LE PRIX DU POISSON S'ENVOLE A ORAN : Les braconniers de la mer reviennent à la charge



LE PRIX DU POISSON S'ENVOLE A ORAN : Les braconniers de la mer reviennent à la charge
En effet, les nouvelles lois en vigueur sont claires et interdisent toute pêche à l’intérieur de la baie d’Oran et en dedans et de tous ce qui est de «cap à cap». A Oran, pour le gain facile et l’effort à moindre coût, ces professionnels de la mer usent de moyens illégaux et d’une grande panoplie de subterfuges afin d’arriver à leurs fins lugubres. Ainsi donc, au vu et au su de tout le monde, des chalutiers viennent racler les fonds marins à seulement quelques centaines de mètres du bord, causant un énorme préjudice aussi bien à la faune qu’à la flore marine du littoral oranais. Cette obstination à vouloir saccager la vie marine, a créé une certaine inquiétude au sein des propriétaires de petits métiers, se retrouvant du jour au jour encore plus soucieux à pêcher aux endroits habituels, « le poisson se fait rare et nous devons passer beaucoup plus de temps en mer pour remonter quelques kilos seulement, une rareté du poisson due à la pêche intempestive des gros bateaux raflant tout ce qui se trouve dans leurs longs et meurtriers filets» nous dira Abdelkrim, propriétaire d’un petit métier totalement découragé par la situation actuelle de ce créneau gagne-pain. Une pêche intempestive qui, au fil des années s’est travestie avec la rareté de plusieurs espèces de poisson particulièrement la sardine, qui est de moins en moins présente, tout au long de la façade maritime oranaise. Inlassablement traquée et en proie à une pêche acharnée, la sardine se raréfie, au grand détriment d’une population Oranaise friande de ce poisson bleu dont la chair est tellement riche. Pêchée à la dynamite et au filet dont les mailles ne respectent pas la réglementation, trop petites, la sardine n’a aucune chance d’échapper à ses bourreaux, tout y passe, même les petits alevins. Une pêche donc abusive et incontrôlée dont les répercussions se font dés à présent sentir, particulièrement sur les étals des poissonneries oranaises et, où le prix a atteint des hauteurs vertigineuses. Ainsi donc, de 70 DA le kilo au cours de la période estivale, le prix de la Sardine a grimpé progressivement pour atteindre la bagatelle somme de 250 DA le kilo. Une somme à débourser par une minorité de ménagères oranaises qui peuvent se la permettre et qui de loin ne fait pas l’unanimité et offusque les petites bourses. «  La sardine a perdu son statut de poisson du pauvre au grand dam des familles oranaises » avouera Karima visiblement dégoûtée par cet état de fait. En somme loin d’être inquiétés, les braconniers de la mer reviennent à la charge en bravant les interdits et ce en ravageant les fonds marins. A l’affût du gain facile, ces propriétaires d’engins de la mort, massacrent la faune marine, mettant en gage l’avenir d’un métier déjà en péril. Au rythme où vont les choses et en tout état de cause, la sardine s’érigera bientôt en une véritable «  Star » des mers. Quant aux consommateurs oranais, ils n’auront qu’à se rabattre sur les produits surgelés et oublier les merveilleuses grillades de midi durant lesquelles quelques dinars permettaient de se remplir la panse.

Bentifour
Mercredi 10 Mars 2010
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