmes quinquennaux de 150 milliards de dollars. Une politique rendue possible par l'augmentation du prix du pétrole et qui a apportée à l'Algérie une manne qu'elle n'était pas forcément prête à assumer, notamment en terme de compétences managériales. Dans une logique de souveraineté nationale après des années de tutelle du FMI, l'Algérie a décidé de faire face seule à ces investissements structurants (autoroute, logements, chemin de fer, etc...). Mais sans le minimum de garanties de suivi qu'auraient pu apporter des partenariats avec des institutions internationales comme la Banque Mondiale, les mécanismes de contrôle nationaux se sont avérés insuffisants pour vérifier le bon déroulement financier de ces projets, ouvrant la voie à toutes les tentations.

Slimane
Mardi 26 Janvier 2010 - 23:01
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