REFLEXION

LE PRIX DU GAZ INDEXE SUR CELUI DU PETROLE : quels impacts sur l’Algérie face aux nouvelles mutations gazières mondiales

Je structurerai mon intervention en trois parties interdépendantes : le prix du gaz indexé sur celui du pétrole, la problématique des mutations gazières mondiales et la transition énergétique, la problématique des subventions et de la forte consommation intérieure et enfin aller vers un MIX énergétique(1)



1.- le prix du gaz indexé sur celui du pétrole 
Le cours du pétrole continue sa chute depuis plus de deux mois, niveau jamais atteint depuis plus de quatre années. Le 01 décembre 2014 en fin de clôture  il est coté à  70/72 dollars le Brent et 65/66 dollars le WIT américain.  L'OPEP  ne peut durant cette conjoncture  influencer  sur le cours du pétrole  sauf entente entre les USA et l'Arabie Saoudite.    En effet, depuis l’été, le prix du brut a chuté de plus de 30 %. Les membres du cartel, qui assurent un tiers de la production mondiale de brut, semblent divisés face aux mesures qu’ils comptent prendre pour contrer la chute des cours du brut. Depuis l'été, l'or noir a perdu un tiers de sa valeur. Tous les pays producteurs sont touchés, mais certains s'en sortent mieux que les autres. Et à la grande surprise de tous, la Libye et l'Irak ont repris leurs exportations. Pourtant, ces pays connaissent des situations internes politiques. Or en moyenne annuelle une baisse d’un dollar par baril occasionne une perte de 700 millions de dollars. Selon les Echos.fr en date du 16/11/2014, une  baisse de 35 dollars du cours du pétrole entraîne un transfert de 3 milliards de dollars par jour entre producteurs et consommateurs. La plupart des opérateurs estiment que le brut ne s’installera pas durablement à des niveaux très bas, compte tenu des fondamentaux à long terme du marché pétrolier. Le ralentissement économique mondial, qui pèse sur la demande d’or noir, le boom du pétrole de schiste américain et la forte hausse du dollar poussent le prix du brut à la baisse. Bien que certaines hypothèses aient évoqué le fait que le coût élevé de la production non conventionnelle de pétrole puisse déterminer un nouvel équilibre pour les cours du Brent compris entre 80 et 90 dollars, les équilibres entre l'offre et la demande indiquent que la dégringolade des cours n'est pas arrivée à son terme», selon  l'AIE qui  rappelle que les énergies fossiles sont lourdement subventionnées (550 milliards de dollars en 2013, plus de quatre fois les aides aux renouvelables – dont plus de la moitié pour le pétrole). « Les pays du Moyen-Orient ont besoin de réformer leur secteur énergétiqueUtiliser le pétrole pour produire de l’électricité, c’est un peu comme utiliser du parfum Chanel comme carburant pour sa voiture L’AIE prévoit que la hausse de la demande de pétrole restera bloquée à 1 million de barils supplémentaires par jour cette année et ne dépassera pas 1,2 million de barils en 2015.  Si la production du cartel pétrolier, qui pompe environ un tiers du brut mondial, s'est relâchée de 150.000 bj le mois dernier, elle est demeurée, avec 30,6 mbj, au-dessus de son objectif de production fixé à 30 mbj. L'Opep dont l’influence  est déclinante depuis des années, représentant moins de 35% de la production commercialisée mondiale,  n’a pas réduit-  sa production lors de sa réunion du  27 novembre à Vienne, où  des désaccords existent  entre ses 12 Etats membres ? Ces derniers mois, l'Arabie saoudite a  réduit à plusieurs reprises ses prix de vente en Europe et en Asie, et plus récemment aux États-Unis.  Le Fonds monétaire international (FMI)  estime que la chute des prix pourrait "doper" l'économie mondiale, mais l'AIE met en garde contre un effet boomerang: à plus long terme, la faiblesse des cours risquant  aussi de peser sur la production, mais ne prévoyant pas éventuellement  de pic avant 2025/2030.Encore qu’il faille se méfier de ce concept , au-delà d’un cours de 120 dollars,  les nouvelles technologies et le génie humain pouvant mettre en place  de nouvelles sources d’énergie.  Pour le moyen terme,  bon nombre d’experts estiment que le coût marginal de production saoudien (c'est-à-dire le coût du puits le plus cher à exploiter) est compris entre 25 et 30 dollars contre 70-80 dollars du côté du pétrole de schiste. Une baisse prolongée en dessous de 80 dollars  n’arrangerait pas les producteurs américains. Mais la réalité est plus complexe et rentre la géostratégie. Une entente entre les USA ,  l’Arabie Saoudite ( les pays du Golfe suivront) entre les plus grandes  firmes  pour un prix  en dessous de 80 dollars  pendant quatre années, qui avec ce prix verront une grande restructuration fin de profiter des économies d’échelle  comme cela a été le cas pour le système financier lors de la crise d’octobre 2008,  afin de réduire  leurs couts ,  mettra  en difficulté  la Russie et l’Iran ,  le Venezuela afin de négocier en rapport de forces, et par voie de conséquence, l’Algérie ces pays étant les maillons  faibles de l’OPEP et donc dans des difficultés financières à terme . C’est que La Russie a besoin d'un baril à 110/115 dollars pour boucler son budget, le Venezuela de 160, l'Iran de 140  et l’Algérie pour les lois de finances  (le cours plancher de 37 dollars étant un artifice  comptable irréaliste de peu de signification)  2014/2015 à 120/125 dollars contre 110 dollars entre 2011/2012.
 
1.1..-Les raisons  de cette chute
Premièrement la récession de l'économie mondiale, dont le ralentissement  des pays émergents, Argentine-Brésil-Inde ( entre ½%), surtout la Chine 7% de taux de croissance due essentiellement au relèvement des taux d’intérêt, le   BTPH  contribuant  à plus de 25% de son PIB et ce  afin d'éviter la bulle immobilière. A cela s’ajoute la surproduction par rapport à la demande. Encore qu’il ne faille pas se lamenter  uniquement sur les pertes  des pays producteurs  mais également prendre en compte   la majorité des pays  notamment ceux des pays en voie   de développement dont la facture énergétique alourdit les charges et freinent leur  croissance, ces bas prix temporaires pouvant dumper la croissance de l’économie  mondiale  et  devant aboutir à terme à un prix d’équilibre qui sera  fonction à la fois des intérêts des pays  producteurs et consommateurs.  Deuxièmement  de l'introduction du gaz/pétrole  de schiste américain qui bouleverse toute la carte énergique mondiale, étant passé de 5 millions de barils/jour de pétrole  à 8,5 actuellement étant prévu en 2015 9,5 millions de barils jour . Troisièmement les rivalités au niveau de l’OPEP dont certains ne respectent pas les quotas,  de la rivalité Iran-Arabie Saoudite (plus de 35% de la production OPEP),  qui ne veut pas perdre ses parts  de marché. L’Arabie Saoudite est le seul pays producteur au monde actuellement qui est en mesure de peser sur l'offre mondiale, et donc sur les prix.  Quatrièmement,  la stratégie expansionniste  de Gazprom, tant pour le pétrole que le gaz  notamment à travers les nouvelles canalisations, le North et le South Stream approvisionnant l’Europe (125 milliards de mètres cubes gazeux),  la Russie ayant besoin de financement, les tensions en Ukraine n’ayant en rien influé sur ses exportations en Europe où sa part de marché  a été de 30% en 2013. L’expérience par le passé ayant a monté que la Russie à combler les parts de marché lorsque l’OPEP diminuait  ses quotas.  La résolution adaptée à Bruxelles fin octobre 2014 de continuer à approvisionner l’Ukraine malgré les tensions en est la démonstration. Cinquièmement,   du retour sur le marché de la Libye 800.000 barils/jour actuellement et pouvant aller vers 2 millions de barils/jour, de l'Irak avec  3,7 millions de barils jour (deuxième réservoir mondial à un coût de production inférieur  à 20% par rapport à ses concurrents)  pouvant aller vers plus de 8/9 millions et de l'Iran, 2,7 millions de barils jour pouvant aller vers plus de 5/7 millions. D’ailleurs avec les  nouvelles découvertes dans le monde notamment en offshore  notamment en Méditerranée orientale (20.000 milliards de mètres cubes gazeux expliquant en partie les tensions au niveau de cette région)  et en Afrique dont le  Mozambique qui pourrait être le troisième réservoir d’or noir en Afrique et les nouvelles technologies permettent  la réduction des coûts  des gisements marginaux.  Sixièmement, l’efficacité énergétique dans la majorité des pays occidentaux  avec une prévision de réduction de 30%( économie énergie-ciment-rond à béton)  interpellant l’Algérie qui continue de construire  deux millions de logements avec les  anciennes méthodes de construction. Septièmement, les tendances  sont à une nouvelle division et spécialisation internationale avec la concentration de l’industrie manufacturière forte consommatrice d’énergie  en Asie  qui absorbera  65% de la consommation mondiale horizon 2030, notamment l’Inde et  la Chine (d’ailleurs parmi les deux premiers réservoirs mondial de gaz de schiste mais dont les importations ont dépassé celles des USA entre 2013/2014 ).  Les  relations clients –fournisseurs seront  à leurs avantages, pour avoir des avantages comparatifs  et pousseront à la baisse des prix comme le fait la Chine actuellement pour le Venezuela et l’Equateur.  Huitièmement, la spéculation des traders au niveau des marchés boursiers   et l’occupation par les terroristes de champs pétroliers et gaziers notamment en Irak avec des écoulements au  marché noir  pour un baril entre 40/50 dollars.  Neuvièmement des cotations du  dollar et l’euro, toute hausse du dollar entraine une baisse , bien que n’existant pas de corrélation linéaire(1).
 
1.2.- Pour la création d’un Comité de crise en Algérie
 Le prix de cession du gaz est actuellement déconnecté de celui du pétrole et est également à un niveau bas alors que l’investissement est hautement capitalistique. Pour l’Algérie le seuil de rentabilité doit être au minimum 10 dollars le MBU pour les canalisations et plus de 15 dollars pour le GNL. On peut découvrir des centaines de gisements mais  non rentables, les réserves étant  fonction du taux de récupération, du vecteur prix international, des différentes sources d’énergie concurrentes et des couts. Cette baisse des cours   accroîtra  les tensions budgétaires de bon nombre de pays pétroliers et risque d’éponger  une grande fraction de leurs  réserves de change horizon 2020. Ces pays ne peuvent continuer à dépenser sans compter. Pour l’Algérie les  recettes de Sonatrach sont en nette baisse : 73 milliards de dollars entre 2010/2011, 63 milliards de dollars en 2013 et 60 milliards de dollars annoncées par le ministre de l’énergie en 2014 avec un cours moyen de 102 dollars. Avec  un cours moyen de 80 dollars les recettes de Sonatrach  seront inférieures à 50 milliards de dollars. Pour un cours de 75 dollars les pertes sont estimées pour l’Algérie à environ 30 milliards de dollars, le prix du gaz représentant plus de 30%des recettes de Sonatrach dont d’ailleurs les canalisations fonctionnent à environ 50% de leur capacité,  étant indexés sur celui du pétrole. 
 
2.-la problématique des mutations gazières mondiales et la transition énergétique
  
2. 1.- Cerner le concept   de la transition énergétique
La transition  pouvant être définie comme  le passage d’une civilisation humaine construite sur une énergie essentiellement fossile, polluante, abondante, et peu chère, à une civilisation où l’énergie est renouvelable, rare, chère, et moins polluante ayant  pour objectif le remplacement à terme des énergies de stock (pétrole, charbon, gaz, uranium) par les énergies de flux (éolien, solaire, biomasse). Le pic  pourrait selon l’Institut français du pétrole et des énergies nouvelles, se situer vers 2015-2025 pour le pétrole, 2025-2045 pour le gaz et 2100 pour le charbon. Le développement actuel de l’extraction d’énergies fossiles dites « non conventionnelles », telles que les gaz de schistes ou le pétrole off-shore profond, peuvent  repousser  le pic, sans pour autant modifier le caractère épuisable de ces ressources. D’une manière générale,  l’énergie est au cœur de la souveraineté des Etats et de leurs politiques de sécurité allant parfois à provoquer des guerres. Les avancées techniques (Gnl-gaz  naturel liquéfié, gaz de schiste, amélioration des performances d’exploitation de gisements d’hydrocarbures) couplées aux  dynamiques économiques modifient les rapports de force à l’échelle mondiale  et  affectent également les recompositions  politiques à l’intérieur des Etats comme à l’échelle des espaces régionaux. Aussi s’agit-il de  cerner le concept de transition énergétique  impliquant  de bien répondre à quatre questions essentielles.  

Premièrement, si l’humanité généralisait   le mode de consommation énergétique  des pays riches,  il nous faudrait les ressources de 4 ou 5 planètes d’où l’urgence d’une adaptation pour un nouveau modèle de consommation.  Deuxièmement, la transition énergétique renvoie à d'autres sujets que techniques, posant  la problématique sociétale,  autant que la  fiscalité énergétique  influant sur le choix des allocations des ressources et ayant un impact sur la  répartition du revenu par catégories socio professionnelles. ).  Il ne suffit pas de faire une loi car le déterminant  c’est le socle social Cela  pose  la problématique   d’un nouveau modèle de croissance : tous les secteurs économiques, tous les  ménages sont concernés : transport, BTPH ; industries, agriculture. Les choix techniques d’aujourd’hui  engagent la société sur le long terme. Il ne faut pas être pessimiste devant  faire confiance au génie humain. Le passage de l’ère du charbon à l’ère des hydrocarbures ce n’est pas parce qu’il n’y avait plus de charbon,   et demain  d’autres sources d’énergie. Cela est due aux nouveau procédés technologiques qui produit à grande échelle ont  permis de réduire les coûts ce que les  économistes appellent les économies d’échelle influant d’ailleurs sur la recomposition du pouvoir économique mondial  et   sur  les gouvernances  locales. Troisièmement, il faut  être réaliste  et d’éviter  une vision unilatérale car les fossiles classiques demeureront encore pour longtemps  la principale source d’énergie. Aussi, la transition énergétique doit être  fondée sur deux principes : premièrement, sur  la sobriété énergique (efficacité énergétique),  impliquant  la maîtrise de la demande, la sensibilisation, mais aussi la formation pour forger de nouveaux comportements et donc un changement de culture. C’est-à-dire qu’il faut  de nouveaux réseaux, un nouveau système de financement par de nouvelles politiques publiques, agir sur la réduction des besoins énergétiques en amont en augmentant l’efficacité des équipements et de leurs usages (par exemple  nouveaux procédés pour le BTPH- transport pour des  économies  en énergie, (plus de 7O% de la consommation d'énergie) passant par la  rénovation des bâtiments existants et un nouveau mode de transport. Deuxièmement,  cela renvoie   au  MIX énergétique qui nécessitera d’adapter le  réseau électrique aux  nouveaux usages,  supposant  un nouveau réseau de distribution adapté aux nouvelles productions  et de consommations pour garantir la continuité de fourniture  et au meilleur prix. 
Quatrièmement la transition énergétique suppose un consensus social, l'acceptabilité des citoyens du fait de la hausse à court terme du coût de l'énergie, mais profitable aux générations futures, supposant des mécanismes  car la question fondamentale est la suivante : cette transition énergétique, combien ça coûte, combien ça rapporte  et qui en seront les bénéficiaires? Le dernier rapport de l’AIE de mai  2O13,  consacré par exemple à l’Allemagne, note que  la facture de la transition énergétique risque de flamber avec la sortie du nucléaire. Un foyer de trois personnes paie en moyenne 83 euros par mois (70% du SMIG algérien) pour son électricité, près du double qu'il y a dix ans Après avoir posé ces préalables,  quelle est la situation de l’économie algérienne? nAussi la transition énergétique est un processus  long éminemment politique qui devrait être traitée loin de toute polémique politique, en étant constructif et non partisan, impliquant un nouveau modèle de consommation évolutif: exemple le téléphone portable  qui concernera des milliards d'individus au niveau de la planète suppose une recharge  par l'électricité. D'autres besoins nouveaux pourront apparaître au fil des décennies, l’objectif stratégique étant d'éviter la précarité énergétique de la majorité. 
 
2.2-  Sonatrach et la concurrence internationale 
Il faudra  évidemment prendre en compte la croissance ou pas de l’économie mondiale qui est un élément déterminant de la demande des hydrocarbures et donc  du prix de cession, et des coûts, les concurrents ayant déjà amorti leurs installations, des énergies substituables du fait des importantes mutations énergétiques mondiales.  Rappelons que la Russie possède 1/3 des réserves mondiales de gaz conventionnel en plus du savoir-faire technologique et managérial contre 15% pour l’Iran et 10% pour le Qatar, ces trois pays totalisant plus de près de 50% des réserves mondiales.  Ainsi se pose tout le problème de savoir si face à la concurrence notamment russe,  Sonatrach  a une stratégie gazière devant prendre avec sérieux Gazprom principal conçurent de l’Algérie. Concertant le gaz conventionnel,  il y aura lieu de tenir compte de la concurrence du Qatar, de la donne libyenne qui avec des réserves de 1500 milliards de mètres cubes gazeux non exploitées et des nouvelles découvertes en Afrique, dernièrement le Mozambique qui deviendra le troisième réservoir d’Afrique.  La stratégie de Gazprom, grande société internationale dynamique cotée en bourse, ce qui n’est pas le cas de Sonatrach, à travers le North Stream et le South Stream est offensive. Le Nord Stream, le 8 novembre 2011 a été inauguré en Allemagne, qui permet l’acheminement de gaz russe en Europe d’environ 55 milliards de mètres cubes gazeux. Quant au projet de South Stream, concurrent direct de l’Algérie, il doit alimenter en gaz russe l'Europe occidentale, notamment la Bulgarie, la Serbie, la Hongrie, la Slovénie et l’Autriche, la Grèce et l'Italie, via la Mer Noire et les Balkans. D'une capacité de 63 milliards de m3 de gaz, le tronçon sous-marin doit entrer en service fin  2015.  Le 02 décembre 2014, la  Commission européenne a gelé la construction du gazoduc South Stream sur le territoire européen pour contraindre la Russie à respecter le droit européen."La Commission a proposé de suspendre South Stream tant que le projet ne sera pas conforme avec le droit européen. Selon Sabine Berger, porte-parole du commissaire à l'Energie Gunther Oettinger, le la cite : "nous ne bloquons pas, mais nous voulons le respect du droit européen".
L’ensemble de ces projets  remet en cause le projet algéro-italien Galsi  dont le cout ramené aux capacités et à l’investissement  par rapport  au South Stream serait supérieur de près de 15%  et  posé le problème de sa rentabilité,   devait  relier directement l’Algérie à l’Italie via la Sardaigne capacité de 8 milliards de mètres cubes gazeux, pour un investissement  de 2,5 milliards de dollars initialement, mais dont le coût  approcherai actuellement  4 milliards de dollars  alors que  la mise en service était prévue pour 2014. Autre pays concurrent les USA : en effet, avec le gaz de schiste par   le recours massif à la fracturation hydraulique les Etats-Unis, pourraient devenir le premier producteur mondial de pétrole ainsi que de gaz à la fin de la décennie, selon le directeur adjoint de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Cet essor a fait chuter les cours du gaz naturel sur le marché américain, désormais inférieurs à 3/5 dollars par million de BTU contre 9-10 dollars en Europe et entre 12- 15 en Asie, où la catastrophe de Fukushima a fait bondir la demande japonaise en gaz : donc, des enjeux stratégiques pour l’Algérie où par le passé  15 à 2O milliards de dollars  des recettes de Sonatrach provenaient des USA.  L’Algérie ne va-t-elle pas donc  perdre des parts de marché avec l’arrivée de ce nouvel exportateur? Par ailleurs, l’Italie a  fait savoir  qu’elle réduisait ses achats de gaz  à Sonatrach  avec un impact négatif sur les capacités  du grand gazoduc Transmed. Autre contrainte pour Sonatrach, la rentabilité du  projet Medgaz via l’Espagne Sonatrach étant  le principal actionnaire avec 26% des parts,  d’une capacité de 8 milliards de mètres cubes gazeux où selon l’agence Reuters en date du 25 décembre 2012 deux partenaires du groupe Sonatrach  Endesa et Iberdrola étaient en négociations pour leur retrait dans le capital de Medgaz. Il est à préciser que le capital d’Endesa est détenu à hauteur de 92 % par l’italien Enel (ENEI.MI) qui est un leader de la distribution de gaz en Espagne alors que Iberdrola, détenteur de 20% du capital de Medgaz aux côtés de Cepsa avec 20% ainsi que les françaises Gdf et Suez avec 12 %.Mais dernier rebondissement, même pour Suez l’agence Reuters  dans une dépêche en date du 28 mai 2O13, le   groupe énergétique français  mène actuellement des négociations avec les groupes espagnols Gas Natural et Cepsa, en vue de vendre sa participation de 12%. Dans la foulée, GDF Suez a annoncé le 28 mai 2O13  la conclusion d'un accord avec le groupe énergétique autrichien OMV Gas and Power sur l'achat d'une participation d'environ 9% dans le projet de gazoduc Nabucco West, reliant la Turquie à l'Autriche.  Ce projet a pour objectif de sécuriser et de diversifier l'approvisionnement en gaz des marchés européens sur le long terme. Nabucco West, dont la mise en service est prévue à l'horizon 2020, permettra l'acheminement d'une dizaine de milliards de mètres cubes de gaz par an, en provenance d'Azerbaïdjan. A terme, sa capacité pourrait être augmentée de 13 milliards de mètres cubes supplémentaires afin de permettre l'importation de la production de nouveaux champs gaziers de la région de la mer Caspienne. Autre contrainte qui limite  la manœuvre  de Sonarach où d’ailleurs aucune information sur la rentabilité de ses investissements à l’étranger notamment au Pérou, le projet NIGAL (Gazoduc  reliant la région de le Nigéria) à l’Algérie et l’ Europe, soit 2500 km sur le territoire Algérien, 750 km sur le territoire du Niger, 1300 km sur le territoire Nigérian, prévu pour le transport de 20 à 30 milliards de m3 par an, en majorité vers le marché européen  pourra-t-il permettre d’ accroître les capacités d’exportation? Avec un coût prévu initialement à 7 milliards de dollars, son cout dépasserait 2O milliards de dollar selon une étude du 28 avril 2O11  de l’institut français des relations internationales IFRI. Ce projet financé pour partie par l’Europe avec la crise d’endettement est –il réalisable d’autant plus que comparé aux canalisations russes, son coût est trop élevé. 
Concernant le GNL, où le seuil de rentabilité est de 15 dollars le MBTU contre 11/12 pour les canalisations, l’Algérie pourra-t-elle du fait  des faibles capacités et de la déperdition de ses cadres,  avoir été par le passé leader dans ce domaine, concurrencer  le Qatar, l’Iran proche de l’Asie ,la Russie , et surtout tenant compte du  coût de transport devant contourner toute la corniche d’Afrique pour arriver en Asie ,  liant forcément  son marché naturel à  l’Europe ? Et c’est là que rentre la concurrence et les décisions du  Conseil européen qui vient d'approuver l'accord énergétique stratégique entre l'Algérie et les 27 pays de l'Union européenne  le 15 avril 2O13 ,  accord  qui sera ensuite ratifié par le parlement européen, et signé à  Alger au plus tard avant le mois de Ramadhan, à l'occasion d'une visite du commissaire européen à l'Énergie. Les négociations sur ce contrat interviennent  donc dans un contexte particulier, marqué par des bouleversements profonds de la carte énergétique mondiale comme analysé précédemment  et t le nouveau mémorandum  insistera sur la déconnexion des prix du gaz et du pétrole qui n’est plus en vigueur depuis au moins trois années  et qu’adviendra-t-il des prix du gaz algérien aussitôt les contrats à moyen et long terme arrivés à expiration, l’Europe faisant pression pour une  baisse des prix ?  Rappelons que  dans le cadre de la renégociation de contrats de gaz à long terme par le groupe italien Edison qui a été repris par le groupe français EDF, Sonatrach a perdu en mars 2013, une affaire d'arbitrage où le groupe italien a obtenu la révision à la baisse des prix d'un contrat de fourniture de gaz naturel et ce sur décision, rendue par la Cour d'arbitrage de la Chambre de commerce internationale avec un impact estimé à environ 300 millions d'euros (390 millions de dollars) sur l'Ebitda (excédent brut d'exploitation) du groupe Sonatrach en 2013..
 
3. Problématique des subventions et de la forte consommation intérieure
Il est  utile de rappeler que  98 % des exportations du pays sont issues des seuls hydrocarbures et important environ 70/75% des besoins des ménages et des entreprises publiques et privées. Ceux-ci ont généré quelque 600 milliards de dollars de recettes en devises entre 2000 et 2012, selon les bilans de Sonatrach, la compagnie nationale des hydrocarbures. Cette manne a permis à l'Algérie d'éteindre sa dette extérieure  et de diminuer artificiellement sa dette intérieure, et de disposer  de réserves de change considérables,   194 milliards selon la banque d’Algérie et 200 milliards de dollars avec els 173 tonnes d’or. Environ  83/86% sont placées en majorité en bons de trésor  américains et en obligations européennes à un taux fixe de 3%,( les intérêts rapportés entre 2011/2013  environ  4 à 4,5  milliards de dollars annuellement. L’Algérie peine toujours à maintenir le niveau des volumes exportés au-dessus de 55/60 milliards de mètres cubes, un seuil qui était bien conservé entre 2001 et 2008 et les prix élevés cachent une baisse du volume encore que le Ministère de l’Energie rassure avec la mise en exploitation courant 2O15/2016 des nouveaux gisements mais tout reste une question non d’offre mais de demande face à la crise mondiale qui sera de longue durée.  Pour calculer la durée de vie des réserves en Algérie, il s’agit de prendre en compte l’évolution des coûts et des prix internationaux, pouvant découvrir des milliers de gisements non rentables. La durée de vie des réserves est également influencée  par le volume  tant les exportations que de la forte consommation intérieure du fait du bas prix du gaz, un des plus bas au niveau du monde, bloqués par la décision du 30 mai 2005. Selon différentes  déclarations des du PDG de Sonatrach et d’experts, les réserves algériennes en gaz conventionnel seraient  de 3000 milliards de mètres cubes gaz, loin des données euphoriques de 4500, données de BP de 1999 non réactualisées  encore que certains experts préconisent de limiter les gaz torchés  et utiliser les techniques de récupération notamment au niveau du  gisement pétrolier  d'Hassi Messaoud  pour accroître les réserves. Mais le problème est de déterminer les coûts additionnels pour la rentabilité tenant compte de la concurrence. La consommation intérieure entre 2012/2014, selon le Creg est de 30 milliards de mètres cubes gazeux et avait extrapolé environ 50 milliards de mètres cubes gazeux horizon 2017/2020. Mais ce montant a été calculé avant l’annonce des nouveaux projets consommateurs d’une grande quantité de pétrole et de gaz. Mais avec ce paradoxe, les ménages étant les plus importants consommateurs d’électricité que les entreprises montrant une désindustrialisation du pays, loin donc des normes internationales, posant la problématique des subventions généralisées et non ciblées. 
Selon une récente étude du PNUD ayant exploité les données de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), l’Algérie figure parmi les pays arabes qui subventionnent le plus les produits énergétiques avec 10,59 milliards de dollars (quelque 800 milliards de DA) consacrés à la subvention des prix de l’énergie en 2010. L’électricité a profité de 2,13 milliards dollars (quelque150 milliards DA) de subventions, tandis que les carburants ont coûté 8,46 milliards de dollars (environ 650 milliards de DA). Ces subventions représentent, selon l’organisme onusien, 6,6% du PIB algérien.  Ces subventions ne concernent pas seulement l’électricité, mais d’autres segments et selon le premier ministre algérien les   transferts sociaux et les subventions avoisinent 60 milliards de dollars soit 28% du PIB de 2013.  . Pour les carburants, selon le ministère de l’Énergie et des Mines, le prix réel de l’essence devrait fluctuer entre 60 et 80 DA le litre. Concernant le prix de l’électricité plafonné, Sonelgaz, suggère que le tarif devrait être revalorisé de 11% par an pour pouvoir financer ses investissements, induits par l’augmentation de la capacité de production, accusant une perte de plus de 44 milliards de dinars algériens  en 2013.  Aussi,  la consommation intérieure  risque d’être fortement augmentée après les décisions courant 2012 d’installer d’importantes capacités d’électricité fonctionnant au gaz. En effet, suite aux coupures récurrentes d’électricité, il a été décidé  de doubler la capacité d’électricité à partir des turbines de gaz.  Sonelgaz dans son programme 2012/2017  vise à investir, avec l’appui du gouvernement pour lui permettre d’augmenter sa production de 8.000 Mégawatts supplémentaires, portant le total à 12.000 Mégawatts  pour un montant de 36,55 milliards d’euros. Dès lors, avec cette augmentation de la consommation intérieure,  du fait de la décision de ne pas modifier les prix intérieurs, il y a risque d’aller vers 70 milliards mètres cubes gazeux horizon 2025 de consommation intérieure, dépassant le volume  des exportations de 2013 et rendant problématique les extrapolations d’exportation  de 85 milliards de mètres cubes gazeux prévus dès 2014. Le Ministre de l’Energie vient d’annoncer en octobre 2014 au rythme de la consommation actuelle de gaz , la consommation intérieure doublera horizon 2030 et triplera horizon 2040. Si l’on prend l’hypothèse  d’exportation de 85 milliards mètres cubes gazeux et 70 milliards de mètres cubes gazeux de consommation intérieures, il faudrait produire dès 2025  155 milliards de mètres cubes gazeux supposant d’importants investissements dans ce domaine, limitant le financement des secteurs hors hydrocarbures, devant arbitrer entre la satisfaction du marché intérieur et les exportations  et donnant une durée de vie  de 16 ans maximum soit horizon 2030, les gisements marginaux étant non rentables.. 
 
4.-Aller vers un MIX  énergétique : les Actions du Ministère de l’Energie 
Le constat en 2013 est  que  96% de l’électricité est produite  en Algérie à partir du gaz naturel, 3% à partir du diesel (pour les régions isolées du sud), 1% à partir de l'eau  et que face aux contraintes analysées précédemment , il y a une prise de conscience qui fait  le gouvernement axe sa stratégie pour une transition énergétique maîtrisable autour de cinq  axes privilégiant un bouquet énergétique ,  ayant les moyens de son financement mais privilégiant  le transfert de savoir-faire managérial et technologique , où un partenariat gagnant/gagnant notamment avec la France pourrait se réaliser dans le  cadre du co-développement. 
a.-Le premier axe est d’améliorer  l’efficacité énergétique par d’une nouvelle politique des prix( prix de cession du gaz sur le marché intérieur environ un dixième du prix international occasionnant un gaspille des ressources  qui sont gelés transitoirement pour des raisons sociales.  En Algérie existe un véritable paradoxe : la consommation résidentielle (riches et pauvres payent le même tarif ; idem pour les carburants et l’eau) représente 60% contre 30% en Europe et la consommation du secteur industriel 10% contre 45% en Europe montrant le dépérissement du tissu industriel, soit moins de 5% du produit intérieur brut. A cet effet,  une réflexion est engagé pour la création d’une chambre nationale de compensation, que toute subventions devra avoir l’aval du parlement pour plus de transparence, chambre  devant réaliser un système de péréquation, segmentant les activités afin d’encourager les secteurs structurants  et tenant compte du revenu par couches sociales mais impliquant une nouvelle politique salariale. 
b.-Le second axe,   l’Algérie a décidé d’investir massivement à l’amont pour de nouvelles découvertes. L’Algérie sera le troisième plus gros investisseur dans le secteur de l’énergie de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (Mena) au cours des cinq prochaines années avec un montant de 71 milliards de dollars de dépenses prévues dans le secteur de l’énergie sur la période 2013-2017  devant  se classer en troisième position après l’Arabie Saoudite (165 milliards de dollars d’investissements prévus) et les Emirats arabes unis (107 milliards de dollars), selon  Bloomberg.  
c- Le troisième axe  est le développement   des énergies renouvelables.  
 L’Algérie a réceptionné en mi-juillet 2011 la centrale électrique hybride à Hassi R’mel, d’une capacité globale de 150 MW, dont 30 MW provenant de la combinaison du gaz et du solaire. Cette expérience est intéressante. La combinaison de 20% de gaz conventionnel et 80% de solaire me semble être un axe essentiel pour réduire les coûts et maîtriser la technologie. À cet effet, le CREG (l’agence de régulation) a annoncé le 28 mai 2013 que  deux projets de décrets destinés à accompagner la mise en œuvre du programme algérien de développement des énergies renouvelables, qui sont en cours de finalisation, seront prochainement promulgués. Des  mesures incitatives sont prévues par une  politique volontariste à travers l’octroi de subventions pour couvrir les surcoûts qu’il induit sur le système électrique national et la mise .en place d’un fonds national de maîtrise de l’énergie (FNME) pour assurer le financement de ces projets et octroyer des prêts non rémunérés et des garanties pour les emprunts effectués auprès des banques et des établissements financiers.  Le programme algérien consistait au départ à installer une puissance d’origine renouvelable de près de 22 000 MW entre 2011 et 2030, dont 12 000 mégawatts par an  dédiés à couvrir la demande nationale de l’électricité et 10 000 MW à l’exportation. D’ici 2030, environ, 40% de la production d’électricité destinée à la consommation nationale sera d’origine renouvelable.  Le ministre de l'Energie et des Mines vient de faire savoir en ce mois de mai 2013, l'objectif de l'Algérie de produire, dans les 20 ans à venir, 30 à 40% de ses besoins en électricité à partir des énergies renouvelables. Le montant de l’investissement public consacré par l’Algérie à la réalisation de son programme de développement des énergies renouvelables, à l’échéance 2030,qui était au départ fixé à 6O milliards  de dollars  s’élèvera, selon le Ministère de l’énergie,  à 100 milliards de dollars portant ainsi la capacité à 36.OOO  megawatts. Le problème l’Algérie aura-t-elle les capacités d’absorption, la maitrise technologique  pour éviter les surcouts, la maitrise du marché mondial  et ne sera-t-il pas préférable de réaliser  ce projet grandiose dans le cadre de l’intégration du Maghreb, pont entre l’Europe et l’Afrique, marché naturel du Maghreb et de l’Europe, continent à enjeux multiples qui horizon 2O3O, tirera la croissance de l’économie mondiale.
d- Quatrième  axe, l'Algérie compte construire sa première centrale nucléaire en 2025 pour faire face à une demande d'électricité galopante, a affirmé le 19 mai 2013  le ministre de l'Énergie et des Mines, l'institut de génie nucléaire, créé récemment, devant  former les ingénieurs et les techniciens en partenariat,  qui seront chargés de faire fonctionner cette centrale. Les réserves prouvées de l'Algérie en uranium avoisinent les 29.000 tonnes, de quoi faire fonctionner seulement deux centrales nucléaires d'une capacité de 1.000 Mégawatts chacune pour une durée de 60 ans, selon les données du Ministère  de l'Énergie.   La ressource humaine étant la clef à l’instar de la production de toutes les  formes d’énergie et afin d’éviter cet exode de cerveaux massif que connait l'Algérie, le poste services  avec  la sortie de devises  étant passé de 2 milliards de dollars en 2OO2 à plus de 12 milliards  fin 2O12, dont une grande partie destinée au secteur hydrocarbures, Sonatrach se vidant de sa substance, il convient  de résoudre le problème récurrent   des chercheurs qui depuis des années demandent l’éclaircissement de leur statut, la revalorisation de leur rémunération et surtout un environnement propice  par la levée    des obstacles bureaucratiques qui freinent  la recherche. 
e- Enfin cinquième axe  l’option du gaz de schiste  introduite dans la nouvelle loi des hydrocarbures  de 2013 réserves de 19800 milliards de mètres cubes gazeux  selon le Ministère de l’Energie. En Algérie, devant éviter des positions tranchées pour ou contre, un large débat national s’impose, car on ne saurait minimiser les risques de pollution des nappes phréatiques au Sud du pays. L’Algérie étant un pays semi-aride, le problème de l’eau étant un enjeu stratégique au niveau méditerranéen et africain, doit être opéré un arbitrage pour la consommation d’eau  douce, (les nouvelles techniques peu consommatrices d’eau n’étant pas encore mises au point, malgré le recyclage,  quel sera le coût, fonction de l’achat du savoir-faire), un milliard de mètres cubes gazeux nécessitant 1 million de mètres cubes d’eau douce et être pris en compte les coûts (en plus de l’achat des brevets) devant forer plusieurs centaines de puits moyens pour un milliard de mètres cubes gazeux. Sans compter la durée courte de la vie de ces gisements, environ 5 années pouvant récupérer une moyenne de 20/25% contre 85/90% pour les gisements de gaz conventionnel sans compter la nécessaire entente avec des pays riverains se partageant ces nappes non renouvelables dont le Maroc, la Libye et la Tunisie. 
En résumé, à la différence du marché pétrolier,  pour le gaz, n’existe  pas de cartel, et donc de marché mondial (devant généraliser les GNL) , du fait de la segmentation avec la prédominance  des canalisations, chaque producteur agira en fonction  de ses intérêts  immédiats.  Pour l’Algérie est posée  la problématique de sa sécurité énergétique, de  l’urgence d’une transition énergétique raisonnable  et maîtrisée s’insérant dans le cadre global d’une transition d’une économie de rente à une économie hors hydrocarbures dans le cadre des avantages comparatifs mondiaux. Cela suppose excepté les secteurs stratégiques de lever la règle des 49-51% inadaptée à toutes les filières et toutes les contraintes bureaucratiques d'environnement qui freinent  l'expansion de l’entreprise créatrice de valeur ajoutée. Le défi est de réfléchir aux voies et moyens nécessaires de  dynamiser le tissu productif, entreprises publiques et privées locales et internationales créatrices de valeur ajoutée interne ,  devant se fonder sur l’entreprise créatrice de richesses  et l’économie de la connaissance dans  le cadre des valeurs internationales. Comme je l’ai annoncé depuis près de trois années ( voir google) et récemment en novembre 2014  devant le premier ministre algérien  récemment  lors  de la conférence organisée par  le Ministère de l’Industrie à Alger( novembre 2014) ,  les ajustements économiques et sociaux à venir seront douloureux. L’Algérie qui doit d’ores déjà à penser la création d‘un comité de crise  composé d’experts indépendants et non de fonctionnaires aux ordres afin  d‘éviter l’expérience douloureuse de la crise de 1986 qui a eu un impact désastreux  en 1994/ (rééchelonnement -huit  années après). L’Algérie  doit donc  profiter d’une stabilisation financière (dette extérieure très faible) et de ses 200 milliards de dollars de réserves de change  y compris les 173 tonnes d’or  pour réaliser cette transition difficile afin d’atténuer et les chocs sociaux. Cela  nécessite un langage de la vérité loin du populisme dévastateur et donc une grande moralité de ceux qui dirigent la Cité si l'on veut rétablir la confiance brisée entre l'Etat et les citoyens. 
(1)- E.P.S.E.C.G: Marchés mondiaux de gaz naturel : Enjeux, stratégies- d’acteurs et impacts-rencontre internationale  -1et 2 Décembre 20143, Hôtel le Méridien, OranIntervention  du Docteur Abderrahmane MEBTOUL Expert International en management stratégique, Professeur des Universités-directeur d’Etudes Ministère Energie/Sonatrach 1974/1979-1990/1995-2000/2006 
 

Dr Abderrahmane MEBTOUL
Vendredi 5 Décembre 2014 - 09:46
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ACTUALITÉ
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