REFLEXION

LE JOURNALISME ALGERIEN DEPUIS 1962 : Une plume sans pensée !

Nous sommes bien parti par les dizaines de journaux, quotidiens, hebdomadaires, revues et brochures. » dira un ancien journaliste, qui ajoute : « Personne ne peut comprendre la presse algérienne après 1988, une presse dont la liberté d’expression est sous contrôle par l’éditeur sur le terrain à un degré de pourcentage, entre un journal et l’autre.



LE JOURNALISME ALGERIEN DEPUIS 1962 : Une plume sans pensée !
En réalité il n’y a plus de message de presse, d’information digne de la situation politico-sociale et culturelle actuelle, Malgré les efforts déployés par les journalistes, qui n’ont pour toute arme qu’un stylo, un bloc note, un appareil photos, souvent un dictaphone, une caméra et beaucoup de courage. Une foi en un lendemain inébranlable. Ils sont journalistes, photographes, techniciens. Tous en connaissance de cause et par obligation professionnelle, s’exposent physiquement dans les lieux les plus difficiles, les plus dangereux, dans le seul but d’accomplir leur mission : garantir la meilleure information, nous donner la vraie vérité sur ce qui se joue ici et là. Ils sont les témoins de l’actualité celle que le lecteur ne connaitrait jamais sans eux. Eux qui ont choisi entre liberté d’expression en allant la chercher au cœur des conflits et au risque de leur vie. Ces journalistes ils sont notre conscience. Les maillons forts d’une chaîne d’information à dimension planétaire qui fait que là où ils passent, là où ils sont, l’espoir renait pour des populations parmi les plus déshéritées, des hommes, des jeunes, des femmes, des enfants en permanence dans le besoin, victimes d’intérêts supérieurs, de clans comme de lobbies en tous genre. Les journalistes, sont souvent la cible de critiques les plus lâches, notamment de la part de politiques ceux-là-même dont les services utilisent pour contrôler, vérifier leurs propres informations à leur place. Que certains parmi nos confrères soient reconnus comme des courtisans patentés du pouvoir qui n’ont en fait de journaliste que la carte de presse, pourquoi pas. Mais pour la majorité de cette corporation, le travail est bien nécessaire à ce que nous ne soyons pas totalement idiots ou abusés. Au cœur des combats, des luttes de pouvoirs, au risque de leur vie, ils vont jusqu’aux frontières de l’inhumain et l’horreur afin que nos consciences s’éveillent chaque jour davantage. Comment ne pas le reconnaître ? La liberté d’expression serait la bienvenue !
Jusqu’en 1989, la presse algérienne était organisée de telle manière que son contrôle ne posa aucun problème. Un tableau d’avancement réglait la carrière du journaliste qui accédait chaque année au grade supérieur, même s’il n’écrivait pas une ligne par mois. D’autres récompenses, elles aussi hiérarchisées. Assouplissaient davantage l’échine du journaliste. Comme tous les confrères qui étaient voués à une carrière sédentaire. Les risques de dérapage étaient quasiment nuls. Ultime précaution. C’est donc l’Etat lui-même, sur ordre de la Présidence de la République, qui créa de toutes pièces une nouvelle presse. Il le fit non pas pour le servir mais pour annihiler complètement l’influence et toute velléité de puissance de la presse publique sur l’opinion publique. Très vite. Les organes de presse relevant de l’Etat furent discrédités et poussés vers la faillite sous prétexte de les réorganiser pour les rendre plus viables sur le plan économique. Aucun organe n’échappa à la mode de la restructuration. Leurs charges financières ont été décuplées. C’est ce qui explique aujourd’hui la faillite générale du secteur public.Toute la période de Chadli et avant cela, nous masquions nos tares par une censure officielle fictive, alors que notre premier réflexe, face à la feuille blanche, était l’autocensure. Après 1988, c'est-à-dire après cette tragique année, nous avons dû, l’étonnement passé, applaudir la nouvelle presse dite indépendante. Puisque c’était l’Etat qui la finançait… A côté de la presse, d’autres secteurs s’ouvraient à une cadence effrénée, aux nouveaux idéaux. Nos cinéastes, nos romanciers, nos économistes, nos sociologues, nos psychiatres, tous se mirent au diapason de la nouvelle presse dite indépendante et entreprirent d’enterrer nos anciens discours : respect et sens de l’histoire, fidélité aux martyrs de la Révolution, défense des intérêts nationaux, soutien aux pauvres…. Effectivement, jusqu’au départ du Président Chadli, la presse ne parlait que du comité central du FLN, de certains noms de profiteurs et d’opportunistes, qui s’enfichaient éperdument de la Révolution, de ses chouhadas, et même de l’indépendance. Ils manipulaient un parti historique qui était le FLN !!Nous avons le sentiment d’avoir servi le mauvais pays, les mauvais dirigeants, les mauvais idéaux, nous ne reconnaissons pas l’Algérie qui s’est saignée de ses meilleurs fils pour accéder à la liberté. Nous avons le sentiment d’être coupable de n’avoir pas en plus de courage que nous avons eu pour dénoncer les lâchetés et les compromissions de nos censeurs et des nôtres. Nous avons le beau rôle pour dire aujourd’hui qu’il fallait faire ceci ou cela, mais nous sommes tous complices par notre silence. Tous les algériens étaient complices durant la période Chadli. Chacun trouvait son compte, et son petit profit. Pendant que certains opportunistes faisaient leur beurre sur le dos de tous les militants de ce pays et se la coulaient douce entre Alger et Paris et pendant que les jeunes militants et les brillants intellectuels, ont été d’une manière diabolique exclu du FLN, d’autres marginalisés et massacrés durant la décennie noire. Avec les deux premiers présidents, nous nous sommes voulus révolutionnaires, militants, engagées pour les nôtres, c’est-à-dire nos concitoyens, notre pays, nos valeurs communes, notre religion, notre langue, notre histoire et nos rêves, Avec le troisième M. Chadli Bendjedid, nous avons été sommés de faire le contraire et de fouler au pied nos idéaux. C’est ainsi que depuis 1990, le journaliste algérien est devenu une hôtesse, un fossoyeur des siens. C’est vrai, le journalisme à l’algérienne mène à tout. Il y en a qui sont devenus députés, sénateurs, ministres, ambassadeurs, milliardaires. D’autres à la dérive et la répression. Désormais les journalistes de la nouvelle génération devront savoir à quoi s’en tenir. Pour réussir, il faut préférer Marie à Fatima et Cohen à Abdelkader, Yves St Laurent à Haïk El Âchâchi , Marseille à Oran.

Ibn Khaldoun
Dimanche 28 Août 2011 - 11:00
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