REFLEXION

LE TRAMWAY D’ORAN CHANGE LA DONNE : Les cours de l’immobilier à la hausse

Tout au long du tracé du projet du tramway d’Oran, notamment dans ses parties urbaines, les cours de l’immobilier ont pris de nouvelles proportions dans le sens de la hausse, dès la pose des premiers engins il y a bientôt 3 ans, comme il fallait s’y attendre, au boulevard Houha (ex-Mascara).



LE TRAMWAY D’ORAN CHANGE LA DONNE : Les cours de l’immobilier à la hausse
Dans un premier temps, le rétrécissement de la chaussée a rendu les opérations de chargement et déchargement très difficiles, voire impossibles et, du coup, les commerçants de gros étaient contraints de trouver d’autres alternatives, notamment en allant s’installer dans d’autres quartiers où les conditions étaient plus favorables. C’est à Maraval, un quartier pourtant résidentiel, que tous les grossistes chercheront un local pour leur activité. En l’espace de deux années, les prix aussi bien à la location qu’à la vente ont triplé. En 2010 et selon un agent immobilier au fait de la question, le prix du mètre carré a atteint les 12 millions de centimes, et ce même pour une bâtisse à raser étant donné qu’elle ne répond pas aux exigences de l’activité commerciale. De petites villas, ne menaçant pourtant pas ruine, ont été démolies et remplacées par des constructions style R+3, avec des locaux commerciaux et souvent des sous-sols, sans aucun espace vert. En revanche, au boulevard Mascara, changement de décor. Depuis deux ans, on assiste à la réalisation de grands magasins avec des devantures en verre pour abriter des activités de prestation ou simplement commerciales. Là aussi les prix ont explosé et les investisseurs misent gros, car leurs projets seront porteurs en raison des facilités de transport qui seront offertes à une potentielle clientèle avec la mise en service du tramway. Plus bas, au boulevard Maâta, sur lequel les travaux se limitent actuellement à ceux du transfert des réseaux, les commerçants de gros songent déjà à aller s’installer ailleurs, et ce sont seulement ceux des rues et ruelles adjacentes, spécialisées notamment dans le tissu et la bonneterie, qui sont à l’abri de cette métamorphose. Au niveau de cette artère, qui refait peau neuve à la lumière de la «réhabilitation» des immeubles plusieurs fois centenaires, les anciens magasins sont soit convoités par d’autres commerçants soit subissent des mises à niveau, avec en perspective des activités commerciales plus adaptées, notamment le prêt-à-porter. Dans l’autre sens du tracé, à savoir celui devant relier la place du 1er Novembre à Sidi Maârouf, la tendance est claire pour les commerçants de l’avenue Hamou Mokhtar (ex-Saint Eugène), qui ont perdu énormément au plan du chiffre d’affaires, au point qu’ils font partie des commerçants indemnisables pour dommages collatéraux du projet. L’immobilier commercial a été affecté, et si pour les propriétaires, les perspectives s’annoncent meilleures une fois le projet achevé, ce sont les locataires qui fuient cette artère, et beaucoup de petits commerces et même des prestataires ont fermé, préférant changer de lieu. Les propriétaires ne trouvent plus preneurs même si les loyers ont été substantiellement revus à la baisse. Des agents immobiliers avancent le taux de 40%, mais en précisant qu’une reprise est possible avec l’approche de la fin des travaux. Contrairement à cette artère faisant partie d’un quartier entièrement enclavé, la rue Mohamed Boudiaf (Mostaganem) connaîtra le même phénomène une fois les travaux lancés, et qui seront plus longs en raison de la vétusté des immeubles ainsi que des transferts des différents réseaux qui seront un véritable casse-tête chinois pour les responsables du projet. Les commerçants, spécialisés notamment dans l’électronique et l’électricité, craignent le fait que les travaux dureront, mais dans l’ensemble ne songent pas à aller ailleurs étant donné que le passage du tramway n’aura comme seule incidence que les difficultés de stationnement en raison de l’étroitesse de l’artère. Les agents immobiliers de cette zone indiquent que les cours sont stables pour les magasins et les appartements. Mais c’est incontestablement du côté de haï Es Sabbah et tous les ensembles immobiliers avoisinants que les transactions immobilières sont, depuis le début des travaux, en hausse fulgurante, notamment sur les deux côtés de l’artère principale. Dans cette zone urbaine, les loyers des magasins sont passés du simple au double. Exemple: un local de 25 m² situé en pleine artère n’est plus cédé au dessous de 1,5 million de centimes par mois, avec le versement de 12 mensualités d’avance, et dans certains cas, le paiement d’une caution. D’ailleurs, les riverains sont unanimes à dire que la vie change et une activité règne, alors qu’avant c’était le néant. Boulangeries, pharmacies et autres commerces installés rendent la vie plus facile aux riverains qui, dans un passé récent, étaient obligés de se rendre jusqu’au quartier de l’USTO pour des achats particuliers. Concernant l’immobilier résidentiel, si pour les logements sociaux, les négociations pour une sous-location -pourtant interdite- tournent généralement autour de 1,5 million de centimes, s’agissant des logements LSP, comme c’est le cas de la cité Dar Essalam, les loyers sont plus ou moins équivalents en raison de plusieurs manquements, tels que l’absence de raccordement au gaz naturel ainsi que les commerces. Tout compte fait, la mise en service du tramway permettra, en dépit de tous les désagréments qu’il a causés, un autre visage plus séduisant, avec moins d’anarchie, notamment en matière de circulation. En revanche, ce sont d’autres quartiers qui en pâtiront.

A.Yzidi
Lundi 22 Août 2011 - 10:48
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Oran
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