REFLEXION

LE TERRORISTE, PROCLAME CALIFE SOUS LE NOM D'IBRAHIM : Qui est Abou Bakr Al-Baghdadi !?

Il est «l’homme le plus dangereux du monde» selon «Time Magazine», «Le Monde» le surnomme «le nouveau Ben Laden». Abou Bakr al-Baghdadi al-Qurashi al-Husseini, de son nom complet, est le créateur de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), qui mène une offensive fulgurante en Irak depuis quelques mois. Après s’être emparé de Mossoul, la deuxième ville du pays, puis de Tikrit, ville natale de l'ancien dictateur Saddam Hussein, ainsi que d'autres villes au nord de la capitale, le groupe islamiste continuait à s’approcher dangereusement de Bagdad.



Après chaque «prise», les jihadistes imposent immédiatement une version ultra-rigoriste de la Charia (la loi coranique), le groupe terroriste à la province de Nineveh –dont Mossoul est la capitale-, a traduit ses règles imposées par depuis son compte Twitter. «Pour ceux qui demandent qui sont-ils ? Nous sommes des soldats de l’Islam et prenons nos responsabilités pour rétablir la gloire du califat islamique», introduit l’EEIl avant de dicter ses obligations : «Nous demandons à tous les musulmans de faire leurs prières à la Mosquée. Nous avertissons les chefs tribaux et Cheikhs de ne pas collaborer avec le gouvernement et être des traitres. Aucune drogue, aucun alcool et aucune cigarette n’est tolérée.»
«Femmes, restez à la maison»
 Quant aux femmes, qui doivent s’habiller «décemment» en portant de «larges vêtements», il leur est demandé de rester «à la maison». «Restez-y et n’en bougez pas, sauf en cas d'urgence», leur a-t-on intimé, selon «Washington Post». Les insurgés proposent aux «policiers, soldats» de se «repentir» dans des centres «spécialisés». Tout rassemblement est interdit, tout comme le port de drapeaux autres que celui de l’Etat islamique, et les armes. «Dieu nous ordonne de rester unis», lit-on encore. .Cet Irakien, aussi appelé Abu Du’a, fait partie des 5 personnes les plus recherchées par le département d’Etat américain –seule la tête d'Ayman Al-Zawahiri, l'actuel chef d'Al-Qaïda, coûte plus chère que la sienne. Le programme des «Rewards of justice» («récompenses pour la justice») offre jusqu’à 10 millions de dollars à quiconque fournirait une information permettant d’arrêter ce terroriste bien connu des renseignements depuis le début des années 2000. Il serait né en 1971 à Samarra, à 125 kilomètres au nord de Bagdad, et aurait étudié l’islam dans la capitale irakienne. Son parcours jusqu’à ce qu’il rejoigne Al-Qaïda en Irak (AQI) est assez flou. Tout ce que l’on sait de cet homme dont seules deux photos circulent, c’est qu’il respectait énormément Oussama ben Laden.
D’AQNI a l’EIIL
Après la mort du chef de la nébuleuse le 2 mai 2011, il avait promis 100 attentats en représailles. Trois jours plus tard, il avait revendiqué la responsabilité de l'attaque à Hilla, en Irak, qui avait tué 24 policiers et blessé 72 autres. S’en était suivi une vague d'attentats-suicides d’AQI, dont un à Mossoul, qui avait fait plus de 70 morts. Il prend ses distances avec le groupe islamiste dirigé par Ayman Al-Zawahiri. En 2010, il s’autoproclame «émir de l'Etat islamique d'Irak», puis crée l’EIIL, qui, comme son nom l’indique, revendique la création d’un Etat islamique, le «califat», en Irak et au Levant - le Shâm, en arabe, qui englobe la Syrie, la Jordanie, le Liban, la Palestine, et une partie du Sinaï. Cette faction est aujourd’hui considérée comme la frange la plus extrême d’Al-Qaïda, et Abou Bakr Al-Baghdadi comme «le plus puissant des chefs jihadistes», comme le souligne le «Washington Post». Outre sa force de frappe, les moyens financiers –provenant des mêmes réseaux qui financent Al Qaïda, du pétrole et des pillages- dont il dispose en font un groupe redoutable. D'après l' «International Business Times», les assaillants se sont emparés des 429 millions de dollars (317 millions d’euros) de la banque centrale lors de la chute de Mossoul, l’érigeant en «organisation terroriste la plus riche du monde».
Bakr al-Baghdadi,
proclame nouveau califat
Le 29 juin 2014, premier jour du ramadan, l'État islamique en Irak et au Levant annonce le rétablissement du califat et l'émir Abou Bakr al-Baghdadi al-Husseini al-Qurashi est proclamé calife sous le nom d'Ibrahim. L'EIIL prend officiellement le nom d'État islamique (EI). L'EI se revendique comme le successeur des précédents califats, le dernier ayant disparu en 1924 avec le démantèlement de l'Empire ottoman. Abou Mohammad al-Adnani, porte-parole de l'EI, déclare qu'il est du « devoir » de tous les musulmans du monde de prêter allégeance au nouveau calife Ibrahim : « Musulmans (...) rejetez la démocratie, la laïcité, le nationalisme et les autres ordures de l'Occident. Revenez à votre religion ». Selon Charles Lister, chercheur associé au Brookings Doha Centre : « D'un point de vue géographique, l'Etat islamique est déjà parfaitement opérationnel en Irak et en Syrie. Il est en outre présent — mais caché — dans le sud de la Turquie, semble avoir établi une présence au Liban, et a des partisans en Jordanie, à Gaza, dans le Sinaï, en Indonésie, Arabie saoudite et ailleurs ». Pour Shashank Joshi, du Royal United Services Institute à Londres, la proclamation du califat « ne change rien matériellement », mais « ce qui change réellement c'est (...) l'ambition » de l'État islamique, qui montre sa confiance dans sa force et défie Al-Qaïda. Par cette proclamation l'EI tient à montrer sa puissance et menace le leadership d'Al-Qaïda sur les mouvements armés djihadistes salafistes. Pour Charles Lister : « Tous les groupes liés à Al-Qaïda et les mouvements djihadistes indépendants vont devoir décider s'ils soutiennent l'Etat islamique ou s'ils s'opposent à lui ». Dans un communiqué, l'EI ordonne à Al-Qaïda et aux groupes armés islamistes de se soumettre à son autorité. Plus généralement, l'EI déclare qu’Abou Bakr al-Baghdadi est devenu le « chef des musulmans partout » dans le monde. Cette déclaration est cependant rejetée par les rebelles syriens du Front islamique et les djihadistes du Front al-Nosra qui déclarent considérer cette proclamation du califat « comme nulle et non avenue, légalement et logiquement ». De leur côté, les États-Unis affirment que « cette déclaration ne signifie rien pour les populations en Irak et en Syrie ». L'éventualité d'une partition à terme de l'Irak est cependant évoquée. Michael Hayden, directeur de la NSA de 1999 à 2005, puis de la CIA de 2006 à 2009, déclare ainsi le 30 juin : « Avec la conquête par les insurgés de la majeure partie du territoire sunnite, l’Irak a déjà pratiquement cessé d’exister. La partition est inévitable ». Massoud Barzani, président de la région autonome du Kurdistan irakien, envisage pour sa part de soumettre à référendum l'indépendance de la région.
Effectifs : 50 000
djihadistes en août 2014
En mai 2014, Christophe Ayad, journaliste au Monde, évalue les forces de l'EIIL à environ 10 000 hommes en Irak et 7 000 à 8 000 en Syrie. Début 2014, Charles Lister, chercheur au Brookings Doha Centre, estime que l'EIIL compte de 5 000 à 6 000 combattants en Irak et de 6 000 à 7 000 en Syrie.
Selon Romain Caillet, le mouvement compte 8 000 à 10 000 hommes en Irak. Il précise : « En Irak, il s'agit à 90 % d'Irakiens, tandis qu'en Syrie on a 50 % de combattants locaux auxquels s'ajoutent des étrangers venus du Maghreb, du Golfe, de la diaspora tchétchène et des Occidentaux venus d'Europe ou des États-Unis ». Parmi ces djihadistes étrangers se trouvent des personnes venant de pays musulmans (Maroc, Pakistan, Tchétchénie, Indonésie) qui représente 10 % des combattants en Syrie, mais on dénombre aussi des djihadistes européens qui viennent surtout de Belgique, de France et du Royaume-Uni (ils sont environ 2000). Début juillet 2014, le journal britannique The Daily Telegraph indique que selon Hisham al-Hashimi, un analyste irakien ayant eu accès à des documents de l'État islamique saisis par les forces de sécurité irakiennes, environ 25 000 combattants auraient prêté allégeance en Irak à l'État islamique. En août 2014, Yves Boyer, professeur de relations internationales à l'École polytechnique et directeur-adjoint à la FRS estime entre 20 000 et 30 000 le nombre des combattants de l'EI. Le 19 août 2014, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) affirme que les effectifs de l'État islamique sont désormais de 50 000 hommes en Syrie. Parmi ceux-ci 20 000 sont étrangers et 6 000 ont été recrutés pour le seul mois de juillet.
L'EI compte nombre de combattants étrangers, pour le Département d'État des États-Unis, 12 000 volontaires venus de 50 pays ont combattu au sein du mouvement de 2011 à 2014, dont une centaine d'Américains. En août 2014, l'OSDH indique que les combattants étrangers qu'il évalue à 20 000 viennent principalement des pays du Golfe, de Tchétchénie, d'Europe ou même de Chine.
Selon Khalid Mahmoud, membre travailliste du Parlement britannique, en août 2014, au moins 1 500 musulmans britanniques ont été recrutés pour combattre en Syrie et en Irak depuis de début de la guerre civile syrienne en mars 2011, tandis que seulement 600 musulmans font partie de l'armée du Royaume Uni. À cette date cependant, les estimations du gouvernement du Royaume-Uni sur le nombre de sujets britanniques combattants en Irak et en Syrie sont de 400 à 500.
En août 2014, selon, Fabrice Balanche, géographe à l'Université Lumière Lyon-II, estime que l'EI compte 1 000 djihadistes français en 2013, puis de 2 000 l'année suivante.
Organisation
Les documents analysés par Hisham al-Hashimi ont également permis une meilleure connaissance de l'organisation interne du groupe. Autour d'Abou Bakr al-Baghdadi, sept hommes composent le « gouvernement » de l'État islamique en Iraq et au Levant :
Abu Abdul Kadr (Shawkat Hazem al-Farhat), en charge de l'encadrement ;
1-Abu Mohamed (Bashar Ismail al-Hamdani), en charge des prisonniers ;
2-Abu Louay/Abu Ali (Abdul Wahid Khutnayer Ahmad), en charge de la sécurité ;
3-Abu Salah (Muafaq Mustafa Mohammed al-Karmoush), en charge des finances des provinces irakiennes ;
4-Abu Hajar al-Assafi (Mohammed Hamid al-Duleimi), en charge de la coordination entre les provinces et courrier ;
5-Abu Kassem (Abdullah Ahmed al-Meshedani), en charge de l'accueil des combattants arabes et étrangers, notamment de leur logement, et peut-être du transport des kamikazes ;
6-Abu Abdul Rahman al-Bilawi (Adnan Ismail Najem Bilawi), ancien capitaine de l'armée irakienne sous Saddam Hussein, chef du conseil militaire pour les provinces irakiennes ; tué le 5 juin 2014 à Mossoul.
Existe également un conseil de guerre, composé de trois membres :
Abu Shema (Fares Reif al-Naima), en charge des magasins ;
Abu Suja (Abdul Rahman al-Afari), originaire de Tall Afar, en charge des affaires des martyrs et des femmes ;
Abu Kifah (Khairy Abed Mahmoud al-Taey), en charge des attentats par engin explosif improvisé (EEI/IED).

Riad
Samedi 30 Août 2014 - 17:13
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