REFLEXION

LES ALGERIENS DETENUS A GUANTANAMO : Comment Paris monnayait avec Washington l’accueil en France



LES ALGERIENS DETENUS A GUANTANAMO : Comment Paris monnayait avec Washington l’accueil en France
Des diplomates français ont négocié avec leurs homologues américaines l’accueil en France de prisonniers algériens détenus dans la prison de Guantanamo. Non seulement Paris s’inquiétaient des retombées de cet accueil sur l’opinion française, mais elle a cherche à obtenir des compensations financiers pour la prise en charge de ces prisonniers sur le sol français. La France a accordé l'asile à deux Algériens, Lakhdar Boumediene et Saber Lahamar mais a rejeté la demande d'un troisième qui souhaitait être accueilli sur le sol français.

Selon un document obtenu par Wikileaks et révélé par le quotidien Le Monde le 29 novembre « une partie des calculs de la France sur la question des détenus [de Guantanamo] est de voir comment ils peuvent aider l'administration Obama, dans l'espoir d'améliorer les relations franco-américaines », écrit un diplomate américain à Paris, en janvier 2009. Cinq mois plus tard, la France accepte d’accueillir l'Algérien Lakhdar Boumediene, 42 ans, détenu sur la base de Guantanamo depuis 2002 après avoir été arrêté en Bosnie en 2001. Blanchi par la justice américaine, Boumédiene a obtenu le droit d’asile en France. Comment Français et Américains sont-ils parvenus à un accord ?

Le Monde écrit que l'Elysée veut faire plus, mais évoque aussi des difficultés, demandant notamment que les renseignements américains livrent plus d'informations sur les détenus. En juin 2009, Jean-David Levitte, le conseiller diplomatique de M.Sarkozy, décrit l'accueil de Lakhmar Boumediene, installé dans le sud de la France, comme « le début d'un processus », ajoutant que Paris veut « évaluer également d'autres candidats », écrit un diplomate américain.

Accueillir les prisonniers oui, mais encore faut-il se soucier de l’opinion publique française. Comment allait-elle accueillir la venue en France d’ex –prisonniers détenus pour activisme terroriste supposé ? M.Levitte parle d'un « manque de marge de manœuvre des autorités françaises, dû au fait que l'opinion française se demande pourquoi la France devrait accueillir des détenus considérés trop dangereux pour être acceptés aux Etats-Unis », note un télégramme. Comment accepter que la France les accueillent alors que le Congrès américain s'oppose à ce que des détenus soient transférés vers les Etats-Unis ?

Un autre document américain, en date du 9 juillet 2009, souligne cette préoccupation française d'image. Eric Chevallier, le conseiller spécial de M. Bernard Kouchner, ex-chef de la diplomatie française, annonce à Dan Fried, l'émissaire américain chargé du dossier Guantanamo, que la France est prête à étudier « favorablement six nouveaux dossiers de détenus ». Toutefois, il ajoute qu'une décision positive du Congrès sur le transfèrement de détenus vers les Etats-Unis « n'est pas loin d'être une pré-condition ». M. Chevallier semble aussi vouloir rassurer son interlocuteur : « la France n'interviendra pas négativement dans les discussions menées entre les Etats-Unis et d'autres pays, par exemple l'Espagne, l'Italie et le Portugal » pour l'accueil de détenus.

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Jeudi 2 Décembre 2010 - 13:50
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